4.1.1 La prévention sociale globale, ou prévention primaire

Prévenir vient du latin praevenire, qui signifie “devancer”, aller au devant de quelque chose, pour l’empêcher de se produire.

La prévention : du latin praeventio désigne l’ensemble de mesures prises en vue d’éviter les accidents, les maladies, etc ... Le risque encouru détermine donc le type de prévention : en ce qui nous concerne, c’est le risque d’inadaptation sociale. Le domaine social est vaste : santé, scolarité, loisirs, éducation, culture, travail, transports, sécurité, police, justice, etc ... Il faut viser à éviter l’exclusion, tout en favorisant l’intégration sociale, en devançant les ruptures au sein des groupes humains.

La prévention sociale, au sens global, s’intéresse à toutes les actions devant contribuer à éviter les ruptures sociales qui pourraient être stigmatisées par les symptômes de l’inadaptation sociale : la délinquance et la déviance en général. Si la délinquance est une déviance, toute déviance n’est pas obligatoirement délinquante. Il n’existe non pas une déviance mais plusieurs “types“. Dans le contexte social, il semble important de bien les différencier, pour en évaluer les risques. C’est au regard de cette évaluation qu’il faut cerner le type de déviance qui mettra en péril l’équilibre social. L’accumulation des risques d’accroissement de la misère, de la paupérisation, de la violence, de la drogue, du manque de formation, du chômage et les risques de marginalisation et de délinquance ont fait apparaître peu à peu la nécessité d’une prévention.Toutes les structures sociales, de la plus petite, la famille, à la plus grande, l’Etat, ont pour rôle le maintien et la garantie des règles sociales communes. C’est ce que l’on appelle la prévention générale. Elle correspond à une réponse sociale aux risques que notre société peut rencontrer.

Parmi ces structures sociales figurent les institutions, au sens très large, avec leur capacité de gérer les dysfonctionnements sociaux ; la prévention générale concerne en premier lieu la communauté et son organisation : La politique socio-économique, la politique de l’éducation et de la jeunesse, la politique de santé publique, la politique d’action sociale, la police et la justice, la politique socioculturelle, la politique de l’urbanisme, etc ... Avec la mise en place de la décentralisation, les régions, départements et communes ont leur responsabilité engagée. Au niveau local, cela concerne toute la politique d’urbanisme de la ville, les secteurs des loisirs, de la culture, de l’animation globale (centres de loisirs, MJC, centres sociaux), Assistantes sociales de secteur, médecins, PMI, écoles, collèges et lycées et tout individu de la cité, c’est à dire nous tous en tant que citoyens. Lorsqu’il y a échec de ces différents acteurs, un recours est exercé auprès des institutions sociales spécialisées.