6.2. UN NOUVEL ENVIRONNEMENT POUR LA FILIERE

A la fin du XIX° siècle, l'économie mondiale s'emballe. Subissant la concurrence des céréales des pays neufs, les paysans d'Europe occidentale se tournent vers l'élevage ou le protectionnisme tandis que l'exode rural alimente les industries en main-d'œuvre. Le marasme des revenus paysans contracte les débouchés de l'industrie ce qui aggrave la récession, "compétition internationale et récessions imposent une mécanisation intense, une motorisation accrue, des recherches prétayloriennes, de nouveaux créneaux sont prospectés comme l'acier, l'électrochimie, l'électricité, l'automobile, les collectifs urbains. Les entreprises qui ratent leur reconversion sont éliminées, les régions trop peu concurrentielles perdent pied. Les prix sont laminés et les prix de revient doivent être compressés. Les crises de sous-consommation rurale sont transférées dans le Tiers-Monde" 981 . J.O de Coubertin en 1894, Bureau international de la paix installé à Berne, idée de création des Etats-Unis d'Europe vers 1900, Cour internationale permanente d'arbitrage créée à La Haye en 1899, poussée du scientisme 982 et croyance dans la technicité ne sauraient faire illusion. Si la période 1898-1906 est celle de la coexistence pacifique entre grands impérialismes, les conflits étant alors toujours réglés à l'amiable entre les puissances colonisatrices 983 , et si production de masse, libre-échange et monnaies fixes favorisent les échanges 984 , l'heure est bien à la compétition impérialiste irraisonnée. Cet environnement chaotique représente l'ultime opportunité pour Lyon de développer de solides relations avec la Chine. Au tournant du siècle, tout est encore possible car l'un et l'autre des deux partenaires doivent maintenant tout faire, le premier pour sauver son industrie textile, le second pour maintenir son rang de puissance régionale et entrer, pourquoi pas ?, dans l'ère du développement.

Pendant ce temps, les pays neufs poursuivent leur ascension et l'Europe de l'Ouest qui assurait 62% de la production industrielle en 1870 n'en assure plus que 44% en 1913 985 . Depuis la crise des années 1880, les affaires ont redémarré mais de façon plus hachée, des récessions interrompant périodiquement la reprise et fragilisant celle-ci. Entre 1876-1880 et 1896-1900, le commerce international connaît une nette décélération en s'établissant à 2,9% de progression de moyenne annuelle 986 . En fait, l'évolution de celui-ci correspond à la fin d'une période libre-échangiste séculaire puisque par exemple, si le nombre d'organismes internationaux passe de 20 entre 1870 et 1880 à 61 de 1890 à 1900 puis 108 entre 1900 et 1910, l'intervention conjoncturelle des gouvernements reste rare et les mesures protectionnistes limitées 987 . Dans ce contexte, la Grande-Bretagne connaît une brillante apogée car elle "demeure le courtier obligatoire pour les transactions commerciales jusqu'à la veille de la première guerre mondiale 988 ". En 1913, grâce à sa marine 989 , elle assure 17% des échanges mondiaux contre 12,5 pour l'Allemagne, 10,3 pour les Etats-Unis et 7,7 pour la France. Au début du XX° siècle, l'Angleterre est la première puissance économique d'Amérique Latine. Globalement néanmoins, la structure du commerce international est restée inchangée 990 et les progrès de celui-ci 991 , ainsi que ceux des techniques de communication qui y sont liés 992 , correspondent plus à une situation de crise, de tension, que de sereine expansion. Dans la peur perpétuelle de voir ses industries se retrouver en rupture d'approvisionnements ou de débouchés, la course aux matières premières reprend de plus belle, attisée par un courant à la fois protectionniste, fédéraliste et nationaliste qui s'impose dans la dernière décennie du XIX° siècle avec l'ouvrage de l'Anglais Williams, Made in Germany, qui préconise clairement de lâcher le libre-échange car les produits allemands se vendent de plus en plus.

