SERMO n° 55 (RLS n° 1064), éd. F. Iozzelli p. 238-239.

Reproche et blâme adressés au Viterbiens pour avoir voulu faire violence aux cardinaux.

Sermon donné en mars 1269.

Car la bénédiction d’un père affermit la maison de ses enfants, mais la malédiction d’une mère en détruit les fondations 4351 . Vous autres Viterbiens avez plus que tous autres l’expérience de la bénédiction d’un père ; prenez garde de n’être l’objet de la malédiction d’une mère ;

1. (lignes 1-32) votre père est le souverain pontife, votre mère l’église romaine; ce père vous a bénis en vous comblant de bienfaits dans le passé, plus que toutes les autres villes, en particulier en séjournant fréquemment chez vous; moult bienfaits en ont découlé, dont la protection contre les Romains et l’empereur, mais aussi la venue en affluence d’étrangers qui s’installent chez vous et vous enrichissent;

2. (lignes 33-49) attention cependant à la malédiction d’une mère : vous avez exaspéré l’église romaine, que vous devriez plutôt consoler de son veuvage; alors qu’elle essaie d’accoucher, vous l’en empêchez; alors qu’elle a écarté tout autre souci que l’élection du pape, vous vous ingéniez à susciter la malédiction; vos fondations en seront détruites: tous les bienfaits que vous retiriez de son séjour vous seront ôtés, ainsi que sa bienveillance, car le coupable d’un seul crime est coupable en général.

Ms Pi, f. 130[123]rb-130[123]vb.

Notes
4351.

Eccli. 3, 11.