5.1 : Société en crise et changement de société

5.1.1 : Vers une fracturation des rapports sociaux

Nous assistons, depuis plusieurs années, à des transformations sociales importantes. Le développement du chômage a précarisé les familles et fait apparaître de nouvelles formes d’exclusion, par le logement, la santé, l’école.... Dans le même temps, les valeurs défendues dans la société ne sont plus les mêmes qu’hier. La société de consommation repose davantage sur des valeurs économiques et de rentabilité. La reconnaissance sociale qui passait par la valeur travail n’a plus le même sens pour une partie de la population .

L’existence de quartiers “ghettos” dans lesquels sont concentrées des populations rencontrant les mêmes types de problèmes, confrontées à la même réalité sociale, ne fait qu’accentuer la précarité et stigmatiser des individus. La croissance économique de retour semble avoir pour effet une amélioration du niveau de vie de certains, et une précarisation plus importante des exclus du système, qui ont perdu leur emploi ou n’ont pas encore eu la possibilité d’en trouver un.

La crise économique est en effet présentée comme la cause de tous les maux. Cet alibi, longtemps utilisé, ne permet-il pas de cacher la vraie réalité, à savoir l’incapacité de repérer ou le refus de dire les vraies transformations sociales dans une société où le plein emploi ne pourra plus être la solution pour garantir le bien-être de chacun ? La nécessité d’analyser ces changements, de s’interroger pour repenser un projet de société qui permette de poser les enjeux de demain, et ainsi, à chacun de trouver sa place se fait impérieusement sentir

La précarisation des familles et la non-reconnaissance amènent à un repli sur soi et à une sorte de renoncement fataliste à participer à la vie sociale et politique. Cela semble très grave pour une société, si une partie croissante de la population ne se sent plus concernée par sa construction et se laisse dériver vers la marginalité. Les quartiers dits “fragilisés” révèlent les dysfonctionnements existants. Nous pouvons constater une dégradation du tissu social et une incapacité de plus en plus importante des institutions à y apporter une réponse.