CONCLUSION

Les sources sont maintenant connues. Chemin faisant, nombre d'éléments ont été mis en lumière qu'il faut garder en mémoire au moment de passer à l'analyse des résultats. D'une part, les listes électorales si elles ne sont pas une source reflétant la totalité d'une population urbaine ne méritent pas d'être trop sévèrement jugées. A Lyon, l'image qu'elles donnent de la population masculine, adulte, française offre à coup sûr des contours plus fidèles que toute autre source massive, et en particulier que les listes nominatives des recensements. De plus, dans la perspective qui est la mienne, la reconstitution des itinéraires individuels, elles autorisent le repérage des individus sélectionnés à différentes étapes de leur vie. Cette reconstitution n'est pas facile mais, à force de patience, elle n'est pas impossible comme le démontrera la quatrième partie. En fait, dans la perspective de l'étude de la mobilité, la lacune essentielle de ce document est l'absence des femmes. En effet, on peut apprécier la place que jouent les étrangers dans le fonctionnement d'une structure sociale, aux nouveaux venus échoient souvent les positions sociales les plus basses, et de ce fait, les nationaux qui "naturellement " auraient dû occuper ces positions se voient donc artificiellement propulsés vers les positions immédiatement supérieures. Il est fort probable que ce modèle ait fonctionné à Lyon. Plus gênant est au contraire l'absence des femmes. Le mariage joue un rôle central dans les arcanes de la mobilité. Le choix du conjoint, même si la place du sentiment ne doit pas être ignorée au plan individuel, est un indicateur puissant de l'insertion sociale des individus et des possibilités de promotion. De ce jeu complexe, je ne pourrais rien dire et c'est la une limite importante de ce travail.