2.2.1.3. Les performances de sujets anxieux à des tâches d’empan et de vérification de phrase

Dans une étude visant à vérifier l’effet de l’anxiété trait sur les capacités de stockage et de traitement en MDT, Darke (1988) a testé les performances de sujets anxieux et non anxieux à des tâches d’empan de chiffres et de vérification de phrases. Dans la première tâche qui mobilisait uniquement les capacités de stockage, les sujets devaient rappeler immédiatement dans l’ordre sériel des listes comprenant entre 3 et 9 chiffres. Dans la seconde tâche, inspirée du paradigme d’empan de lecture de Daneman et Carpenter (1980), les capacités de stockage et de traitement étaient requises car il était demandé aux sujets de vérifier le caractère vrai ou faux de phrases dont le dernier mot devait être maintenu en mémoire pour être rappelé ultérieurement. Les résultats ont montré que pour la tâche d’empan numérique, la qualité du rappel des anxieux était nettement moins bonne que pour les non anxieux. Pour la vérification de phrase, les performances au rappel des derniers mots de chaque phrase étaient également plus faibles chez les anxieux. Darke (1988) a interprété ces données à la lumière de la théorie d’Eysenck, avançant l’idée que l’anxiété altérait à la fois le fonctionnement de la boucle phonologique et de l’exécuteur central de la MDT. L’altération des performances étant la conséquence du détournement des capacités de traitement vers les informations non pertinentes produites par l’anxiété (inquiétudes ou pensées intrusives), au détriment de la tâche en cours. La chute des performances à la tâche d’empan numérique constitue un argument supplémentaire en faveur de l’hypothèse d’Eysenck (1982, cité dans Darke, 1988) selon laquelle l’anxiété affecterait la composante phonologique et articulatoire de la MDT et par conséquent les opérations de maintien de la trace en mémoire.