3.6.1 : Évaluation des progrès dans le temps

Afin d’évaluer les progressions, les praticiens du PEI ont utilisé la méthode test retest, figures de Rey, échantillons LPAD et ont comparé les évolutions entre le temps T (Décembre 1990) et le temps T1 (Juin 1991), T2 (Décembre 1991). La succession des phases permettait d’observer la modifiabilité. D’autres paramètres ont été retenus, notamment la capacité des apprenants :

- à produire un écrit simple

- à donner des informations intelligibles : lecture, consignes, mode d’emploi à exprimer un point de vue personnel argumenté Cela leur permit de déclencher des situations de communication, d’échanges, d’expression orale et écrite, d’interactions sociales et des processus d’adaptation à des situations nouvelles.

C’est dans une conjoncture difficile de concertation avec l’école primaire que s’est mise en place une réflexion relative aux divers axes de travail qu’impose l’insertion scolaire des populations du voyage :

  • Dédramatiser les échecs scolaires antérieurs ,
  • Découvrir, redécouvrir, et maîtriser des bases opératoires : lecture, calcul, et géométrie.

L’accueil privilégié, un lieu repéré, la disponibilité, la souplesse quant au suivi sont autant d’éléments qui ont renforcé la pédagogie adaptée de ces interventions. De même, cette proximité des lieux et le partenariat avec les enseignants et le G.A.P.P ont multiplié les fréquences de relations et, souvent, permis d’instruire les projets individuels dans une durée d’accompagnement, gage important de réussite avec le public visé.

Ce partenariat avait donc pour objectif de :

  • Donner à chaque enfant les moyens de se construire un répertoire des savoirs ou de savoirs-faire au fur et à mesure qu’ils se constituaient ou se structuraient.
  • D’améliorer l’image qu’ils avaient d’eux mêmes.
  • De donner priorité aux processus d’apprentissage plutôt qu’aux contenus.
  • De permettre une meilleure insertion scolaire.
  • De fournir des compétences transférables en matière d’évaluation et d’auto-évaluation.
  • D’adapter leur scolarité à leurs difficultés.
  • D’établir une relation avec des éducateurs dans un espace de rencontre nécessaire pour cette population par trop privée de ce type d’opportunité.
  • De donner la possibilité de travail en groupe ou individuellement ...

Cette nouvelle pédagogie représenta une rupture avec le fonctionnement et le rythme qu’ils ont vécu comme échec dans leur cursus scolaire, l’intervention plus spécifique des travailleurs sociaux de la Sauvegarde pe

rmettant :

  • Des espaces de rencontre, de découverte.
  • Des espaces de relations privilégiées.
  • Des espaces qui fonctionnent sur une image et résultat positif.

En résumé, l’idée générale fut de maîtriser les apprentissages avec, comme support principal, le Programme d'Enrichissement instrumental et l’apprentissage médiatisé :

  • Par la mise en place de petits groupes de niveau sur des horaires souples.
  • Sur des instruments adaptés, (planches de travail , organisation de points, orientation spatiale, comparaison, perception analytique, consignes, illustrations.)
  • A partir de ces bases et de leur assimilation, accommodation et également transposition sur l’enseignement plus traditionnel : lecture, écriture, calcul.

L’idée de cette action était donc le souci d’être au plus près des enfants et de rapprocher les parents de l’Ecole. Cela nécessita un accueil individualisé et une pédagogie par objectifs, avec le souci constant de respecter leur rythme d’apprentissage. En aucun cas, nous n’avons voulu concurrencer les enseignants, mais seulement permettre une première étape, à nos yeux indispensable, de revalorisation et de mise en confiance de cette population, avec des outils simples, dont l’objectif est d’apprendre à apprendre.