2. La production de sermons modèles par les frères mendiants à Paris

En effet, parmi les centres de prédication européens, aucun ne pouvait contester la suprématie de Paris qui produisit le plus grand nombre d'instruments de travail pour prédicateurs, dont des sermons modèles. Cette primauté en matière de prédication est due à deux raisons principales. D'une part, l'Université de Paris fut un important pôle d'attraction qui rassembla nombre de prêcheurs issus d'autres contrées. Ainsi, comme nous l'avons vu plus haut, de célèbres prédicateurs étrangers passèrent une partie de leur vie - et souvent non seulement leurs années d'études - à Paris. D'autre part - et cela distingue Paris de tout autre centre - cette ville assurait non seulement la production des aides pour le prêche, mais aussi leur diffusion avec le système de pecia de l'Université. En effet, les stationarii contribuèrent largement à la diffusion de nombreuses collections de sermons modèles qui n'étaient pas forcément l'œuvre d'universitaires. 393 David d'Avray affirme que les sermons modèles sont en tant qu'aide pour les prédicateurs et dans une moindre mesure seulement en tant que créations originales, d'une grande importance, surtout au regard de la communication de masse. Par conséquent, la ville où leur diffusion à grande échelle fut assurée est tout aussi importante que l'endroit où elles furent créées. 394

Les frères mendiants de Paris pratiquèrent tous le prêche, et ils furent naturellement tous demandeurs d'instruments de travail pour prédicateurs. En revanche, seuls quelques-uns d'entre eux contribuèrent directement à la production de ces outils. Certes, si l'on s'interrogeait sur cette proportion - c'est-à-dire le nombre des frères mendiants à Paris par rapport aux auteurs de sermons modèles et d'autres outils de prédication - nous constaterions bien vite que les estimations - ne fût-ce que pour le premier chiffre - son malheureusement très approximatives. Ainsi, les quelque cent vingt frères mendiants enseignant à l'Université, qui ont été recensés par le père Glorieux, ne sont qu'une infime partie de l'ensemble des frères fréquentant Paris au cours du XIIIe siècle. 395 Pour ce qui est des sermons modèles, ainsi que des autres instruments de travail produits à Paris, nous allons les énumérer dans les pages suivantes.

Quant aux auteurs mendiants de sermons modèles produits ou diffusés à Paris, nous pouvons citer - d'après David d'Avray - au minimum six frères des deux Ordres. 396 Le «catalogue assez sec des dominicains» est composé de Pierre de Reims, de Hugues de Saint-Cher et de Nicolas de Gorran, tandis que la tradition franciscaine parisienne est basée essentiellement sur Jean de la Rochelle, Bonaventure et Guibert de Tournai. 397

Pierre de Reims fut prieur du couvent Saint-Jacques entre 1227 et 1230 et provincial de France à deux reprises - en 1221 et de 1230 à 1233. Nommé évêque d'Agen, il a exercé ses fonctions jusqu'à sa mort survenue en 1247. 398 Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire la comparaison entre la carrière de Pierre de Reims et celle de Hugues de Saint-Cher, car elles dessinent une trajectoire similaire. Les carrières ecclésiastiques des deux frères commencent par la charge de prieur, continue par un double provincialat, afin d'aboutir à une haute fonction ecclésiastique: l'épiscopat pour Pierre et le cardinalat pour Hugues. Notons tout de même en filigrane qu'à la différence de Hugues de Saint-Cher, Pierre de Reims n'a jamais enseigné à l'Université.