En même temps que, sous la sourde poussée du nationalisme économique, se constituent des zones privilégiées, les tensions entre Etats ne font qu'augmenter, se concrétisant dans des alliances diplomatiques défensives. A l'alliance franco-russe de 1894 qui marque le début d'une politique concertée en Extrême-Orient répondent Fachoda, le programme de construction navale de Tirpitz, la guerre entre l'Espagne et les Etats-Unis pour Cuba, la concession du chemin de fer de Bagdad, les guerres des Boers et greco-turque. Comme le souligne R. Girault 993 : "partout les Puissants tentent d'augmenter leur domaine propre". Les dénominations ne doivent pas faire illusion: Entente cordiale de 1904 ou Triple Entente de 1908 n'ont pas pour vocation de renforcer les sentiments d'amitié entre des Etats européens qui en sont de plus en plus souvent à deux doigts d'en découdre à la moindre anicroche comme lors de la crise marocaine de 1905. Deux ans plus tard, le refus de l'Allemagne de désarmer suite à la seconde conférence de La Haye réglementant les conflits terrestres, relance la méfiance internationale. Pour R. Girault 994 , la Weltpolitik 995 fait des émules et la France ou la Grande-Bretagne qui, elles aussi, avaient déjà cette politique sont rejointes par le Japon qui se spécialise dans la zone chinoise, les Etats-Unis sur le continent américain 996 et la Russie dans la moitié septentrionale de l'Asie. Pour P. Renouvin 997 , le souci de sécurité, le désir de prestige et la volonté de puissance sont les principaux facteurs politiques du moment. S'appuyant sur de nombreux ouvrages montrant l'importance de la domination maritime 998 , les nations lancées dans le processus d'industrialisation à outrance glissent doucement mais inexorablement vers l'impérialisme automatique et en 1902, l'Anglais Hobson publie Imperialism, a study. En ce début de XX° siècle, qu'il soit diffus et incontrôlé ou bien désiré, théorisé et maîtrisé, l'impérialisme finit par s'immiscer dans les esprits, et son corollaire, lorsque celui-ci peut être imposé, le colonialisme, par s'imposer comme un remède valable aux problèmes économiques de l'époque. Lorsqu'il s'agit de se partager le monde, les puissances industrielles retrouvent alors leur cohésion. Ainsi, malgré la guerre tarifaire qui les oppose, l'Italie et la France signent un accord secret en 1890 qui divise l'Afrique du Nord en deux sphères d'influence, la Lybie à la première, le Maroc à la seconde et en 1907, Angleterre et Russie se partagent la Perse. De nombreux accords bilatéraux avec clause de la nation la plus favorisée sont signés entre Etats 999 , en 1907 par exemple, la CCIL remarque que l'Allemagne et les Etats-Unis ont signé un accord commercial 1000 . Ententes entre Etats ou firmes et cartellisations rendent finalement les règlements douaniers sans objet. Somme toute, par le biais d'accords économiques entre grandes firmes et de connexions bancaires, dans le cadre de consortiums par exemple, le marché mondial trouve son unité au seul profit des nations industrialisées 1001 , même si tous les compromis restent provisoires, fragiles et sont souvent remis en cause. Nécessité d'exporter d'abondants capitaux, désir de croissance des firmes et volonté des Etats d'affirmer leur puissance trouvent dans l'impérialisme, et éventuellement le colonialisme, de formidables terrains d'entente implicites. C'est ainsi que, sous l'égide de leurs Etats d'appartenance respectifs, les premières multinationales voient le jour afin, les unes de contourner les barrières douanières, les autres d'assurer le contrôle de leurs approvisionnements, éventuellement celui d'une filière de matières premières ou bien encore maîtriser des réseaux de communication. Peu importe la formule 1002 , les partenaires ou les conséquences: "(...) l'exploitation du monde par les Occidentaux s'accompagne de blocages qui semblent interdire pour longtemps l'accession de nouveaux Etats à la prospérité car leurs tentatives de développement aggravent leur dépendance du fait de l'endettement qu'elles entraînent. Peu attentifs aux fragilités politiques et sociales du système, l'Occident profite de son avance technologique et place ses capitaux." 1003 .

