CHAPITRE VIII - LES TABLEAUX DE LA POLLUTION : CONTRIBUTIONS POUR L’ÉTABLISSEMENT DE LA TERMINOCLATURE DE LA POLLUTION EN FRANÇAIS ET EN PORTUGAIS

En préambule, considérons qu’une terminoclature 632 est, en Terminologie, la structuration des unités terminologiques à l’intérieur d’un domaine spécialisé. Nous avons vu précédemment que la première démarche à effectuer est d’acquérir la compétence cognitive. Dans le cadre de notre étude, il a fallu toute une approche à visée historique (éditologique, épistémologie et terminologique) et interdisciplinaire pour comprendre l’évolution et l’état du domaine d’expérience de la pollution dans les deux langues analysées. Sans cette approche, la structuration des champs terminologiques aurait été incomplète et manquant de rigueur. On peut judicieusement identifier un domaine grâce aux champs terminologiques qui le structurent 633 .

Ce chapitre analyse préalablement des termes en tant qu’unités de connaissance de la pollution. Ainsi, nous sommes en présence d’une représentation de la structuration du monde spécialisé du domaine de l’étude. Cette perspective rend possible l’accès à la connaissance du domaine. Il s’avère que ces unités sont également des unités d’expression et de dénomination (la chose et le nom) dans le domaine de la pollution. Elles apparaissent ici comme des moyens de transmission d’un savoir spécifique (cf. II Partie). Enfin, ces unités peuvent être analysées en tant que signes linguistiques, sous-ensemble du système lexical et morphosyntaxique de la grammaire du français et du portugais, s’intégrant, à ce titre, dans le processus d’acquisition d’une compétence spécialisée ou de l’acquisition d’un savoir par un locuteur.

Les différentes étapes d’analyse des unités terminologiques énoncées ci-dessus doivent tenir compte de leur triple nature : cognitive, dénominative et significative ainsi que de leur triple fonction de représentation de connaissances, de dénominations de concepts et de significations dans l’énoncé spécialisé. À partir du schéma sémiotique d’Ogden et Richards 634 on peut, par cettte procédure, remarquer l’importance qu’il faut accorder aux différentes perspectives et aux différents rapports avec lesquels un “mot” peut être analysé.

C’est en tenant compte de ces spécificités que la Terminologie insiste sur les notions de champs conceptuels et de champs terminologiques. Ces deux notions constituent le fondement et en quelque sorte la justification de ce qu’on appelle la compétence méthodologique en analyse terminologique.

Le champ conceptuel désigne en effet l’ensemble des concepts qui ont des affinités thématiques, souvent groupés au sein d’un concept-clé.

Quant au champ terminologique chez Kocourek (1982 : 68), il désigne l’ensemble des termes recoupés de manière objective et structurée, liés par des relations formelles et/ou sémantiques. Le champ terminologique reflète le champ conceptuel. Généralement il est admis qu’un système conceptuel est construit à partir de plusieurs champs conceptuels, eux-mêmes représentés par plusieurs champs terminologiques.

Notes
632.

Ce fut A. Reichling qui a défini, le mieux, terminoclature : structuration des termes à l’intérieur d’un domaine. Il ne s’agit donc pas d’une simple nomenclature. Les unités terminologiques qui sont autant d’unités de connaissance, représentent les dénominations des concepts (et dans le niveau le plus spécialisé, les concepts scientifiques et technologiques).

633.

Voir Bibliographie, notamment, A. le Bars.

634.

La chose ou référent, le concept/signifié et la dénomination ainsi que les différents rapports privilégiés, comme par exemple : la relation concept-chose, la relation chose-dénomination, la relation nom-signifié. Ce triangle représente une reformulation de préoccupations “linguistiques” plus anciennes. Pour St Augustin Verbum-dicible-res, pour la scolastique Vox-conceptus-res, pour es logiciens de Port Royal Nom-idée-chose.