Quant à la production oratoire de Pierre de Reims, elle montre aussi certaines ressemblances avec celle de Hugues: l'œuvre est composée de trois séries de sermons modèles: un cycle de sermones de tempore - complété par un themata de tempore, une série de sermones de sanctis, ainsi qu'une autre série de communi sanctorum sur des saints particuliers. 399 Les 103 sermons de tempore couvrent toute l'année liturgique et pour chaque dimanche deux sermons sont proposés successivement: l'un sur l'épître et l'autre sur l'évangile de dimanche. 400 Cet agencement des sermons de dimanche peut être retrouvé dans certains manuscrits de Hugues de Saint-Cher où les sermons sur les évangiles et sur les épîtres sont copiés en alternance. 401 Par ailleurs, la proposition de deux sermons possibles - évangile et épître - pour le même dimanche n'est point propre à Pierre de Reims et à Hugues de Saint-Cher. On retrouve le même choix chez Raoul Ardent, Guibert de Tournai, Jean Pecham et Bertrand de la Tour. De surcroît, nous avons vu que certains prédicateurs - tel Jacques de Vitry - prévoient un troisième choix pour chaque dimanche: en sus des sermons sur l'évangile et l'épître, une homélie sur l'introït. 402 Ajoutons que cet amalgame des différents types de sermons est une pratique courante durant le XIIIe siècle et il arrive aussi que les sermons de tempore soient mélangés avec des sermons de sanctis, comme dans les sermonnaires de Jean d'Abbeville, de Guiard de Laon, de Guillaume d'Auvergne, d'Antoine de Padoue, et de Berthold de Ratisbonne. 403 Revenons enfin à Pierre de Reims pour noter que ses sermons ont été conservés en un nombre considérable de manuscrits: une quarantaine de témoins indiquent une large diffusion et permettent de supposer que le sermonnaire de Pierre a rencontré un certain succès au XIIIe siècle. 404 Notons que certains de ces manuscrits contiennent aussi les sermons de Hugues de Saint-Cher. David d'Avray signale deux témoins qui confectionnent les deux recueils en un vade mecum portatif. 405

Auteur de sermons modèles, Pierre de Reims était conscient que les sermons rédigés d'un prédicateur doivent servir aux autres. Cette conviction peut être saisie dans un sermon faisant partie de son cycle de sermons des saints (Posui vos ut eatis, etc., Io. XV. 16). 406 En abordant la question de la vie apostolique des prédicateurs, Pierre affirme que le Seigneur multiple la science dispensée lors de la prédication. Ainsi, comme si l'on achetait du blé plusieurs fois avec la même monnaie, il est permis de répéter tout entier les sermons des autres lorsqu'on peut escompter un résultat positif dans l'auditoire. Pierre ajoute que l'on ne peut que blâmer ceux qui veulent tout le temps dire des choses nouvelles. 407 Cet exemple est une expression claire de l'importance de la réutilisation des sermons prononcés par d'autres prédicateurs.

Comme nous avons présenté au début de ce chapitre les sermons de Hugues de Saint-Cher, 408 nous abordons dans les pages suivantes directement ceux de Nicolas de Gorran. Né vers 1210, Nicolas de Gorran († vers 1295) vécut un peu au-delà de notre période étudiée. A la différence de Hugues de Saint-Cher, il n'était pas maître en théologie; Albert Lecoy de la Marche est d'avis que «par un scrupule de modestie, il ne voulut pas prendre de grandes universitaires et se contenta de diriger les écoles de Saint-Jacques». 409 Hors de l'Université, il peut pourtant être considéré comme un théologien de Paris, car il a appartenu à l'histoire de Saint Jacques dont il est devenu prieur vers 1276, et surtout il a écrit des commentaires bibliques. 410 Outre ses travaux exégétiques il a composé des instruments de travail précieux pour prédicateurs, comme sa célèbre collection de distinctiones, ainsi que des sermons modèles. 411

