C. Indépendance des alternatives, indépendance des individus

L’existence d’une dépendance entre certaines alternatives est une réalité, mais aussi une remise en cause directe de la propriété I.I.A. : l’invariance des échelles de préférence des individus quand l’offre varie apparaît particulièrement irréaliste.

D’autres formulations permettent de s’affranchir de cette propriété. Améliorer la pertinence s’oppose, donc, ici directement à la cohérence interne du modèle logit, puisque les solutions proposées consistent à changer de structure.

Le modèle dogit constitue une amélioration théorique certaine. De plus, ses avantages de mesurabilité (estimation par les techniques standards) sont similaires. Mais son application ne semble pas avoir révélée jusqu’à présent de réelle supériorité.

Cette dépendance des alternatives se retrouve également dans leur “ image ” qui aboutit à des biais modaux. Ces derniers semblent dépendre de la situation de l’individu vis-à-vis d’un groupe social (l’usage de l’automobile est encore un signe d’aisance, de modernisme, de dynamisme…). Ainsi, la consommation d’un individu est dépendante du mode de consommation des autres, ne serait - ce que par leur appartenance à un groupe social.

Les deux problèmes sont liés : l’interdépendance des choix des individus débouche sur une dépendance des alternatives en terme d’image sociale.

Enfin, au niveau technique, l’interdépendance des choix des individus ne fait aucun doute. La capacité du système des transports étant limitée, il est nécessaire que certains usagers se déplacent en transports collectifs pour que d’autres puissent se déplacer en automobile. Contrairement au modèle, l’équilibre offre - demande est essentiellement dynamique.

Il en va de même au sein d’un ménage : l’offre est “ mobile ” ; les choix modaux de deux actifs d’un ménage monotorisé sont largement dépendants. Or, pour la cohérence, l’indépendance devrait être assurée : l’observation des comportements est interprétée comme un échantillonnage de tirages indépendants.

Bilan sur les hypothèses de base. Ainsi, la réalité apparaît être celle d’usagers :