Dans ce feu d'artifice d'initiatives, les pays dominés, parmi lesquels les pays d'Asie, hormis le Japon, n'ont pas leur mot à dire. Par exemple, en 1914, les pays importateurs de capitaux sont d'abord l'Europe avec 27,2% du total, puis l'Amérique du Nord avec 23,8%, l'Amérique Latine, 19,3% et enfin l'Asie et l'Afrique avec respectivement 13,6 et 10,6% 1004 . L'Asie, qui assurait déjà 12% de la valeur des importations européennes en 1860, n'en assure toujours que 10% en 1910 et ne reçoit elle-même d'Europe que 10% de ses importations 1005 . Aux Philippines par exemple, la libéralisation progressive de la législation commerciale et l'ouverture de Manille à tous les étrangers en 1834, favorisent les cultures d'exportation souvent exploitées dans le cadre de grands domaines sur des terres cédées à bail par des congrégations religieuses 1006 mais, parallèlement, ce pays devient importateur de riz et les Chinois y deviennent les intermédiaires obligés du commerce 1007 . La domination politique étrangère entraîne la fragmentation du Sud-Est asiatique avec pour conséquences, l'entrave à la diffusion des innovations techniques, la rupture des complémentarités, le développement des divergences d'intérêts et d'évolution, la montée des tensions enfin 1008 . Du fait de l'inexpérience et de l'ignorance du milieu, les échecs sont nombreux, comme par exemple les concessions minières et ferroviaires en Chine jamais exploitées 1009 . En ce qui concerne la Chine, "les années qui séparent Shimonoseki de la fin du siècle (...) coïncident avec une véritable "ruée" (...) investissements massifs de capitaux (...) emprunts considérables (...) dès juillet 1895, la Chine s'endette de 100 millions de taels (...) octroi de garanties (...) âge d'or des concessions minières, puis ferroviaires (...) présence administrative et militaire (...) véritable partage économique (...). La Chine devient (...) selon les termes de Sun Yatsen une hypocolonie1010". Suite à la victoire japonaise1011, c'est le " break up" et la naissance d'une "question d'Extrême-Orient" entièrement axée sur la crise chinoise. Les conséquences de cette défaite sont considérables: le traité de Shimonoseki accorde le droit d'établir des entreprises industrielles à Shanghai et Tianjin pour les étrangers 1012 , la presqu'île de Liaodong redevient chinoise mais contre 30 millions de taels, le nombre de ports ouverts passe de 34 à 45, le territoire des concessions est élargi et des zones privilégiées sont créées, la Russie obtient Port-Arthur (Lushun) pour 99 ans et la concession du chemin de fer mandchou, Taiwan soumise au régime de la modernisation coloniale à la japonaise, Tsing Tao est cédée à bail pour 99 ans. "Les derniers vestiges d'indépendance économique disparaissent ainsi. (...) Le lien y est clairement établi entre la dégradation de la situation chinoise et l'intervention étrangère" 1013 . Pour payer l'indemnité japonaise, la Chine emprunte 100 millions de taels auprès d'un groupe de banques russes et françaises, puis en 1896, à nouveau 100 millions auprès de banques britanniques et allemandes et un troisième enfin, toujours de 100 millions, en 1898 auprès du Royaume-Uni 1014 . "De 1895 à 1911, le gouvernement chinois verse au titre des indemnités et des dépenses militaires l'équivalent de 2.155.000.000 de francs-or aux puissances étrangères. (...)" 1015 . Un tel opportunisme engendre une véritable bouffée de patriotisme et en juin 1900 éclate la révolte des Boxeurs 1016 tandis que se développe le mouvement révolutionnaire chinois 1017 . La nouvelle défaite chinoise débouche sur le protocole du 7 septembre 1901 prévoyant pour les puissances étrangères une nouvelle indemnité de 450 millions de taels.

