- Le mythe du plagiat facile.
- Ce type de diffusion est-il compatible avec une publication chez un éditeur privé ?
Le mythe du "plagiat facile"
La diffusion de documents en texte intégral sur Internet fait naître de nombreuses peurs souvent injustifiées :
- "Mais si ma thèse est consultable par tout le monde, on va me la copier !?!"
Si une thèse n'est pas diffusée, si elle dort sur un rayon de bibliothèque, alors oui, elle risque d'être plagiée, des passages peuvent être copiés sans qu'aucune référence ne soit faite à l'auteur. Le plagiaire ne prend pas beaucoup de risques : qui pourrait bien savoir qu'il n'est pas l'auteur du texte si celui-ci n'a jamais été ouvertement publié ?
Lorsqu'une thèse est diffusée sur Internet, la possibilité de plagiat existe toujours, bien sûr, mais le risque pris par le plagiaire est accru car tous les chercheurs de son domaine ont eux aussi accès au document "source".
Paradoxalement, plus un document est diffusé, plus il est difficile d'en piller des extraits sans encourir le risque d'être démasqué.
- "On va copier-coller des extraits de ma thèse !?!"
Oui, sans doute, mais d'une part, on ne pourra plus le faire sans vous citer, d'autre part, il ne faut pas se leurrer, le plagiaire avait déjà la possibilité de le faire avec les anciens modes de diffusion (photocopie, scanner + OCR ou recopie simple…). Le copier-coller facilite certes sa tâche, mais il faut plutôt l'envisager comme une aide au chercheur qui vous citera et vous permettra d'acquérir une plus grande notoriété.Ce type de diffusion est-il compatible avec une publication chez un éditeur privé ?
- "Et si je voulais publier un livre d'après ma thèse ?"
En général, il apparaît que la diffusion électronique d'une thèse ou d'un livre n'est ni contradictoire ni ne constitue une "concurrence" à son succès en librairie.
Au contraire, la diffusion électronique constitue plutôt une publicité :
- auprès des lecteurs qui, s'ils ont pris connaissance de vos travaux et s'y sont intéressés, achèteront l'ouvrage imprimé même s'ils ont lu la thèse;
- auprès des éditeurs à qui vous pourrez présenter des statistiques de consultation et que vous irez ainsi démarcher avec la preuve qu'il existe un marché pour votre ouvrage.
L'ouvrage publié par un éditeur privé n'est pas la "version canonique de la thèse", il est au moins remanié lors du processus d'édition, voire parfois complètement réécrit. On peut donc considérer, en général, qu'il ne s'agit pas de la même oeuvre et que les clauses (d'exclusivité en particulier), aussi strictes soient-elles, que voudrait vous imposer un éditeur, ne s'appliquent pas à la diffusion électronique par l'Université de la version primaire du manuscrit.
- "Que dois-je savoir avant de signer avec un éditeur ?"
Ordinairement, lorsque vos travaux de recherche sont publiés dans des actes de conférence, un journal ou un livre, il est d'usage que l'auteur signe un accord avec l'éditeur. Il est important de lire très attentivement cet accord avant de le signer, de vous assurer que vous le comprenez bien et que vous êtes d'accord avec chacun de ses termes. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez les modifier en négociant avec l'éditeur. L'accord doit en particulier être très explicite quant aux droits que vous souhaitez retenir pour le futur. Si, en particulier, vous souhaitez reprendre le matériel publié pour un mémoire, le réutiliser dans des supports de cours, un chapitre de livre ou autre, signalez-le. En tant qu'auteur, vous êtes tout à fait habilité à discuter de ces points avec un éditeur.
En conclusion
Nous vous encourageons vivement à exiger de conserver le droit de diffuser librement vos travaux sur un site institutionnel public.