Son œuvre oratoire est abondante: Schneyer a recensé 976 sermons composés de cycles de tempore, de sanctis et de communi sanctorum. 412 La série de tempore et de quadragesima contient 374 homélies, dont 274 sermons du temps auxquels s'ajoutent 100 sermons du Carême. Ainsi, toute l'année liturgique est traitée par les sermons de dimanche et le cycle complété par une série quadragésimale. En règle générale, l'auteur propose pour chaque dimanche deux semons sur les épîtres et deux sur les évangiles, néanmoins il y a des exceptions: des fois ces quatre homélies sont complétées de sermons dont les thèmes sont vétéro-testamentaires. 413 Les semons de dimanche sont généralement courts et schématique; David d'Avray les considère secs et de style télégraphique, jugement qu'il porte également sur les sermons de Hugues de Saint-Cher. Il affirme que le succès que les sermons de Nicolas et de Hugues ont rencontré est plus logique lorsqu'on suppose que ces sermons étaient destinés à l'usage d'autres prédicateurs et non pas à la lecture religieuse. Il ajoute en revanche que Nicolas de Gorran devait être «assez efficace dans la vie en tant qu'un prédicateur», 414 dont témoigne la reportation d'un sermon prononcé par lui-même au béguinage de Paris le 1er mai 1273, sermon publié par Nicole Bériou. 415 Outre cette reportation, Pierre de Limoges a inséré 27 autres sermons de Nicolas dans sa célèbre collection de sermons (les manuscrits BN lat. 16481 et 16482). 416 De toute évidence, ce choix de Pierre Limoges, ainsi que le nombre important de manuscrits conservés permettent de conjecturer quant à la popularité des sermons de Nicolas de Gorran au XIIIe siècle. 417

Parmi les frères franciscains ayant produit des sermons modèles, la première place revient à Jean de la Rochelle dont on connaît peu la vie. En 1238, il est devenu maître dans la scola privée du couvent franciscain de Paris, avant de succéder à Alexandre de Halès comme maître régent à l'Université. 418 Le rôle de Jean de la Rochelle dans la production des instruments de travail pour prédicateurs était beaucoup plus grand que celui de son confrère, Alexandre de Halès, car Jean a laissé des collections de sermons entières. 419 Les 221 sermons de Jean de la Rochelle sont répartis en trois séries: sermons du temps, sermons des saints et sermons des communs des saints. 420 Le cycle de dimanche contient 97 sermons répartis pour toute l'année liturgique. Le nombre des sermons pour un dimanche varie de 1 à 7, la moyenne étant deux homélies. Les thèmes des sermons sont généralement issus des évangiles ou des épîtres, mais l'on trouve également des thèmes vétéro-testamentaires. David d'Avray a illustré à l'aide d'un sermon sur l'Avent que la prédication de Jean de la Rochelle était parfois très intéressante. Il a affirmé que le sermon en question a été réellement prêché devant un auditoire mixte - universitaires et laïcs - avant d'être incorporé dans une collection de sermons modèles. Ayant relevé des passages adressés à des universitaires, il a démontré également que les sermons modèles de Jean de la Rochelle ne servaient pas uniquement pour la prédication au peuple. 421

Notons enfin que - outre les sermons modèles - Jean de la Rochelle a rédigé un autre instrument de travail pour les prédicateurs: il a composé un court traité intitulé Processus sive negotiandi modi themata sermonum, dans lequel il décrit une méthode pour organiser les thèmes et distribuer la matière des sermons. 422

Bien que situés au-delà de la période étudiée et par conséquent ne pouvant exercer aucune influence sur l'œuvre oratoire de Hugues de Saint-Cher, deux autres frères franciscains méritent d'être brièvement mentionnés: Bonaventure et Guibert de Tournai.

Bonaventure (1217-1274), a laissé une célèbre collection de sermones dominicales qui est accessible dans une édition critique publiée par le Père Bougerol. 423 Cet ouvrage contient les 50 sermons que Bonaventurea choisi en 1267-68 parmi les homélies qu'il a prononcées jusque là et que son secrétaire, Marco da Montefeltro a transcrit dans ses Reportations. Selon le Père Bougerol, cet acte du maître séraphique offre «un exemple évident de la pratique de nombreux prédicateurs qui, à un certain moment de leur vie, ont éprouvé le besoin de livrer un ensemble de sermons modèles à leurs élèves et aux jeunes étudiants en quête d'idées». 424 En effet, l'œuvre homilétique de Bonaventure appartient principalement à deux catégories: d'une part il existe des reportationes rédigées par le secrétaire de Bonaventure, d'autre part, il y a des collationes qui ont été prêchées à Paris par le maître avant d'être assemblées dans un recueil de sermon modèles pour servir aux autres prêcheurs. Cette dernière catégorie de sermons ne peut entrer dans la lignée de notre recherche sur les sermons modèles, car le recueil était composé en 1267-68, soit après la mort de Hugues de Saint-Cher.

