7.3.3 Influence de la catégorie

7.3.3.1 Influence globale

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Figure 28 : Graphe des moyennes d’occurrences de chaque catégorie. Comparaison Témoins / Patients, * = différence significative à p = .05
Tableau 34 : Moyennes d’occurrences de chaque catégorie.
Fruits * Légumes * Poissons * Insectes * Outils * Meubles * Sciences Sports *
Témoins 0,283 0,28 0,318 0,285 0,335 0,278 0,347 0,198
Patients 0,635 0,446 0,67 0,547 0,571 0,533 0,429 0,507

Comparaison Témoins / Patients, * = différence significative à p = .05

L’analyse globale par catégorie n’est pas plus riche d’enseignements que l’analyse globale par consigne. L’écart entre les deux groupes est significatif pour toutes les catégories, sauf pour la catégorie des ’sciences’. Ce sont les catégories ’fruits’ et ’poissons’ qui incitent les ’patients’ à la produire le plus grand nombre de critères, alors que ce sont les ’sciences’ et les ’outils’ pour les ’témoins’. A l’inverse, chez les ’patients’, les catégories les moins favorisantes sont les ’légumes’ et les ’sciences’, alors que ce sont les ’sports’ et les ’meubles’ chez les ’témoins’. Ainsi, la catégorie des ’sciences’ encourage en moyenne la production du plus grand nombre de critères chez les ’témoins’ et du moins grand nombre chez les ’patients’. C’est la raison pour laquelle les deux échantillons ne se différencient pas pour cette catégorie.

De ce fait, il existe globalement un effet de catégorie pour les ’témoins’ (F (7,4011) = 2,434 ; p = .0173), comme pour les ’patients’ (F (7,4011) = 2,434 ; p = .0232). Pour l’échantillon ’témoins’, l’écart est significatif entre les ’meubles’ d’une part et les ’poissons’ (F (7,4011) = 2,434 ; p = .0114), les ’sciences’ (F (7,4011) = 2,434 ; p = .0022) et les ’outils’ (F (7,4011) = 2,434 ; p = .004) d’autre part. De la même manière, on relève des écarts significatifs entre les ’sports’ et les ’poissons’ (F (7,4011) = 2,434 ; p = .0311), les ’sports’ et les ’outils’ (F (7,4011) = 2,434 ; p = .0136), les ’sports’ et les ’sciences’ (F (7,4011) = 2,434 ; p = .0072).

Chez les ’patients’, les différences significatives concernent l’écart entre les ’poissons’ et les ’légumes’ (F (7,4011) = 2,320 ; p = .0071), les ’sciences’ (F (7,4011) = 2,320; p = .0037), les ’sports’ (F (7,4011) = 2,320; p = .0497) et les ’meubles’ (F (7,4011) = 2,320; p = .0096). De même l’écart est statistiquement significatif entre les ’fruits’ et les ’légumes’ (F (7,4011) = 2,320 ; p = .0229), les ’sciences’ (F (7,4011) = 2,320 ; p = .0130) et les ’meubles’ (F (7,4011) = 2,320; p = .0299).

Une ANOVA à un facteur portant sur la différence entre les catégories montre que, chez les ’patients’, l’effet de catégorie porte en réalité uniquement sur les productions de connaissances socialisées (F (7,1428) = 4,314 ; p = .0001). L’analyse a posteriori révèle que cette différence est due au statut particulier des catégories ’fruits’ et ’poissons’ d’une part et ’sciences’ et ’meubles’ d’autre part. En revanche, il n’existe pas de différence pour les représentations. On ne relève aucun effet de catégorie chez les ’témoins’, ni pour les connaissances socialisées, ni pour les représentations.

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Figure 29: Graphe des moyennes d’occurrences de chaque catégorie. Comparaison Témoins / Patients, * = différence significative à p = .05
Tableau 35 : Moyennes d’occurrences de chaque catégorie.
Fruits Légumes Poissons Insectes Outils Meubles Sciences Sports
Patients Connaissances 1,106 0,733 0,933 0,839 0,639 0,461 0,511 0,839
Patients Représentations 0,515 0,386 0,673 0,506 0,66 0,552 0,478 0,435
Témoins Connaissances 0,694 0,728 0,694 0,661 0,756 0,444 0,806 0,489
Témoins Représentations 0,117 0,093 0,179 0,139 0,176 0,068 0,17 0,08

Comparaison Témoins / Patients, * = différence significative à p = .05

Enfin, une ANOVA à un facteur portant sur les différences entre connaissances et représentations, montre que chez les ’patients’, les seuls écarts significatifs portent sur la catégorie des ’fruits’ (F(1,70) = 7,914 ; p = .0064), des ’légumes’ (F(1,70) = 8,331 ; p = .0052) et des ’sports’ (F(1,70) = 7,493 ; p = .0078). Chez les ’patients’, la même analyse avère des différences significatives sur toutes les catégories : ’fruits’ (F(1,70) = 18,397 ; p = .0001), ’légumes’ (F(1,70) = 16,382 ; p = .0001), ’poissons’ (F(1,70) = 14,220 ; p = .0003), ’insectes’ (F(1,70) = 11,030 ; p = .0014), ’sciences’ (F(1,70) = 6,996 ; p = .0101), ’sports’ (F(1,70) = 11,906 ; p = .0010), ’outils’ (F(1,70) = 13,318 ; p = .0005), ’meubles’ (F(1,70) = 7,726 ; p = .0070).

En résumé : chez les ’témoins’, la catégorie n’exerce pas d’influence sur les connaissances socialisées et les représentations, prises séparément. En revanche, la différence entre connaissances socialisées et représentations est significative quelle que soit la catégorie.

Chez les ’patients’, les catégories ’fruits’ et ’poissons’ favorisent l’expression des connaissances socialisées et la différence entre connaissances et représentations, est sous l’influence de la catégorie des ’fruits’, des ’légumes’ et des ’sports’.

Nous allons désormais tenter de retrouver les prédictions de Hampton, Dubois et Yeh, quant à l’influence de la catégorie sur les différences entre les consignes. Nous approfondirons pour chaque condition, l’influence de la catégorie. En effet, l’analyse globale de l’effet de catégorie ne rend pas compte de la prééminence de la consigne. C’est le changement de condition qui a présidé au tri entre les différents sous-groupes de sujets. Si un effet de consigne existe, il doit essentiellement se manifester à l’intérieur de chacun de ces sous-groupes, c’est-à-dire pour chaque condition.