Avocat 

L'image de l'avocat - autre catégorie professionnelle - apparaît plus rarement dans les sermons de Hugues de Saint-Cher. Parmi les occurrences, on trouve une comparaison traditionnelle, déjà citée, entre les prêtres d'un côté, et son prochain, les avocats et les médecins de l'autre. 1033 De même, un membre d'une longue distinction compare les pécheurs allant vers Jésus aux accusés s'adressant à un avocat afin d'être défendus. 1034 En face des occurrences du mot 'advocatus', certains termes juridiques retiennent davantage l'attention du lecteur du recueil. Dans le sermon Verbum caro factum est (Io. I. 14), l’auteur évoque l'ambiance d'un procès devant le tribunal : les droits par lesquels le diable réclame le genre humain pour lui-même sont anéantis par Dieu qui s'est fait homme pour sauver l'humanité. Le sermon explique qu'avant la venue du Christ, le diable avait réclamé l'humanité à trois titres. D'abord, en raison du privilège ou de la chirographie (en référence à une épître paulinienne: Col. II. 14), mais à ce propos le diable fut reconnu de faux devant le tribunal. Ensuite, en raison du droit de prescription. Ici, Hugues donne une définition précise de ce terme («prescriptio est adquisitio dominii per continuationem possessionis adquisita»), et rappelle que le diable n'avait pas droit de prescription, car Jésus avait envoyé des prophètes comme possesseurs légitimes de l'homme. Enfin, le diable a réclamé l'homme pour lui-même en raison de son poids puisque, le péché mortel de l'humanité pesant lourd, l'homme est descendu en enfer. Néanmoins, l'auteur rappelle que Jésus s'est posé dans l'autre plateau de la balance afin de descendre à son tour en enfer et pour élever par le même geste l'homme au ciel. 1035

Notes
1033.

«Sacerdotibus : - Consimilibus nostris. - Advocatis nostris. - Phisicis nostris.» (93,3).

1034.

«Nota quod publicani, scilicet peccatores publici, et peccatores, scilicet occulti, appropinquabant ad Iesum: […] - Tanquam rei ad advocatum ut ab eo defendantur. […]» (65,1).

1035.

«Ioh. I. (14), Verbum caro factum est,id est filius Dei homo factus est, et hoc multis de causis: […] Ut pro nobis contra diabolum allegaret. Diabolus enim ante adventum Christi petebat humanum genus triplici ratione: - Ratione privilegii sive cyrographi. Dixerat enim Dominus Ade Gene. II. (17), Quacumque hora commederis, etc. Set super hac petitione diabolum, tamquam falsarium, condempnavit. Falsificavit hoc privilegium cum addidit. Gen. III. (4), Nequaquam morte moriemini. Et Ad Col. II. (14), dicitur quod Dominus delevit quod adversus nos erat cyrographum decreti, etc. - Ratione prescriptionis. Prescriptio est adquisitio dominii per continuationem possessionis adquisita. Set hec allegatio non valuit diabolo, licet per magnum tempus humanam genus possedisset. Cum Dominus ad interrumpendum prescriptionem et allegandum ius suum prophetas premisisset. Ysa. XXXIII. (22), Dominus rex noster veniet et sanabit nos, laxati sunt funiculi tui set non prevalebunt. - Ratione ponderis. Homo enim mortaliter peccaverat. Set unum mortale (peccatum) plus ponderat, quam omnia pondera de mundo. Zac. V. (7), Iniquitas sedet super talentum plumbi. Cum igitur res ponderosa potius habeat descendere quam ascendere, (dicebat diabolus): mecum debent descendere in infernum. Set hec allegatio diabolo nec profuit, quia Dominus noster in alia lance ipsum quodammodo posuit, qui in tantum ponderavit quod pars in qua erat in infernum descendit. Pars vero in qua erat homo in tantum se erexit quod in celum ascendit, et sic Christus statera facta corporis predam abstulit tartaris.» (12,1).