1.1 La manipulation du logiciel

Nous ne parlerons pas ici dans le détail des aspects strictement liés à la gestion du logiciel lui-même (maniement de la souris, compréhension des messages ...) : ils sont abordés et recensés dans l’annexe 5 (volume II, p. 89).

Nous remarquerons néanmoins qu’à plusieurs reprises (situations 4, 5, 6, 7) ces problèmes techniques de gestion des commandes du logiciel empêchent purement et simplement les élèves observés (Adeline et Emmanuel) de suivre le déroulement normal des activités : ils prennent du retard sur l’activité de la classe prise dans son ensemble, ou sont occupés à résoudre ces problèmes techniques alors que l’enseignant énonce des connaissances importantes (par exemple dans l’étape s7-3-2). Ce phénomène n’est cependant pas spécifique de l’usage de l’ordinateur : on peut le constater également dans la manipulation du matériel d’expérience, par exemple dans la situation 7 quand ils sont retardés dans la réalisation du montage par la fixation de la lentille sur le porte-lentille.

Par ailleurs ce phénomène tend à s’estomper au cours du temps, au fur et à mesure que les élèves apprennent le maniement de certaines fonctions un peu sophistiquées du logiciel ; nous l’avions déjà noté lors de l’analyse précédente (voir chapitre 8, figure 8-5), en suivant simplement le temps consacré à des verbalisations de type CMM en fonction des situations.

On peut noter également, dans un registre légèrement différent, quelques difficultés bien naturelles à s’adapter aux changements d’implicites éventuels dans l’ergonomie des fichiers. Ainsi à l’ouverture du fichier loupe1 dans la situation 12 (loupe), Adeline est surprise par le nouveau mode de déplacement des points importants caractérisant l’objet (son extrémité hors de l’axe pour la taille et l’autre extrémité pour sa position sur l’axe) ; elle cherche à utiliser comme précédemment les points de l’objet eux-mêmes, alors que des points particuliers ont été créés sur les cotés du cadre entourant la figure (étape s12-1-2 int. 12/23-23). On pourrait certes avancer que ce changement d’ergonomie est localement préjudiciable, car au moment où il se produit il surprend quelques instants les élèves ; une autre solution aurait été d’employer la même ergonomie depuis le début ; cependant elle augmente la complexité de la figure, c’est pourquoi le choix a été fait de ne l’employer que lorsqu’elle était techniquement nécessaire, c’est-à-dire dans les fichiers où l’existence de rayons virtuels imposait de les limiter par un cadre.

Il est clair, comme nous l’avons déjà noté dans le chapitre précédent, que la méconnaissance du logiciel freine son utilisation en classe, et qu’en conséquence on a intérêt à utiliser des logiciels cohérents tout au long de la scolarité d’un élève, même dans des disciplines différentes, ce qui peut être le cas de Cabri-géomètre.