Quant à Guibert de Tournai (†1288), il était maître régent à l'Université dès 1257, avant qu'il soit entré dans l'Ordre des Frères Mineurs. Il paraît qu'il avait attiré l'attention du pouvoir politique, dont témoignent des commandes d'ouvrages telles la Eruditio regum et principium, rédigée à la demande de Saint Louis. De même, il a composé son recueil de sermons modèles de tempore à l'instigation du pape Alexandre IV. 425 Sa collection de tempore et de sanctis contient 187 sermons modèles, tandis que le recueil ad status est composé de 101 homélies. 426 Dans ses sermons, Guibert de Tournai a souvent emprunté à Jacques de Vitry, mais - selon David d'Avray - ses divisions témoignent parfois d'une compréhension approximative de sa source. 427

Avant de terminer ce panorama des frères mendiants ayant produit des instruments de travail à l'usage des prédicateurs, précisons, une fois de plus, la période de leur activité pastorale. Or, on remarque que parmi les frères parisiens mentionnés, trois d'entre eux ont accompli leur activité dans la deuxième moitié du XIIIe siècle. Ce sont les franciscains Bonaventure et Guibert de Tournai, ainsi que le dominicain Nicolas de Gorran. En effet, seuls trois frères ont composé leurs sermons modèles dans la première partie du siècle: le franciscain Jean de la Rochelle, ainsi que les dominicains Pierre de Reims et Hugues de Saint-Cher. 428 Au bout du parcours, la liste des auteurs ayant rédigé leurs sermons modèles avant Hugues de Saint-Cher se trouve donc considérablement réduite, et il s'avère que Hugues fut parmi les premiers frères mendiants à avoir composé une collection de sermons modèles.

Aussi réduite soit la liste des frères mendiants produisant des sermons tout faits pendant la première moitié du XIIIe siècle, elle nous autorise à compléter le tableau de l'histoire des sermons modèles. En effet, lorsqu'on compare la vie et les œuvres des trois frères - Pierre de Reims, Jean de la Rochelle et Hugues de Saint-Cher - on constate certaines similitudes. Outre le parcours semblable des carrières de Pierre de Reims et de Hugues de Saint-Cher dont nous avons traité plus haut, leurs œuvres montrent certaines similitudes. Les sermons de Hugues et de Pierre sont d'une dimension similaire, respectivement 429 et 515 homélies, face aux 221 sermons de Jean de la Rochelle. Si la quasi totalité de la production oratoire de Hugues de Saint-Cher est composée de sermons de dimanche, il n'en est pas de même pour Pierre de Reims qui consacre seule la moitié de son œuvre aux sermons du temps et le reste au sanctoral, une proportion adoptée également par Jean de la Rochelle et par la plupart des prédicateurs séculiers, comme nous avons vu plus haut. Ainsi, les trois frères mendiants traitent de la totalité de l'année liturgique, mais le nombre de sermons consacrés à un dimanche varie d'un auteur à l'autre. Tandis que Hugues propose en moyenne 7 sermons pour un dimanche, ce chiffre est de 4 pour Pierre et de 2 pour Jean, avec - bien entendu - une répartition inégale. Une différence notable réside dans l'agencement des séries de sermons: Hugues distingue les sermons des évangiles et les sermons des épîtres, tandis que chez les deux autres frères ces deux types de sermons sont disposées dans un même cycle: Pierre de Reims les range en ordre (deux sermons pour un dimanche - épître et évangile) Jean de la Rochelle les place pêle-mêle (nombre et type de sermons variant d'un dimanche à l'autre). En effet, Jean semble être moins préoccupé de l'équilibre des différents types de sermons proposés pour un dimanche. Son sermonnaire paraît moins ordonné que ceux des frères Prêcheurs. Est-il possible que - au delà de la différence entre les thèmes des sermons du temps adoptés par les deux ordres mendiants 429 - les divers milieux fréquentés résultent une construction différente du sermonnaire, ou à l'inverse, la même carrière parcourue et le même milieu des deux frères dominicains auraient eu comme effet de rapprocher leur mode d'agencement du sermonnaire? Même si cela nous semble probable, nous ne pourrions y répondre avec certitude. Toujours est-il que par sa structure interne, le sermonnaire de Hugues de Saint-Cher peut être plus apparenté à la collection de Pierre de Reims qu'à celle de Jean de la Rochelle.

