De Malleval à Bourg-Argental

Après Malleval, le chemin traverse la paroisse de Maclas où il rejoint celui venant de la Gorge, les deux se confondant ensuite en direction du Puy. En 1352, Nicolas Massot reconnaît tenir une terre située à Maclas le long de la route de Malleval au Puy ( 2407 ), reconnaissance encore rendue dans les mêmes termes en 1362 ( 2408 ). En 1351, toujours à Maclas, une terre reconnue à Renaud de Forez confronte l’iter publicum quo itur de Gorgia versus Anicium ( 2409 ).

Maclas est aussi un lieu de perception de péage au profit du comte de Forez. Mentionné tardivement, le péage de Maclas, n’est sans doute qu’un point de perception de celui de Malleval, centre de la châtellenie ( 2410 ). Un acte non daté issu d’un sommaire des titres de la seigneurie de Malleval, mais que l’on peut vraisemblablement attribuer à l’extrême fin du XVè siècle ou au tout début du XVIè siècle, le laisse en effet penser ( 2411 ). Hugues Sabbastier dénombre les biens et revenus qu’il tient du comte de Forez, relevant de la baronnie de Malleval. Parmi ceux-ci figurent : « la quatrième partie du péage de Maclas [et] trois émines de sel qu’il doit percevoir tous les ans sur les débiteurs du péage » ( 2412 ) ce qui suggère que, Maclas n’étant nullement chef-lieu de châtellenie, ce n’est qu’un péage annexe de Malleval.

Peu après, à Véranne, nous retrouvons la route désignée de la même manière en 1362 ( 2413 ) et en 1372 ( 2414 ) : iter publicum quo itur de Gorgia versus Anicium ; elle traverse alors le mas des Barges.

Passant Véranne, le chemin arrive à Saint-Appolinard où est mentionnée en 1451 l’Elemosina Sancti Apolinaris ( 2415 ). Il continue ensuite par Saint-Julien-Molin-Molette pour enfin arriver à Bourg-Argental. Sur cette section, le chemin est toutefois mal documenté par manque de terrier. Nous le retrouvons à Saint-Julien-Molin-Molette en direction de Bourg-Argental, lorsqu’en 1276 il sert de limite dans les transactions répartissant les dîmes de la paroisse entre le prieur de Saint-Sauveur-en-Rue et le curé de Saint-Julien ( 2416 ). Peu avant Bourg-Argental il franchit le col du Banchet où il est attesté en 1375, une terre y confrontant l’iter quo itur de Cruce [du col] usque Chavaney ( 2417 ).

A l’arrivée à Bourg-Argental, la descente de la route jusqu’au bas de la vallée de la Deûme porte encore de nos jours le nom évocateur de Costaviol, « la côte de la route ». Dès 1339 au moins, un pont permet à la route de franchir le ruisseau de Riotet, affluent de la Deûme en rive gauche, dans sa traversée de Bourg-Argental ( 2418 ).

Un autre péage se perçoit sur la route lorsque celle-ci traverse le mandement d’Argental. Ce dernier est mentionné pour la première fois en 1296, puis encore en 1339 et en 1473 ( 2419 ).

Outre le péage, un hôpital est implanté à Bourg-Argental au moins depuis le milieu du XIIIè siècle, sans doute en liaison avec la route ( 2420 ). Par la suite, plusieurs testaments de la fin du XIIIè siècle, des XIVè et XVè siècles le mentionnent encore ( 2421 ).

Notes
2407.

) AD 42, B 2035, f°3.

2408.

) AD 42, B 2036, f°64.

2409.

) AD 07, 1E 1589, f°5v°.

2410.

) Sur les questions de mode de perception des péages, de subordination de certains péages à d’autres, cf. t. I, p.408-411.

2411.

) Le seul nom figurant dans l’analyse de l’acte est celui de Hugues Sabbastier, inconnu par ailleurs, ce qui ne nous suggère aucun élément de datation. Toutefois, les actes étant classés par ordre chronologique dans le sommaire, il est peu vraisemblable que celui qui nous préoccupe, bien que non daté, ait été mal inséré. Pour ce qu’on peut en juger, ce serait le seul cas.

2412.

) AD 42, 1J 146, p 6.

2413.

) AD 42, B 2036, f°38.

2414.

) AD 42, B 2037, f°9.

2415.

) AD 07, 90H 50.

2416.

) Charpin-Feugerolles, Guigue (C.) : Cartulaire de Saint-Sauveur-en-Rue, op. cit., n°CLXXXVIII.

2417.

) AD 42, Collection Chaleyer, Ms. 611, f°35v°.

2418.

) A. Nat., P1396/1, cote 443.

2419.

) 1296 : Chartes du Forez, n°886 ; 1339 : A. Nat., P 1396/1, cote 443 ; 1473 : AD 42, collection Chaleyer, Ms 80, p. 82. Sur ce péage, cf. t. I, annexe n°13.

2420.

) Charpin-Feugerolles, Guigue (C.) : Cartulaire de Saint-Sauveur-en-Rue, op. cit., p. 103.

2421.

) Cf. par exemple AD 07, 29J 3, n°4 ; AD 42, B 1876.