Les façades sont concentrées dans une seule zone, visible sur la carte de la planche 69 1181 , cette concentration semblant marquer le cœur de la Phrygie. Leur fonction est jusqu'à présent inconnue ; trois interprétations sont proposées : tombes, lieux de culte ou les deux. La niche souvent observée dans la partie basse, semblable à une porte, aurait servi de réceptacle à la statue de culte de la déesse, probablement Cybèle. Les façades présentent des problèmes de datation, elles ont pour certaines (ainsi le tombeau de Midas) été datées de la fin du VIIIe siècle en fonction de l'épigraphie de l'inscription 1182 .L'inscription n'est pas obligatoirement contemporaine de la sculpture ainsi la façade de la ville de Midas a été datée du dernier tiers du VIIIe siècle selon Haspels 1183 , de la fin du VIIIe ou du début du VIIe selon Gabriel 1184 , de la fin du VIIe ou du début du VIe selon DeVries 1185 , du début du VIe selon Bossert 1186 , du VIe selon Akurgal 1187 . Il nous semble difficile d'établir une datation avec certitude étant donné le manque de stratigraphie. Les autres façades sont plus ambiguës et ne possèdent pas d'indices archéologiques pour faciliter leur datation malgré des inscriptions 1188 . Aucune ne semble antérieure aux invasions cimmériennes, donc contemporaine de Midas. Prayon propose de dater la sculpture de ces façades entre le VIIe et le VIe siècle, correspondant à la phase phrygienne tardive 1189 . Nous ne présenterons pas les caractéristiques générales de ces façades à cause de leur datation tardive mais nous tenons à rappeler qu'elles trouvent des parallèles avec les graffiti qui s'étendent sur les murs du Mégaron 2 à Gordion 1190 . Les élévations des édifices de Gordion seraient semblables à ces façades avec un toit à double pente et un mur pignon peut-être décoré de peintures ou de reliefs géométriques comme à Yazılıkaya 1191 . Les données sur l'architecture phrygienne 1192 tendent à prouver que les édifices étaient couverts de toit à double pente avec des acrotères comme sur la représentation de la figure 20, mais il apparaît que les pratiques architecturales perdurent après les invasions cimmériennes.
La fonction des façades est inconnue, plusieurs études 1193 publiées récemment font le point sur les différentes interprétations de ces monuments. Toutes les interprétations des puits se trouvant derrière les façades ne sont pas satisfaisantes. S. Ersöy suggère qu’ils aient pu être utilisé pour transmettre de la lumière, de la fumée ou pour l’observation 1194 . La façade de Midas n'est, selon Brixhe, ni une tombe ni un cénotaphe mais pourrait être un monument cultuel commémoratif 1195 . La niche, dans la porte pl. 14, qui se retrouvent sur toutes les façades qu'elles représentent ou non une maison, aurait servi de réceptacle à une statue de Cybèle 1196 . Les reliefs liés au culte de Cybèle seraient à Ankara, Etlik, Bahçelievler, Gordion et Boğazköy, ils différencient des façades de maison que l'on trouve à Arslankaya/Afyon et à la ville de Midas. Les deux types de reliefs seraient selon Işık liés au culte 1197 .
La façade de la ville de Midas présente un décor géométrique très complexe qui n'est pas sans rappeler la céramique peinte de Gordion au VIIIe siècle. Si cette façade était datée du VIIIe siècle, comment pourrions nous interpréter les autres édifices rupestres ? Il nous semble à ce jour impossible d'apporter une datation précise et une interprétation définitive de leur fonction.
Cf. Pl. 69. Carte de répartition des sculptures.
Cf. Pl. 20. Façade du “Tombeau de Midas”. GABRIEL, 1965, 69 ; HASPELS, 1971, 289 ; BRIXHE, LEJEUNE, 1984, 6. Cf. 3. 6. 1. Yazılıkaya.
HASPELS, 1971, 104.
GABRIEL, 1965, 71.
BRIXHE, LEJEUNE, 1984, 6.
BOSSERT, 1942, 82.
AKURGAL, 1961, 121.
Cf. Chap. 3. Les sources écrites. 3. 6. Les inscriptions phrygiennes
PRAYON, WIRRKE, 1994, Karte 3. YOUNG, 1978, 9-24. IŞIK, 1987, 163-178.
Cf. 4. 2. 1. Gordion.
Ibid.
Cf. Chap. 4. Architecture de l'habitat et stratigraphie.
En cour par S. Ersöz, Institut britannique d'archéologie d'Ankara. IŞIK, 1987, 163-178. MELLINK, 1981, 96-104. NAUMANN, 1983. deFRANCOVICH, 1990. BERNDT-ERSÖY, 1998, 87-112.
BERNDT-ERSÖY, 1998, 87-112.
BRIXHE, LEJEUNE, 1984, 6.
Ibid., 8. AKURGAL, 1955, 46 ; 1961a, 86.
IŞIK, 1987, 178.