I- 2.2. Autonomie administrative et culturelle durant l’entre-deux guerres

Les colonies d’Oural, de Sibérie, du Kazakhstan et du Caucase 106 se trouvèrent pendant la guerre civile entre les Rouges et les Blancs (1918-1920) et restèrent longtemps sous la domination des Blancs. L’Ukraine fut occupée par les troupes allemandes et autrichiennes après la signature de paix, et séparée entre le gouvernement ukrainien et les différentes forces d’occupation. Pendant l’occupation, beaucoup de représentants ont souhaité la normalisation des rapports et la coopération pour la construction d’un État ukrainien. Le pasteur Winkler a trouvé d’autres possibilités pour résoudre le problème : soit les colons s’établissaient sur un territoire allemand, soit il fallait créer une colonie allemande en Crimée, où tous les colons de Russie pourraient s’installer sous la protection allemande. Le gouvernement russe n’était naturellement pas intéressé par ces deux propositions. Après l’effondrement de l’Empire allemand en novembre 1918, ces deux options sont devenues irréalisables. Après le retrait des troupes allemandes et autrichiennes, les colonies sont restées sans protection et sont tombées aux mains des pilleurs. Les colonies de Mennonites aisés ont le plus souffert. Plusieurs colonies furent complètement détruites et pillées. Les colons de Bessarabie sont partis en Roumanie et n’eurent jusqu’en 1940 plus aucune relation avec les colonies voisines d’Odessa. Toute relation avec des autres membres des familles fut coupée :

‘« La terreur, déjà subie en 1929, atteint son apogée en 1937 et 1938… » 107 .’

La communauté des Allemands de la Volga obtint son autonomie le 19 octobre 1918 108 . En effet, la nouvelle politique des nationalités 109 avait pour but de faire participer les différents peuples de l’U.R.S.S. à l’essor du socialisme. Ce fut la raison pour laquelle on décida de créer des zones d’administration indépendantes qui deviendraient par la suite des Républiques autonomes. Le territoire autonome des Allemands de la Volga devint ainsi la République Socialiste Soviétique des Allemands de la Volga 110 en 1924, mais ce ne fut pas sans répression par la suite. En 1918, l’« Arbeitskommune des Gebiets der Wolgadeutschen » (la Commune ouvrière du Territoire des Allemands de la Volga), reconnue par le gouvernement de Moscou, Lénine ayant signé le décret correspondant à sa création le 19 octobre, se transforma donc en 1924 en « Autonome Sozialistische Sowjetrepublik der Wolgadeutschen » (ASSRWD) (République Soviétique Socialiste Autonome des Allemands de la Volga 111 ). En 1926, le Rätekongreß de la République soviétique accepta la Constitution de la République Socialiste Soviétique 112 . Le recensement du 17 décembre 1926 dénombrait 503 colonies allemandes avec 108 816 habitants en Sibérie occidentales (incluant celles actuelles du Kazakhstan mais minorant selon certains chercheurs comme le Dr H. Anger les chiffres de Sibérie et d’Asie) dont :

  • 337 villages allemands avec 57 545 habitants dans le territoire administratif de Sibérie ;
  • 128 villages allemands avec 44 283 habitants au Kazakhstan, dont 64 villages dans le rayon de Koustanaï et le gouvernement d’Akmolinsk (26 093 personnes) et 64 villages dans le gouvernement de Semipalatinsk (18 190 habitants) ;
  • 14 villages allemands avec 1 308 habitants dans le rayon de Tcheliabinsk ;
  • 24 villages allemands avec 5 680 habitants à Orenbourg ;
  • le rayon d’Omsk comptait 205 groupements allemands ;
  • Ensemble, Slavgorod, Barabinsk, Tatarsk et Rubzovka comptaient 132 groupements allemands.

En 1925, les colonies basées dans la région de la Volga furent réunies en cinq zones appelées « rayons ». On porta leur nombre à huit en 1931. Certaines régions se composaient d’une zone seulement à la fin des années 1920, comme en Géorgie, en Azerbaïdjan, en Crimée et dans l’Altaï. Là où il n’y avait que peu de villages allemands furent créés des villages soviétiques nationaux. En 1929, on pouvait dénombrer en U.R.S.S., hormis la République de la Volga et les rayons, 550 deutsche Dorfsowjets (villages soviétiques allemands).