Dans de telles conditions, la Chine est mise en demeure de s'ouvrir à l'influence occidentale et d'accélérer les réformes, bref de se mettre au diapason de l'économie mondiale. C'est ainsi que l'empereur Guangxu (1875-1908) signe le décret de 1898 affirmant la nécessité de transformer la Chine suivant le mode occidental et entreprend la Réforme des Cent Jours. Tuan Fang devient premier ministre du Bureau National de l'Agriculture, de l'Industrie et du Commerce en juillet de la même année 1018 . Mais la lutte contre le parti conservateur tourne court et trois mois après, il est écarté du pouvoir par Cixi. L'évolution politique chinoise rend ainsi rapidement caduque tout effort d'une modernisation pourtant désormais impérative et urgente. L'impératrice douairière elle-même le comprend fort bien et en 1903 un grand nombre de postes administratifs est supprimé, une Chambre de Commerce et un Ministère du Commerce sont créés, l'Université Aurore de Shanghai ouverte. Un règlement chinois sur la propriété intellectuelle et industrielle est édicté le 23 octobre 1904 1019 . Les politiques d'envoi d'étudiants à l'étranger et de coopération avec l'étranger sont relancées 1020 . L'Etat encourage les investissements dans les mines 1021 , le transport, les banques 1022 ainsi que le développement des filatures de coton 1023 . Le développement du commerce extérieur devient une priorité et la vallée du Yangtsé avec Shanghai une artère vitale 1024 car les revenus des douanes de ce port sont affectés à la garantie des emprunts. Malheureusement, tous ces efforts sont irrémédiablement voués à l'échec. De 1895 à 1899 par exemple, le commerce extérieur chinois progresse de moitié mais le déficit est multiplié par 2,5 1025 . En réalité, la Chine se retrouve prisonnière de l'incompatibilité entre son système financier interne, basé sur l'argent, et le système international étalonné sur l'or. Le rapport or / argent qui était de 15 pour 1 jusque 1870, puis de 20 pour 1 jusque 1898 est en effet passé à 33 pour 1 en 1900, ce qui contraint celle-ci à augmenter ses droits de douane afin de compenser ses pertes liées au change 1026 . La Chine est littéralement l'otage de sa propre dette et des Occidentaux qui prennent grand soin d'entretenir celle-ci 1027 .

Notes
981.

P. Léon (ss.la dir. de), Histoire économique et sociale du monde, Tome III: inerties et révolutions 1730-1840, 619 p, A. Colin, 1978, 607 p.

982.

Entre 1895-1900, par exemple, le nouveau personnel diplomatique est touché par le scientisme, le recul de la tradition et de la foi, la croyance raisonnée dans le progrès et le positivisme.

983.

R. Girault, Diplomatie européenne et impérialismes 1871-1914, Masson Paris, 1979, 253 p.

984.

Entre 1878 et 1914, Lacour-Gayet souligne qu'il n'y a pas d'obstacles aux frontières, pas de passeport ni de formalités et que monnaies, personnes et marchandises circulent librement. Lacour-Gayet, Histoire du commerce Tome V, le commerce depuis le milieu du XIX° siècle, 1952, 441 p.

985.

HESM, tome IV, p.115.

986.

HESM tome IV

987.

Lacour-Gayet pour l'évolution des organismes internationaux; congrès international de la réglementation douanière à Paris du 18 au 22 novembre 1913 (CCIL) et les droits de douane sont toujours inférieurs à 20% pour les produits manufacturés (sauf en Russie).

988.

R. Girault, p.36

989.

