2 - La lecture autobiographique

L’amalgame entre modèle et personnage peut être plus ou moins justifié et plus ou moins ludique de la part de l’artiste lorsqu’il affirme le caractère diabolique de son ami. Il reste dans ce contexte assez respectueux de l’oeuvre pour conserver une certaine harmonie entre illustration et allégorie biographique. Encore faut-il que la subjectivité de l’artiste, exaltée par ce voisinage proche entre littérature et témoignage personnel, ne l’entraîne pas dans des détournements de texte. Tentation d’autant plus forte dans les autoportraits, où l’artiste abandonnant le recul que procure l’illustration se confond avec les héros et lit la pièce comme une mise en scène de sa propre vie.

C’est cette tendance à la lecture autobiographique qui se révèle en effet être la clef des écarts d’interprétation du texte. Dans la scène de La Mort d’Åse (fig. 87-89), la démarche de l’illustrateur qui se démarque de l’auteur pour imposer sa vision personnelle de l’événement, s’éclaire à la lecture des autres versions à forte tendance autobiographique.