5- Une nouvelle réponse dans l'école, face à la difficulté scolaire. "Naissance officielle" des premiers rééducateurs.

Pour tenter de répondre à la question de l'échec scolaire, l'Institution Scolaire, on le sait, a implanté dans l'école, depuis 1961, quelques "rééducateurs" formés dans un, puis deux centres de formation. Un diplôme, le Certificat d'Aptitude à l'éducation des enfants déficients et inadaptés, option rééducation psychopégagogique, en 1960, et option rééducation psychomotrice, en 1964, sanctionne une formation d'une durée d'une année, en Centre de Formation spécialisé. Ils n'ont pas de statut pour définir leur profession. Leur apparition, à ce stade, semble de l'ordre d'une expérimentation, plutôt que de l'institution d'un corps professionnel. D'où, peut-être, sa relative confidentialité. Peu d'enseignants semblent au courant de leur existence. Leur nombre très limité, leur isolement et le manque de textes officiels qui les instituent dans l'école, est, sans doute, la raison de la grande discrétion de ces "pionniers". Quel usage l'école fera-t-elle de ce corpus de "principes et de pratiques d'aides"? La question est d'autant plus importante que sont apparus, en son sein, des rééducateurs, dont la fonction et la place dans l'école pourraient être définies en puisant dans ce "corpus culturel commun". Qui sont ces "rééducateurs"? Quels enfants sont-ils censés aider? Quels sont les objectifs de leur action? Quelles vont être leurs méthodes? Sont-ils des "orthophonistes" "au rabais", convoqués dans la lutte contre la dyslexie, comme le pensent de nombreux orthophonistes qui voient arriver d'un mauvais oeil ces "concurrents" qui vont leur "prendre leurs clients", puisqu'ils sont directement dans l'école? Il s'avère urgent que des textes régissent cette profession. En 1970, le texte qui institue les GAPP va constituer ces "rééducateurs" comme un corps professionnel. Quelle va être la définition de leur tâche? Quelle va être leur place dans l'école? Comment ces rééducateurs, à leur tour, vont-ils s'emparer des connaissances antérieures de l'enfant et de sa difficulté, comment vont-ils définir leur propre action "rééducative"?