Les sermons modèles composés par les frères mendiants s'insèrent dans la ligne des œuvres oratoires des prédicateurs séculiers. Pendant la première moitié du XIII siècle, les dominicains et franciscains se sont propagés à travers l'Europe et parallèlement ils ont occupé une place toujours grandissante dans l'activité pastorale, en particulier dans la prédication. Si leur contribution à la prédication universitaire est relativement modeste durant la première moitié du XIIIe siècle, leur importance réside dans une vulgarisation des messages religieux destinée aux simples gens. En vue de redonner un élan à la prédication, les studia des couvents mendiants ont largement contribué à la production des différents types d'instruments de travail destinés aux prédicateurs. En sus des concordances bibliques et les commentaires des Sentences produits au sein des communautés mendiantes, l'outil le plus immédiat fut la collection de sermons modèles qui a profité non seulement aux frères, mais aussi à un grand nombre de prédicateurs séculiers. Le recueil de Hugues de Saint-Cher est un de ces instruments de travail. Il a connu au XIIIe siècle un certain succès à en juger le nombre important de manuscrits. La véritable importance de cette collection peut être mesurée dans la lumière de la relative rareté de recueils de sermons tout faits couvrant toute l'année liturgique, surtout si l'on tient compte du milieu religieux.

Le sermonnaire de Hugues de Saint-Cher ne diffère pas substantiellement des autres recueils du même type, productions des séculiers ou des religieux; il suit les mêmes normes de construction avec un contenu semblable. Le peu de différences par rapport aux autres sermons modèles sont à chercher dans la forme relativement abrégée des sermons, dans le style sans fioriture et parfois sec à outrance, 430 dans le nombre relativement réduit des images rhétoriques, ainsi que dans l'absence quasi-totale des exempla. 431 Outre ces menus détails, les sermons de Hugues de Saint-Cher montrent un grand nombre de similitudes sur le fond : la structure globale du sermonnaire et des sermons, le développement des thèmes consistant à l'exposition des versets thématiques conformément à la prédication moderne, ainsi que la forme interne des homélies basée principalement sur les autorités et les distinctions.

Notes
393.

Sur ce sujet, voir: La production du livre universitaire au Moyen Age. Exemplar et pecia. Actes du symposium tenu au Collegio San Bonaventura de Grottaferrata en mai 1983. Textes réunis par Louis-Jacques Bataillon, Bertrand-G. Guyot, Richard H. Rouse, CNRS/IRHT, Paris, 1988

394.

« What puts Paris in a different category from any other centre, however, is that it was a centre for the diffusion as well as for the production of preaching aids. The pecia system of the Paris University stationers must have enormously increased the circulation of a substantial number of model sermon collections and preaching aids, not necessarily composed by Paris scholars. It is arguable that preaching aids are more important as mass communication than as original creation. In this perspective the place where a work was made widely accessible matters as much as the place in which it was first written.» (D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 160)

395.

P. Glorieux, Répertoire des maîtres en théologie de Paris au XIIIe siècle, Paris, 1933, p. 134, n. 5. Notons ici que le père Dondaine a estimé le nombre des frères mineurs à 170 pour l'année 1303, et lui-même a proposé le chiffre approximatif de 250 frères dominicains pour la même période. (A. Dondaine, Docuements pour servir à l'histoire de la province de France. L'Appel au Concil (1303), In. Archivum Fratrum Praedicatorum, XXII (1952), p. 381-439, p. 386-87)

396.

