c - L'instauration d'un tarif est inutile face au prélèvement rentier.

c1 - Tous les travailleurs lyonnais sont victimes de la concurrence.

Les saint-simoniens se rangent sans ambiguïté aux côtés des salariés de Lyon : ils adhèrent à leur cause puisqu'ils regrettent avant tout que l'augmentation des denrées se traduise par une baisse du salaire réel des ouvriers, qui par ailleurs sont les premières victimes de la concurrence acharnée sévissant dans la production textile : une "guerre à mort s'il en fut jamais, guerre où l'on se ruine, où l'on se tue par la faim" 638

Cependant, à l'occasion de ces événements de Lyon, ils insistent bien une nouvelle fois sur le fait que l'antagonisme fondamental se situe entre les travailleurs et les oisifs et qu'il ne doit pas se déplacer à l'intérieur de la classe des travailleurs à travers un conflit entre les employeurs et les employés.

Les fabricants, les chefs d'atelier, les propriétaires de fabrique, sont contraints de lutter les uns contre les autres pour trouver des débouchés à leurs produits à cause de la concurrence imposée par les rentiers qui ont pour seul objectif de consommer au meilleur compte : c'est ainsi que "les fabricants de Suisse font la guerre aux fabricants de France" 639 .

Tous les travailleurs en effet sont victimes de la concurrence. Les salariés qui subissent directement une très forte baisse de leur salaire réel, les chefs d'entreprises qui doivent encaissent une forte augmentation nominale du salaire naturel, les fabricants qui affrontent une concurrence aussi rude dans des conditions très défavorables tout en supportant le poids d'une rente particulièrement élevée en France : "c'est cette guerre funeste qui réduisant les bénéfices des fabricants de Lyon, a eu un contre coup cruel sur le salaire des ouvriers" 640 .

Notes
638.

Ibid.

639.

Ibid.

640.

Ibid.