En 1914, sur les 50 Mt de jauge brute de la flotte mondiale, la Grande-Bretagne en possède plus de 19 et le port de Londres est le plus important du monde avec 33 Mt de trafic en 1913; Lesourd et Gérard, p.104.

990.

En 1876-80, la part des produits primaires dans le commerce mondial, y compris les produits sidérurgiques de base, est de 63,5%, elle est de 63% en 1913. Les deux principales matières premières agricoles sont alors le coton et la laine, les métaux non ferreux (cuivre), le caoutchouc, le pétrole viennent des pays lointains: "la dépendance de l'Europe à l'égard des importations alimentaires (favorisées par le transport frigorifique) fut l'un des principaux facteurs de la croissance des échanges internationaux" François Caron, tome IV de l'Histoire économique et sociale du monde. HESM, p.174.

991.

G. Lefranc, Histoire du Commerce, 1972: de 1866 à 1911, le nombre de personnes travaillant dans le secteur du commerce s'élève de 973.000 à 2.053.000 et le trafic du canal de Suez passe de 2,4 en 1876-80 à 12,1 Mt en 1901-05 (p.96). Le volume du commerce international augmente de 46% Entre 1870 et 1910, le nombre de navires transitant par Suez passe de 486 à 4.533, soit une progression de 436.000 à 16 millions de tonneaux; HESM tome IV.

992.

Débuts de la radio, télégraphie sans fil en 1896, téléphonie en 1906, Transsibérien entre 1891 et 1904, en 1902, achèvement du All Red Route qui fait le tour du globe sans quitter l'empire britannique. En 1913, le réseau mondial de câble parcourt 450.000 km dont 60% appartiennent à l'Angleterre.

993.

Diplomatie européenne et impérialismes 1871-1914, Masson Paris, 1979, 253 p, p.179.

994.

p.171

995.

qui, selon lui, n'est pas une conquête mondiale mais une "mondialisation de la politique extérieure allemande" (protection de tous les intérêts allemands dans le monde par des moyens militaires et notamment la marine).

996.

politique du "big stick" de T. Roosevelt.

997.

P. Renouvin, Histoire des relations internationales, Tome VI (1871-1914), 1955, 393 p, p.189.

998.

Parution du livre de l'amiral américain A.T Mahan, The influence of Sea Power upon history, sur l'influence de la puissance maritime dans l'histoire en 1890 et travaux du géographe allemand Ratzel en 1897 sur l'importance de la domination des mers pour les Etats, le commerce et les conflits armés; en Grande-Bretagne, loi anglaise du Two Power Standard en 1889 prorogée en 1894 qui prévoit le développement de l'armement naval et finalement "splendide isolement britannique", égoïsme neutre reposant sur sa puissance financière et navale.

999.

R. Girault, p.31

1000.

CCIL 1907, p.210

1001.

En 1876-80, les exportations de produits manufacturés se font à 89% à partir de l'Europe du Nord-Ouest et des Etats-Unis contre 84% en 1913; HESM, p203.

1002.

Investissements directs, transferts de capitaux et de technologie, politique de "porte ouverte" ou simplement "entrouverte", domination logistique et administrative par les douanes, les travaux publics, les postes et télégraphes, la marine marchande, les prêts bancaires.

1003.

HESM, tome IV, p.285. "finalement, l'expansion économique au XIX° siècle et les phénomènes de domination qui l'accompagnent parfois (...) s'analysent comme une extension du mode de production capitaliste à l'échelle mondiale, comme un recul ou une soumission des modes de production antérieurs." p.471

1004.

J.L Miège, Expansion européenne et décolonisation de 1870 à nos jours, PUF Nouvelle Clio, 1973, 414 p.

1005.

HESM, tome IV, p.174.

1006.

les exportations de canne à sucre passent ainsi de 13.400 tonnes en 1831 à 48.400 en 1854 et l'exportation de chanvre double entre 1870 et 1880.