D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 138.

397.

Ibidem, 138-147.

398.

Schneyer, Repertorium, t. IV. p. 724.

399.

Schneyer, Repertorium, t. IV, 724-56; Kaeppeli, Scriptores, III. 256.

400.

Schneyer, Repertorium, t. IV. p. 725-732.

401.

C'est le cas d'un manuscrit contenant les sermons de Hugues de Saint-Cher qui se trouve dans la Bibliothèque Nationale de Hongrie «Széchenyi Ferenc» (OSZK, Mny. 79).

402.

J. Longère, La prédication médiévale, op. cit. p.143.

403.

J. Longère, La prédication médiévale, op. cit. p. 143.

404.

Schneyer, Repertorium, t. IV. p. 731-732.

405.

Il s'agit des manuscrits suivants: Berlin, Staatsbibliothek zu Berlin - Preussischer Kulturbesitz Hamilton 188 et Rome, Biblioteca Casanatense 1. David d'Avray affirme: «C and B are both good candidates codicologically, coming close to the ideal type of the portable friars' vade mecum book. In both manuscripts sermons by Hugues de Saint-Cher travel together with sermons by Pierre de Reims - both prominent early Dominicans and provincials of France.» (D. d'Avray, Medieval Marriage Sermons. Mass Communication in a Culture without Print, Oxford, New York, 2001, p. 149.)

406.

Schneyer, Repertorium, t. IV, p. 753, n. 465.

407.

«Item pecunia in saccis reponitur, quia scientiam in predicatione erogatam dominus magis multiplicat. Item de eadem pecunia sepius frumentum emitur, quia eundem sermonem omnino per quem fructus [factus] est repetere licet, quod est contra eos qui semper novi esse volunt et nova dicere.» (Cité d'après D. d'Avrray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 51-52.)

408.

Voir: Kaeppeli, Scriptores, II. 280; Schneyer, Repertorium, II. 758-78.

409.

A. Lecoy de la Marche, La chaire française, op. cit. p. 135.

410.

N. Bériou, La Prédication au béguinage de Paris pendant l'année liturgique 1272-73, In. Recherches Augustiniennes, 13 (1978), p. 105-229, p. 174.

411.

Sur les Distinctiones de Nicolas de Gorran, voir: Th. Kaeppeli, Scriptores, III, n. 3090, p. 166.

412.

Schneyer, Repertorium, t. IV. p. 255-320. Sermones de tempore et de quadragesima: S1-S374; Sermones de sanctis: S375-S853; Sermones de Communi santorum: S854-S976.

413.

Voir, par exemple, les sermons 138-140 ou 151-156. (Schneyer, Repertorium, t. IV. p. 264-65)

414.

These [Hugues de Saint-Cher's] model sermons tend to consist principally of schematic divisions or distinctions and authorities, but there are a good many manuscripts, so they were presumably in demand. The model sermons of our third Dominicans, Nicolas de Gorran, also seem dry and telegraphic. As with those of Hugues de Saint-Cher, their success makes more sense on the assumption that they were not meant to be read as religious literature, but to be used. […] As a 'live' preacher, on the other hand, Nicolas de Gorran must have been rather effective.» (D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 139.)

415.

N. Bériou, La Prédication au béguinage de Paris, art. cit. p. 222-229.

416.

Ibidem, p. 174.

417.

Voir Schneyer, Repertorium, t. IV. p. 279-280.

418.

D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 140-141.

419.

Schneyer, Repertorium, t. IV. p. 703-720. Notons ici qu'une des ses collections de sermons (Sermones de Communi sanctorum) pourrait être l'œuvre d'Eudes Rigaud, frère mineur qui aurait pu suivre Jean à la chair universitaire et qui est devenu par après archevêque de Rouen. (L. Duval-Arnould, Trois Sermons synodaux de la collection attribuée à Jean de la Rochelle, In. Archivum Franciscanum Historicum, 69 (1976), 336-400, p. 342, cité d'après D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 142)

420.