Durant les dix premières années, la République des Allemands de la Volga développa son industrie et mécanisa systématiquement son agriculture à grande échelle. En raison de cette évolution, on nota dans la seconde moitié du XXe siècle un grand essor de la République de la Volga et des rayons allemands. À en juger par l’introduction de méthodes de production modernes dans l’agriculture, la République des Allemands de la Volga prit alors une place importante au sein de l’U.R.S.S. Les récoltes, et donc les revenus, augmentaient d’année en année. Des écoles et des bibliothèques s’ouvrirent, une formation industrielle et professionnelle fut dispensée. Cinq lycées virent le jour, ainsi qu’un théâtre pour enfants. On publia également des magazines ou journaux bilingues. Durant la première moitié du XIXe siècle, les colons constituèrent un groupe juridiquement et socialement distinct, privilégié par rapport à la majorité des paysans ukrainiens et russes. Des domaines plus grands, l’autogestion administrative, les privilèges fiscaux et l’exemption du service militaire assuraient aux colons un niveau de vie supérieur à celui des paysans slaves. Un droit successoral spécial qui n’autorisait ni le partage, ni la redistribution périodique des terres et de meilleures conditions économiques et de formation, eut pour conséquence que les domaines des Allemands de la zone de la mer Noire (et surtout ceux des Mennonites) prospérèrent en général mieux que ceux des Bulgares et des Grecs et mieux aussi que ceux des Allemands de la Volga qui, en majorité, avaient adopté le système de la redistribution périodique des terres parmi les membres de la communauté. Les colonies allemandes, avec leur population protestante ou catholique, constituaient des enclaves dans un environnement orthodoxe. Par leur gestion réussie de l’agriculture et de l’artisanat, elles comblèrent les espoirs qui avaient été placés en elles et servir presque de modèle aux paysans slaves. Au moment de la croissance et des transformations de l’économie, la culture commença alors aussi à se développer. La République des Allemands de la Volga, que l’on surnommait volontiers dans les publications officielles « le jardin fleuri de Staline », était la première République à combattre de façon acharnée l’analphabétisme et à le vaincre, par l’éducation des plus jeunes.

La situation du système scolaire dans la République de la Volga prend ici toute son importance parce qu’elle nous servira d’élément de comparaison lorsque nous traiterons la question du système éducatif allemand au Kazakhstan. Il y avait entre 1918 et 1919 seulement 236 écoles, dites Landsamtschulen, par rapport aux 340 écoles en 1921, en plus de tous les instituts de formation et d’apprentissage. Il y avait onze écoles professionnelles, cinq établissements d’enseignement supérieur, trois facultés, vingt maisons de la culture, un théâtre national et un théâtre pour enfants. Dans toute la République paraissaient des journaux régionaux, plus d’une vingtaine, et cinq journaux nationaux. Entre 1933 et 1935, 555 ouvrages de langue allemande furent publiés à trois millions d’exemplaires. Les deux tiers de la République étaient composés d’Allemands et toutes les communautés présentaient les caractéristiques nationales. Elle faisait l’objet de formation de spécialistes des groupes ethniques pour toutes les autres régions de l’U.R.S.S. Les régions colonisées par les Allemands obtenaient en général leur autonomie administrative et culturelle (cours donnés en langue allemande dans les écoles, administrations et institutions allemandes). Au sein de l’Union soviétique, il y avait donc à l’époque six territoires allemands et 414 écoles de langue allemande. En Ukraine, les Allemands ont occupé jusqu’à neuf territoires et possédaient 628 écoles où l’enseignement était dispensé en allemand. La République de la Volga fut intégrée dans les mesures de collectivisation 113 du gouvernement socialiste. Déjà en 1931, 95 % de la République étaient collectivisés. Elle était ainsi au-dessus de la moyenne des autres régions du pays. Cependant, en décembre 1922, le gouvernement décida de rassembler les différents États soviétiques. Le territoire de l’État russe avait été diminué après la première Guerre Mondiale : la Pologne, l’Ukraine et les États Baltes étaient devenus indépendants, la Bessarabie était revenue à la Roumanie. La Finlande avait gardé son indépendance. Une décision ne pouvait être prise en U.R.S.S. sans que soient consultés les gouvernements des Républiques socialistes principales (ukrainienne, biélorusse par exemple). Le pays était dans une situation économique désolante. La guerre civile faisait rage. Les années de collectivisation n’ont amené que famine et misère. Lénine décida donc de résoudre cette situation de crise en laissant se former de petites sociétés privées. La Nouvelle Politique Économique (ou NEP) apporta ainsi un soulagement économique pour un certain temps. Le problème agricole ne fut pas résolu pour autant par cette collectivisation trop rapide. Le gouvernement s’attira les foudres des classes économiques aisées à travers tout le pays. Nous ne disposons d’aucun chiffre précis sur les mouvements d’exode, sur le nombre de personnes qui ont quitté l’U.R.S.S. Selon certaines estimations 114 , entre 1897 et 1920, 700 000 Allemands ont disparu des territoires soviétiques puisqu’on est passé de 1 300 000 Allemands à 600 000 seulement. La constitution de la République Soviétique Socialiste Autonome des Allemands de la Volga prévoit de poursuivre les intérêts culturels des Allemands. La guerre étant un climat favorable aux sentiments anti-allemands, dans les colonies de la Volga est née l’exigence d’une autonomie administrative. Des hommes comme Ernst Reuter ont largement contribué aux progrès des conditions des Allemands soviétiques.

