1.1.1 Les cassures proximales

Parmi les 66 cas identifiés, huit peuvent être attribués avec plus ou moins de sûreté à des cassures récentes141. L’effectif retenu est donc de 58 lames polies sur 1969. Deux types de cassures proximales sont discernables. Le moins fréquent, relevé dans treize cas, est l’enlèvement d’un petit éclat sur un angle qui ne modifie guère la forme générale de la lame polie. Mais plus souvent (45 cas) un grand éclat se détache et fait ainsi disparaître complètement le sommet. Dans treize cas (soit 22 %), le sommet endommagé a été refaçonné par taille (ex : pl. 54 n° 1), par bouchardage (ex : pl. 45 n° 5) ou par polissage partiel ou intégral, sans doute pour faciliter un nouvel emmanchement. Les causes de ces cassures sur l’extrémité passive de la lame polie sont difficiles à percevoir. Peut-être s’agit-il d’accidents involontaires lors du désassemblage de lames emmanchées directement et traversant le manche : un coup porté sur l’extrémité afin de débloquer la lame pourrait entraîner parfois le détachement d’un éclat sur le sommet. La répartition chronologique des exemplaires datés n’appelle pas de commentaire. Au Néolithique moyen II, cinq cas sont recensés contre huit au Néolithique final. Tous sauf un sont des éclats importants ayant endommagé la totalité du sommet.

Notes
141.

Par récente, nous entendons une cassure dont la patine est beaucoup moins développée que sur le reste de l’objet, y compris sur les autres cassures, ce qui indique une mise en place postérieure à sa période d’utilisation. Ce type de cassure est inconnu pour les objets provenant de fouilles, sauf accident (coup de pioche...) et doit être attribué à des chocs subis lors du déplacement de l’objet dans le sol (labours, charriage, ...). Il est en outre probable que pour certaines pièces anciennes de musée une cassure ait été volontairement effectuée pour pouvoir observer une surface exempte de patine et ainsi identifier la roche.