1007.

HESM p.541.

1008.

En 1900, simultanément, fondation de la ligue musulmane en Inde et hausse des boycots des textiles britanniques et des attentats en Chine.

1009.

HESM, p.553.

1010.

N. Wang

1011.

En 1894, le roi coréen est menacé par une rébellion intérieure, le Japon se propose d'intervenir, ce que n'admet pas la Chine. La victoire japonaise est totale (en 1895, ses troupes débarquent à Formose et dans le Chantong, et sont prêtes à marcher sur Pékin) mais les grandes puissances font barrage (sauf l'Angleterre).

1012.

M. Bastid, HESM, tome IV, p.555.

1013.

N. Wang à propos du protocole de 1901.

1014.

Yvan G. Paillard

1015.

HESM, tome IV, p.557. Huang Ping, La concession française de Shanghai, introduction et problématique, Mémoire de DEA sous la direction de Marc Michel, août 1995, Université de Provence Aix-Marseille, IHPOM, 130p, pages 45 et 35: à l'indemnité de la guerre sino-japonaise (couverte par l'emprunt franco-russe de 1895 de 400 M FF, anglo-allemand de 1896 de 16 M £ et anglo-allemand de 1898 de 16 M £), il faut ajouter "l'indemnité des Boxers" de 400 M FF plus un emprunt anglo-allemand en francs, livres, dollars-or et florins.

1016.

A l'origine du mouvement boxeur, des mouvements anti-chrétiens existant depuis 1891 (N. Wang). Ce mouvement n'est pas le seul ni en Chine ni en Asie. M.C Bergère rappelle que la population chinoise se mobilise alors en grands mouvements patriotiques, les "yundong", et des mouvements similaires agitent Java, la Corée (mouvement Tonghak) tandis que le Vietnam connaît des soulèvements paysans (HESM, tome IV, p.553).

1017.

Celui-ci prend forme dans les années 1890, Sun est actif à partir de 1894; N. Wang. Il fonde la Ligue révolutionnaire chinoise en août 1905: "Les lendemains de la guerre russo-japonaise ouvrent une ère d'instabilité et de désastre économique." N. Wang, p.127.

1018.

L.M Li, p.189

1019.

MAE Nantes, Shanghai, cartons roses, n°47

1020.

Soutien de Soueng-Pao-Ki aux missions chinoises en France (envoi d'étudiants dans les grandes écoles); BCAF, n°23, février 1903, p.82.

1021.

décrets sur l'exploitation des mines en 1898-99, 1902 et 1904.

1022.

La première banque privée, la Banque pour le Commerce extérieur, est fondée en 1897; Huang Ping, p.29.

1023.

MAE Paris CCC Shanghai volume 15, rapport commercial pour 1896.

1024.

Chiffres de la mission lyonnaise pour 1897: commerce total de la Chine = 366.329.983 HKT et celui de Shanghai = 205.494.494 HKT, soit 56,1%, les réexportations se chiffrent à 95.863.000 HKT; Hankéou fait des échanges avec Shanghai pour un montant de 37,5 millions de HKT "sur les 54 millions de la vallée du Yangtsé", le second port est Kiou-Kiang avec 6,5 M de HKT. Cité par Ts'ien Siang-Suen, Le port de Shangai, étude économique, Lyon, Bosc frères, 1934, 164 p.

1025.

Yvan G. Paillard

1026.

MAE Paris NS Chine volume 553, Une lettre du Ministre de juin 1901 signale que la valeur du tael d'argent vient de baisser de 50%, ce qui fait que les droits de douane chinois viennent eux aussi d'augmenter d'autant pour assurer le remboursement de la dette.

1027.

L'indemnité liée au protocole de 1901 peut être acquittée en 39 ans moyennant des intérêts qui font doubler la somme à payer, le paiement de ceux-ci étant garanti par les revenus des douanes et du monopole du sel.