PREMIERE PARTIE : LA COMMUNAUTE

CHAPITRE I : FONDATIONS

Si Jeunesse de l’Eglise n’accède à la notoriété qu’en 1942, avec la publication du premier cahier, la naissance du mouvement est antérieure à cet événement. En effet, les années de la Communauté lyonnaise sont bien plus qu’une simple préhistoire de Jeunesse de l’Eglise, elles en forment la matrice et la substance même comme en témoigne l’article-manifeste qui ouvre le premier cahier, «Tâches d’aujourd’hui» et dont la réflexion s’appuie largement sur l’expérience vécue les années précédentes.

Dans la fondation de la Communauté, plusieurs éléments ont joué un rôle essentiel : il y fallut des circonstances particulières, un vivier de participants et surtout la rencontre de deux personnalités habitées d’une volonté forte de réaliser une expérience chrétienne de type communautaire dans un esprit nouveau : Jehanne Allemand-Martin et Maurice Montuclard. Jusqu’en 1944, date de l’éclatement de l’équipe originelle, les orientations fondamentales du mouvement seront le fait de l’une comme de l’autre et seul l’éloignement de Jehanne Allemand-Martin après la guerre - et donc son absence lorsque Jeunesse de l’Eglise défrayera la chronique - conduira à minimiser son rôle dans les années de la fondation. En définitive c’est moins l’antécédence des réflexions de Montuclard que le rôle qu’il a joué par la suite qui en fait la figure emblématique du mouvement.