1.2.2.2 La représentation du psautier d’Otbert (ms. 20, Boulogne-sur-Mer)

Le psautier glosé d’Otbert présente une série d’instruments avec des textes descriptifs et en particulier une cloche. Ce court texte nous précise que dès l’An Mil, le battant est vu comme la langue de la cloche (voir Annexe II). Dans cette conception, la cloche est donc déjà largement assimilée à un être humain. A ce titre, la musique qu’elle émet peut donc se comparée à une musica humana et donc figurer dans les églises. Cette artifice théorique permet à la cloche de devenir un véritable instrument d’église. De plus, la cloche est présentée au cœur des autres instruments, en milieu de page, montrant qu’elle est d’ores et déjà un instrument de musique à part entière et non plus un simple objet d’appel.

Les vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse constituent le second grand type de représentations d’instruments de musique. On les rencontre entre autres dans la sculpture monumentale sur les tympans des églises. Mais ils utilisent presque uniquement des cordophones et pas de cloches. Ces représentations ne nous fournissent donc aucune information.

Aucune évidence de la pratique du carillon ne peut être fournie de façon irréfutable pour le Moyen Age. Les seules traces que nous en ayons sont les représentations figurant dans les psautiers et l’existence du carillon de Bethléem (voir les cloches romanes). Quelques textes (cf. infra 2.2.1.2 et 3.1.5) utilisent le terme carillon, mais sans que nous puissions dire véritablement s’il s’agit de musique ou plutôt d’une technique de sonnerie.