Le centre correspond au sous-espace urbain le plus densément occupé. La raison d’être de cette concentration, et donc les fondements mêmes de la centralité, font l’objet d’un nombre conséquent de travaux dans diverses disciplines : économie, sociologie, histoire, etc. Le centre historique présente des avantages spécifiques [Porter, 1995], notamment parce qu’il est le lieu où les proximités, et donc les interactions entre les agents en présence, sont maximales [Berroir et al., 1995 ; Lacour, 1998] ; proximités et interactions sur lesquelles s’appuient la construction des liens sociaux, mais aussi la circulation de l’information, permettant de manière générale de minimiser les coûts de transaction. Les entreprises et les ménages y trouvent également un niveau d’équipements, notamment publics, qui a rarement son égal en périphérie. Le centre historique a en outre l’avantage d’offrir, pour les consommateurs, la plus large gamme de produits, et, pour les entreprises, le plus vaste choix d’employés et de qualifications. Certaines analyses en font d'ailleurs un incubateur pour les activités économiques, postulant que tant qu’elles n’ont pas atteint un certain niveau de développement ou de maturité, il est moins risqué pour elles de s’y implanter plutôt que d’aller en périphérie [Aydalot, 1979]. Le centre historique est, pour ces différentes raisons, un élément fort de structuration des espaces urbains, au point que certaines politiques, comme le Grand Projet Urbain de la commune de Vaulx en Velin, mettent en avant la création d’un nouveau centre-ville comme élément de réorganisation et de revitalisation majeur d’un tissu urbain marqué par la juxtaposition de grands ensembles datant des années soixante-dix [Communauté Urbaine de Lyon, ville de Vaulx en Velin, 1989].