6.4.3.3 Réhabiliter une M.A.S. ... la polysémie à l’oeuvre.

Le rapport intime existant entre la question du regard et l’opération de réhabilitation qui a eu lieu à la M.A.S. n’est pas pour nous étonner. Réhabiliter, c’est remettre en état, rendre de nouveau habitable. Mais n’est-ce pas aussi, et surtout, laver de tout soupçon, rétablir autrui dans ses droits, lui faire recouvrer l’estime et le revaloriser aux yeux de la société ? Nous allons voir qu’une telle polysémie est tout particulièrement à l’oeuvre dans le cas de cette maison d’accueil spécialisée.

Comment en effet ignorer l’importance du changement que doivent apporter les travaux dans le regard que l’on porte sur l’institution, donc sur son image et les représentations qui la sous-tendent ? Si voir la réalité de la M.A.S. fait peur, et tout particulièrement dans la persistance de certains de ses défauts, l’écran d’idéalité que dresse l’image de l’institution nouvellement réhabilitée ne doit pas nous aveugler. Le pacte dénégatif inaugural n’a d’ailleurs pas tenu face à l’interprétation violente de Dominique. La conclusion en a été amère : la réhabilitation n’a pas lavé l’institution de tout soupçon... au contraire, en a-t-elle peut être plus expressément mis certains en avant. La réorganisation matérielle de l’espace, sa dilatation, semblent en effet avoir trouvé un écho tout particulier dans les productions fantasmatiques qui émaillent les échanges.