1. 2. 2. LA THEORIE DES PERSPECTIVES

Kahneman et Tversky (1979) ont apporté deux modifications importantes à la théorie classique pour proposer une théorie prospective de la décision en situation risquée.

1. 2. 2. 1. La fonction de valeur

Selon la théorie classique, les sujets évaluent les gains et les pertes associés à chaque option dans l'absolu et non par rapport à un certain nombre de points de référence, comme leur situation actuelle. Or, dans la théorie des perspectives, les gains et les pertes associés à chaque option sont respectivement conçus comme des déviations positives et négatives par rapport à un état de référence dont la valeur psychologique est neutre. A partir du point de référence, la valeur subjective d'un gain correspond à une fonction concave de l'ampleur de ce gain, tandis que la valeur subjective d'une perte correspond à une fonction convexe de la taille de cette perte (cf. figure 11).

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Figure 11 — La fonction de valeur (d'après Kahneman & Tversky, 1979).

La pente de la fonction des pertes est également plus aiguë que celle des gains. Cette asymétrie signifie l'aversion par rapport aux pertes : la réponse à l'égard des pertes est plus extrême que celle à l'égard des gains, traduisant la sensation qu'il est plus pénible de perdre qu'il n'est agréable de gagner (les gains et les pertes ne sont donc pas pondérés de la même façon). Par exemple, l'idée de perdre 100 F est beaucoup plus négative que celle de gagner 100 F est positive.