Les différentes sources d’information qui alimentent une entreprise
Les différents types d’information peuvent être classés (d’après Salmon et De Linares, 1997) selon leur nature et selon leur situation dans le temps.
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Les informations de type texte : ce sont celles qui sont enregistrables sous forme de textes gérables par des ordinateurs. Elles comprennent les bases de données internes ou externes, les textes intégraux, etc. Elles représentent environ 40 à 60% de la totalité des informations (presse, revues spécialisées, base de données popularisées par le minitel ou autres serveurs).
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Les informations de type firme : ce sont celles qu’il faut aller chercher à l’extérieur de l’entreprise par une attitude active. Les visites des clients, les rapports sur les concurrents, les réunions avec les fournisseurs de matériels ou de matières premières en font partie. Elles représentent 30 à 60% de la totalité des informations (missions et voyages d’études, candidats à l’embauche, négociations commerciales…).
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Les informations de type expertise : elles constituent une grande partie de la mémoire de l’entreprise. Les experts sont souvent au sein de l’entreprise et celle-ci l’ignore. La gestion du savoir-faire interne est particulièrement importante compte tenu des restructurations, délocalisations et des départs à la retraite. Elles représentent 10 à 20% des informations (colloque, congrès, débats et conférence, ateliers de recherche…).
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Les informations de type foires, exhibitions : dans toutes les activités humaines, des lieux où sont présentés des réalisations, favorisent les contacts entre les fabricants, les fournisseurs, les chercheurs et les institutions. Dans ce cadre, des informations particulièrement importantes peuvent être obtenues, à condition que l’on ait soigneusement préparé leur collecte (expositions, salons, journées portes ouvertes).
L’information possède également une structure temporelle à ne pas négliger. L’apport de l’information n’est pas la même selon la situation dans le temps. L’information peut être historique ou conjoncturelle, prévisionnelle ou même prospective.
L’information peut également subir un traitement différencié selon le modèle de capitalisme dans lequel elle évolue. Il est donc essentiel de faire la distinction entre différents types d’information, de les hiérarchiser, d’en organiser une collecte et une assimilation efficace, ainsi que de les recadrer dans son contexte.
L’entreprise pratique quotidiennement l’acquisition et la diffusion d’informations qui vont de la circulaire administrative au dépôt de brevet ou de marque, en passant par la publication des bilans. Elle consulte les banques de données. Elle tente d’acquérir une connaissance croissante de l’état des marchés. Elle se renseigne sur ses partenaires et ses concurrents. Ce travail est un exercice quotidien qui intéresse le renseignement (Besson et Possin, 1996).
L’entreprise est un réseau de renseignement, une machine à brasser l’information sur un espace géographique qui peut être très vaste. Elle n’en a pas toujours conscience. L’entreprise est une mémoire vivante et sans cesse renouvelée où est stockée plus ou moins bien, une somme d’informations parfois stratégique.