D’un objet à disposition de l’activité de l’enfant des stades précédents à la constitution d’un début de permanence propre à ce stade, Piaget met en évidence cinq conduites caractéristiques provenant du prolongement de l’action en cours ou des mouvements d’accommodation. Rappelons que l’enfant commence à saisir ce qu’il voit, et à porter à sa vue grâce à la coordination vision et préhension, les objets qu’il saisit. Ces conduites restent somme toute limitées par l’effort que fait l’enfant pour retrouver les conditions dans lesquelles il a découvert un résultat intéressant.
L’accommodation visuelle aux mouvements rapides
Elle consiste à prolonger la perception dans la direction de la disparition de l’objet ; elle permet à l’enfant d’anticiper sur des localisations futures et assoit ainsi un début de permanence. Deux réactions particulières s’offrent à l’observateur : l’une relative au mouvement d’un objet qui disparaît du champ de vision après avoir provoqué un déplacement latéral de la tête ; l’autre relatif au mouvement de chute. Cependant, si l’objet ne se situe plus dans le prolongement du mouvement d’accommodation, l’enfant ne le cherche plus. Ou bien, les seuls procédés destinés à le retrouver consistent soit à prolonger les mouvements déjà esquissés, soit à revenir au point de départ.
La préhension interrompue
L’enfant ayant eu un objet en main, cherche à le ressaisir lorsque celui-ci lui échappe ou lui est enlevé. Il s’agit toujours du prolongement d’un mouvement d’accommodation et non pas d’une recherche particulière de l’objet disparu. Car, en l’absence d’informations perceptives l’enfant oublie l’objet.
Les réactions circulaires différées
Après avoir interrompu son action de découverte de l’objet, l’enfant reprend son action sans qu’il y ait eu d’incitation extérieure. Ceci donne à l’objet une permanence plus réelle.
La reconstitution d’un tout à partir d’une fraction visible
L’enfant a la capacité de reconstituer l’objet en sa totalité même s’il n’en perçoit qu’une partie.
La suppression des obstacles empêchant la perception
C’est la conduite consistant à ôter un écran pour voir l’objet. Cependant l’enfant ne met pas en relation l’obstacle avec l’objet ; l’obstacle est relatif à l’activité perceptive plus qu’à l’objet perçu. Il s’agit en fait d’ôter ce qui gêne la vue.
Ces cinq conduites amènent à la permanence de l’objet, mais celle-ci est encore subjective car elle demeure relative à l’action propre.