3 : La dégémellisation et la question d’identité.

Si la première partie des Météores nous présente le bonheur gémellaire qui se rapproche tantôt de l’union originelle, tantôt du double narcissique, la deuxième partie du roman décrit la cassure de la cellule gémellaire. Cette cassure est due à de multiples facteurs, extérieurs et intérieurs à la relation gémellaire, liés entre eux par une force interactive. La période d’adolescence marquée par la disparition de leur mère Maria-Barbara, tout d’abord, joue un rôle important dans la dislocation du couple gémellaire, en introduisant la rupture avec l’enfance où régnait la fusion entre le monde et moi, l’Autre et le Même. Avec l’irruption de la conscience du moi qui caractérise l’adolescence, la difficulté de définir son identité dans la ressemblance gémellaire marquera le début de toute une série d’oppositions de Jean par rapport à son frère Paul. Nous nous proposons donc d’examiner la problématique du moi dans le double identique. Cette analyse intégrera des éléments tirés de quelques récits courts de Tournier, en particulier du Coq de bruyère où le double est un thème privilégié.