5. Fidélité aux principes du libéralisme en matière de politique internationale

Il semble donc que l’on puisse distinguer une sorte de chaîne qui reliait Hobhouse au gouvernement libéral de 1914, par l’intermédiaire de maillons tels que Scott et Lloyd George, qui partageaient un même idéal pacifique. Mais la proximité avec les deux hommes était, on le sait, loin de former le seul lien de Hobhouse avec le parti libéral. Son attachement à celui-ci provenait surtout de sa position historique en matière de politique étrangère. Ainsi Hobhouse était attaché au parti libéral, plutôt qu’à une organisation d’inspiration socialiste comme le parti travailliste ou la société fabienne, notamment parce qu’il soupçonnait certains de ses membres les plus influents (Shaw et les Webb) d’impérialisme. Le progrès éthique qui inspirait à l’auteur son optimisme d’avant guerre était, en effet, conçu comme un progrès mondial et nécessitait que les relations entre les nations soient moralisées.

La pensée hobhousienne a toujours été fortement tournée vers une forme d’internationalisme, et celui-ci constitue un pan indissociable du système d’organisation sociale, au même titre que l’organisation à l’échelle nationale présentée dans notre deuxième partie. La réaction de l’auteur aux événements de 14-18 s’inscrit donc dans le cadre de son analyse des relations internationales, laquelle s’élaborait explicitement à partir du gladstonisme qui, dans le cadre du processus d’appropriation des grandes figures du libéralisme (le discours autogène sur les influences exposé en première partie), correspond à la vision internationaliste hobhousienne.