1-3 : L’inversion et l’effacement de latéralité.

Pour faire disparaître la différence entre la droite et la gauche, Tournier joue avec la proximité des contraires. Un bon exemple, à la fois troublant et provocant, de ce jeu de ressemblance des contraires est l’affinité profonde entre Dieu et Diable qui construit l’intrigue de Gilles et Jeanne. Alors que d’autres textes insistent sur la singerie de Satan qui inverse l’image de Dieu, Gilles et Jeanne joue sur la ressemblance qui rapproche Satan de Dieu. Ce roman très ambigu qui porte tout l’art de l’inversion tourniérienne mérite qu’on l’étudie de plus près pour savoir comment l’auteur utilise l’image du miroir et l’inversion pour arriver à une coïncidence de l’envers et de l’endroit.