II - 3 AUCUN CADRE POUR L’EMERGENCE DE LA COPROPRIETE

Au centre de tous les témoignages pour la réalisation ou l’amélioration d’équipement se trouvent donc ce co-financement institutions publiques / occupants privés. Jamais une distinction n’a été faite sur le statut des occupants : locataires ou propriétaires. Il est vrai qu’une fois attribuée, la location d’un appartement est considérée acquise. Ce qui va changer avec la vente des appartements, c’est que plus tard l’administration n’aura plus aucune rentrée financière de certains immeubles. Qui les gérera alors ?

Aucun des habitants ne se sent vraiment concerné. Est-ce que la communauté de voisinage se transformera en copropriété de fait ? Rien n’est moins sûr. Le rôle de la communauté de voisinage est d’être régulateur afin d’éviter les excès, non d’être initiateur dans le cadre de besoins. Après avoir acheté, madame H. assurait que le Comité populaire de l’arrondissement allait repeindre les cages d’escaliers de l’immeuble. J’ai du mal à le croire, et en mars 2 000, rien n’était réalisé ni prévu. Actuellement, un même immeuble abrite plusieurs types d’occupants. Dans les faits, tant que des locataires sont présents (ce qui est encore le cas de tous les immeubles), la compagnie gestionnaire gère de fait les problèmes. Dans le futur, tout pousse à penser qu’elle exigera une participation des propriétaires. La question de la copropriété n’est donc pas encore brûlante, mais encore une fois, le futur n’est pas projeté, le présent trouve un chemin dans les possibles du quotidien.

Le bureau gestionnaire de l’ensemble de compartiments de luxe, destinés à la vente, construits rue Ly Thuong Kiêt635, m’a expliqué que tant que tous les compartiments ne sont pas vendus, le promoteur assure le gardiennage (jour et nuit) et le nettoyage de l’espace extérieur, mais qu’une fois toutes les ventes réalisées, le bureau fermera ses portes et laissera les habitants s’organiser.

Notes
635.

cf. paragraphe IV-2 du présent chapitre : Tuan Viet Trading Town.