2 ème paradoxe : Ou le social utile est hors du champ institutionnel

Comme nous l’avons vu précédemment, il est important et paradoxal de constater que, parmi les populations en difficulté, certains vivent un tissu social particulièrement riche malgré la déliquescence du lien social. Ils développent toutes sortes de relations et trouvent des point d’ancrage avec d’autres personnes reconnus : commerçants, médecins, pharmaciens, etc... à partir desquels se développe un ensemble de relations d’aide.

Le “coup de main“ donné ici n’a rien à voir avec le système social qui réclame des garanties, il met l’accent sur la reconnaissance de la personne en tant qu’objet social. Pourtant, quelque chose se joue sur un plan analogue : la relation d’aide, mais sur un plan horizontal, et non pas comme tentative d’une classe sociale sur une autre. Toutefois, c’est peut-être ici que l’aide devient efficace, car elle n’est pas le produit d’un système, mais une action ponctuelle, évitant par là la constitution d’un statut d’assisté.

L’objet réel du social est sans nul doute dans le renversement de la proposition et non dans les réponses institutionnelles d’aujourd’hui qui figent des situations et interdisent tout changement dans la population concernée. En effet, elles créent des possibilités collectives sans laisser ces populations élaborer elles-mêmes des solutions économiques et culturelles appropriées. Pourquoi ne pas considérer les dépenses sociales comme des capitaux incitateurs d’activités ? La Prévention Spécialisée et l’Action Sociale devraient pouvoir se situer dans cette dimension d’induction, le savoir étant un investissement vecteur d’autonomie.