Les personnalités « pseudo-normales »

Les personnalités pseudonormales, ne se trouvent pas tellement structurées dans le sens névrotique ou dans le sens psychotique ; elles se constituent d’une façon fragile, selon des aménagements divers, pas tellement originaux, qui contraignent ces sujets afin de ne pas se décompenser dans la dépression.

Ces sujets jouent «aux gens normaux», souvent même davantage à « l’hypernormal », qui n’est autre que le besoin protecteur d’hypomanie permanente. Ces personnes luttent, avec enthousiasme, au nom d’un quelconque idéal ou d’un quelconque intérêt plus au moins idéalisé, tout simplement contre leur immaturité structurelle et leurs frustrations et contre la dépression dont le danger ne se trouve jamais écarté pour autant à tout coup.

En cas de traumatisme affectif plus au moins aigu, ces organisations peuvent soit (le plus habituellement) plonger dans la dépression, soit, parfois, évoluer vers une structuration plus solide et plus définitive de type névrotique ou psychotique. Cependant, leur état actuel ne peut sans restriction être appelé « normal », en dehors de tels accidents affectifs.

Ce genre d’organisation se comporte différemment des autres organisations, il ne bénéfice ni du statut névrotique des conflits entre le Surmoi et pulsions avec tous les compromis stables possibles, ni comme dans la lignée psychotique d’une opération de clivage du Moi. Dans ces organisations « limites », il y a une lutte continuelle pour maintenir dans un anaclitisme obsédant une assurance narcissique couvrant les risques dépressifs permanents.

En résumé, nous nous trouvons amenée à penser ce que C. David a constaté dans ses recherches59 que les deux fondements principaux de ces « pseudo-normaux » sont constitués par la défaillance narcissique et par l’échec de la répartition entre investissements narcissiques et objectaux.

Notes
59.

-C. DAVID, La perversion affective, in La sexualité perverse. Payot, Paris.