II.3 La Profondeur

II.3.1 Marché global

Les capitaux traités

Le volume global des capitaux échangés sur la période 1990-2000 a évolué de la même manière que la capitalisation boursière. Dans ce sens, après une période de croissance soutenue allant de 1990 à 1993 profitant essentiellement au marché hors cote, le marché secondaire montre une évolution spectaculaire en 1994 et en 1995.

D’une part, le volume des échanges atteint le niveau substantiel de 927 millions de dinars. D’autre part, les transactions ont porté sur des valeurs de la cote pour la première fois de l’histoire de la bourse tunisienne.

Cependant, les transactions se sont raréfiées en 1996 en dépit de l’introduction de six nouvelles sociétés et malgré la baisse du taux du marché monétaire. Ainsi, les échanges ont régressé sur tout le marché et la cote de la bourse a fini l’année 1997 avec seulement 287 millions de dinars.

En 1998, les échanges reprennent activement sur le marché global et amènent le niveau des capitaux traités à 929 millions de dinars. Cette reprise a essentiellement touché le marché hors cote qui a profité d’une enveloppe de 663 millions de dinars imputables à des opérations d’enregistrement suite à la privatisation de deux cimenteries. En revanche, le marché permanent continue à régresser pour atteindre le niveau de 234 millions de dinars, soit une perte de 70% par rapport à 1994.

La deuxième baisse du taux de marché monétaire annoncée en 1999 ainsi que l’introduction durant la même année de six nouvelles sociétés semble apporter un nouveau souffle au marché secondaire. Les échanges reprennent alors activement et le marché totalise 552 millions de dinars à la fin de 1999. La reprise des échanges se consolide durant l’année 2000 et le volume des transactions culmine à 1804 millions de dinars en privilégiant légèrement la cote de la bourse avec 919 millions de dinars de transactions.

Figure 14 : Capitaux traités (en millions de dinars)
Figure 14 : Capitaux traités (en millions de dinars)

De la même manière que la capitalisation boursière, l’évolution du volume des échanges dans le cas tunisien reste en dessous du niveau réalisé sur la bourse marocaine.

En fait, le volume des transactions sur le marché marocain a connu une évolution positive sur l’ensemble de la période 1993-1999 à l’exception de l’année 1996 où les capitaux échangés enregistrent un recul de 375 millions de dollars.

Figure 15 : Rotation des capitaux sur la bourse de Tunis et la bourse de Casablanca
Figure 15 : Rotation des capitaux sur la bourse de Tunis et la bourse de Casablanca

Néanmoins, les taux de rotation des capitaux 98 sur les deux marchés demeurent presque similaires. Dans le cas marocain, la rotation des capitaux a évolué entre 19% et 40% entre 1990 et 1998 avec un saut en 1995 en enregistrant un taux exceptionnel de 46%. Quant au cas tunisien, ce rapport a enregistré une évolution similaire en allant de 16% en 1993 à 38% en 1998 avec une baisse exceptionnelle en 1996 où la liquidité en terme de rotation des capitaux est revenue au niveau de 16%.

Après une légère récession en 1996, le marché marocain se ressaisit. La reprise des échanges en 1998 est attribuée à la réduction de la commission perçue au titre des transactions, ramenée de 0.39% à 0.24%. La décision de réduire le coût de transaction sur le marché marocain a également englobé les redevances touchées sur les opérations d'introductions et de centralisation des OPV.

En revanche, les actions entreprises à l’égard du marché boursier tunisien sont d’ordre fiscal. En effet, après avoir réduit le taux du marché monétaire d’un point (de 6.875% à 5.875%) en février 1999, les autorités tunisiennes décident en juillet 1999 de baisser le taux d’impôt sur les bénéfices pour les sociétés qui s’introduisent en bourse et ce durant cinq ans à partir de leur date d’admission. De plus, un plan d’épargne en actions a été institué. Il apporte à son titulaire un dégrèvement fiscal des sommes collectées dans une limite de 5000 dinars et à condition qu’elles ne dépassent pas 50% de l’impôt redevable.

Notes
98.

Le ratio de rotation des capitaux équivaut au montant des capitaux échangés rapporté à la capitalisation boursière. De même, le taux de rotation des titres rapporte le nombre des titres traités au nombre total des titres admis.