II – La création du Musée de la Résistance : histoire d’une transaction entre trois milieux 1246 .

Le musée de Grenoble est un musée de la première génération, ceux dont on sait qu’‘ « ils se sont créés à l’initiative presque exclusive des associations d’anciens résistants ’ ‘ 1247 ’ ‘  » ’. Mais le cas grenoblois est plus nuancé, car on voit trois milieux différents œuvrer conjointement entre 1963 et 1966 : celui, et c’est la première originalité, des « enseignants-pédagogues », celui des anciens résistants évidemment, et celui des pouvoirs publics, c’est-à-dire essentiellement de la préfecture, la décentralisation n’étant à l’époque pas encore d’actualité 1248 .

Fort heureusement, les Archives Départementales de l’Isère conservent un dossier 1249 très complet qui permet d’établir de façon précise l’historique du compromis auquel surent aboutir ces trois milieux, depuis la genèse de l’idée jusqu’à son inauguration.

Notes
1246.

Pour reprendre une partie du titre de la communication de Jean-Claude Duclos au colloque de Saint-Denis, « Les Résistants, les historiens et le muséographe : histoire d’une transaction et de ses enseignements », in op. cit., p. 217-234.

1247.

Marie-Hélène Joly, in op. cit., p. 174.

1248.

Jean Paquet parle quant à lui des origines du musée en rappelant qu’« Elles remontent à plus de trente ans et résultent de la conjonction de l’initiative d’un enseignant grenoblois et d’un milieu favorable », oubliant – sûrement n’a-t-il pas eu accès au dossier des ADI – le rôle important de l’État, troisième partenaire, pourtant indispensable, et qui en l’occurrence ne se contentera pas d’être une instance d’enregistrement administratif des statuts du musée, in op. cit., p. 52.

1249.

ADI, 4332 W 180, « musée de la Résistance . 1963-1966 ».