CHAPITRE I.
Un prédicateur dominicain devenu cardinal

En parcourant les principales étapes de la vie de Hugues de Saint-Cher, nous sommes frappés par la complexité de sa personnalité: peu de ses contemporains ont mis en chantier des travaux aussi ambitieux avec autant de succès. De fait, Hugues de Saint-Cher avait une réputation manifeste parmi les frères de son Ordre. Au début du XIVe siècle, dans son anthologie dominicaine Guillaume de Werda range notre cardinal parmi les frères les plus prestigieux quand il appelle Hugues de Saint-Cher, Albert le Grand, Thomas d’Aquin et Nicolas Gorran « les quatre pharmaciens de la théologie du XIIIe siècle ». 2 Aujourd’hui, le nom de Hugues de Saint-Cher est à peine plus connu que celui de Nicolas de Gorran, à la différence d’Albert le Grand et de Thomas d’Aquin. Pourtant, Hugues de Saint-Cher (1190-1263), premier cardinal dominicain, était une figure de proue de son temps jouant un rôle déterminant par delà même son siècle. Si les noms de Thomas d’Aquin ou d’Albert le Grand sonnent avec plus d'autorité - pour ne mentionner que ces deux frères célèbres de l’Ordre des Prêcheurs -, il faut néanmoinsaccorder à Hugues une place importante en tant qu’exégète, théologien et prédicateur.

Cependant, pour mieux esquisser le parcours de Hugues au XIIIe siècle, nous rappellerons dans un premier temps - en ignorant délibérément de temps à autre le principe de la chronologie - les faits marquants de la vie de Hugues de Saint-Cher.

Notes
2.

Th. Kaeppeli, Scriptores Ordinis Praedicatorum Medii Aevi, t. 2. Romae, 1975, p. 172. n. 1678.