Sermons du temps: S1-S97; Sermons des saints: S97/a-S183; Sermons du Commun des saints: S184-S221. (Schneyer, Repertorium, t. IV. p. 703-720.

421.

«[…] the picture that emerges is of a mixed congregation, including both academics and laity. One retains the impression that it was first and foremost to the academics that Jean was speaking. […] On the one hand, we have seen that there are forcible arguments to back up the assumption that model sermons were tools for popular preachers. On the other hand, there are passages apparently directed to audiences utterly different from the normal lay congregation.» (D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 116-119, p. 119.)

422.

Ce traité a été édité: G. Cantini, «Processus negociandi themata sermonum», di Giovanni delle Rochelle, ofm, In. Antonianum, 26 (1951), p. 247-270. Sur le traité voir aussi: M. Charland, Artes praedicandi, 1936, p. 62-64. Notons au passage que Jean de la Rochelle a aussi écrit des commentaires sur différents livres bibliques. (J. Longère, La prédication médiévale, op. cit. p. 187.)

423.

J.-B. Schneyer, Repertorium, I. p. 592-657. Notons les éditions critiques des sermons de Bonaventure: Sancti Bonaventurae Sermones dominicales, ed. J.-G. Bougerol, (Bibliotheca franciscana scholastica Medii Aevi, 27), Grottaferrata, 1977; Saint Bonaventure, Sermons de tempore. Reportations du ms. Milan Ambrosienne A 11 Sup., Nouvelle éd. critique par J.-G. Bougerol, Paris, 1990; Sacti Bonaventurae Sermones de diversis, Nouvelle éd. critique par J.-G. Bougerol, Paris, 1993. Sur les œuvres de Bonaventure, voir aussi: J. G. Bougerol, Introduction à l'étude de Saint Bonaventure, Tournai, 1961. Voir aussi: L. J. Bataillon, Bulletin d'histoire des doctrines médiévales. Le treizième siècle (suite), In. Revue des sciences philosophiques et théologiques, 64 (1980), 101-131, ainsi que L.-J. Bataillon, Sur quelques sermons de Saint Bonaventure, In. La prédication aux XIIIe siècle, op. cit., XIV, p. 496-515.

424.

Saint Bonaventure, Sermons de tempore, op. cit. p. 8.

425.

D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 144-45. Sur les sermons de Guibert de Tournai: Schneyer, Repertorium, t. II, p. 282-318.

426.

Schneyer, Repertorium, t. II. p. 282-299 (Sermones de tempore et de sanctis); p. 299-307 (Sermones ad status).

427.

D. d'Avray, the Preaching of the Friars, op. cit. p. 145. Notons en ce lieu le nom d'un dernier franciscain, Jean de Galles qui pourrait être associé à la tradition franciscaine parisienne, car il était maître de théologie à Paris et il a rédigé des sermons et des traités destinés à aider les prêcheurs dans leur activité pastorale. Néanmoins, comme une grande partie de la carrière universitaire de Jean de Galles s'est déroulée à Oxford, ce frère franciscain ne peut être attaché avec certitude au groupe des frères mendiants parisiens mentionnés. (D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 146.)

428.

D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 147.

429.

Voir: M. O'Carroll, The Lectionary for the Proper of the Year in the Dominican and Franciscan Rites of the Thirteenth Century, In. Archivum Fratrum Praedicatorum, 49 (1979), p. 79-103.

430.

Voir l'avis de David d'Avray que nous avons cité plus haut: «These model sermons tend to consist pricipally of schematic divisions or distinctions and authorities, but there are a good many manuscripts, so they were presumably, in demand.» (D. d'Avray, The Preaching of the Friars, op. cit. p. 139.) Notons que l'auteur ajoute dans ses notes : «My own judgement of the content in merely an impression, based on random forays into MS BN lat. 15946.» (Ibidem, p. 139. n. 2.)

431.

A titre d'exemple, dans les 126 sermons on ne trouve que trois exempla (Sermons, 75, 98 et 123).