Chapitre III
L’exclusivité de la relation à l’objet-travail :
les fondements d’une hypothèse.

Nous venons de voir, grâce au rappel des processus psychiques mis en jeu par le travail du deuil, les trois registres de conditions influençant son déroulement. Ces trois registres sont à la base des hypothèses A1, A2 et A3, et seront réexaminés précisément dans le cas de la perte d’un emploi dans les chapitres IV et V.

Le chapitre III va auparavant poursuivre la présentation des soubassements théoriques à l’origine de ma recherche et préciser en particulier les éléments qui ont permis de compléter les premières hypothèses pour aboutir aux reformulations A1bis, A2bis et A3bis centrées sur la problématique de l’exclusivité.

Il expose, en premier lieu, quelques grandes lignes des recherches et publications actuelles, en économie, sciences politiques, philosophie, psychodynamique du travail, sur le thème du chômage, de ses causes et de conséquences, de ses évolutions et de ses remèdes. Cet exposé montre en quoi la problématique du deuil du travail prend place dans un vaste débat sur la centralité du travail, c’est à dire sur la place de cette activité pour l’organisation de notre société et l’intégration de chacun de ses membres. Il conduit à affiner la représentation de la nature de la relation à l’objet-travail et à s’interroger sur l’exclusivité de cette relation.

Cette interrogation est ensuite mise en écho avec la typologie des vécus du chômage proposée par D. Schnapper (1981) dans son ouvrage « L’épreuve du chômage ».

Elle est reprise une troisième fois grâce à une réflexion sur l’utilisation freudienne du mot travail.