La collectivisation a eu de graves conséquences durables dès 1928-1929 sous Lénine et Staline et cela fut aggravé par les mesures dites de liquidation (que nous verrons plus loin) entre 1933 et 1939, l’Entkulakisierung 115 des fermiers allemands principalement (Soljenitsyne estimait qu’il y eut 15 millions de morts). La République de la Volga fut soumise dans les premières années à des plans quinquennaux qui permirent un redressement économique extraordinaire. Le début de l’industrialisation a eu comme conséquence des changements profonds dans les couches sociales mais renforça les différentes branches industrielles existantes. L’industrie de Sarpinka (de coton) connut un renouveau, alors que ses produits déclinaient sur l’ensemble de l’Union soviétique. Les communistes comprirent que la diffusion et la compréhension de leur idéologie nécessitait la formation de la population afin de lui ouvrir les yeux. Fut alors mis en œuvre un large programme de formation et d’éducation des adultes mais aussi et surtout des enfants. Lors de la révolution, il y avait 70 % d’analphabètes en Russie. Dans la République de la Volga, différentes méthodes de formation furent développées. La culture allemande allait pouvoir survivre par le biais de la langue. En 1913, il y avait dans la région de la Volga, sans compter les écoles primaires, six collèges allemands. En 1928, il y avait au total 365 écoles. En 1937, il y en avait 421. Elles étaient fréquentées par 79 000 écoliers allemands. À Engels, il y avait quatre établissements d’enseignement supérieur : trois écoles dites pédagogiques (d’enseignement général) et un établissement professionnel (formation agricole). On comptait également 11 facultés techniques et professionnelles. Le « besoin de culture » ou Kulturfreundlichkeit des Allemands de la Volga se fit sentir au travers des structures journalistiques et d’imprimerie, assez prospères 116 . Dans l’imprimerie allemande de Engels, entre 1933 et 1935, 55 différentes publications sont parues en allemand. Sur 2,86 millions de livres publiés, on comptait 1,47 millions de livres scolaires 117 .

Le déplacement des « peuples spéciaux » 118 a certes fortement marqué les esprits durant la période 1940-1941 mais les déplacements et les persécutions (voire arrestations sommaires et exécutions) avaient commencé déjà dix ans plus tôt 119 . En effet, en décembre 1931, le Comité central décida de collectiviser au moins 50 % des exploitations au cours de l’année suivante et d’achever, pour l’essentiel, la collectivisation totale et la liquidation des koulaks 120 en tant que classe. Cela signifiait un nouveau renforcement de l’offensive anti-paysanne. Ainsi, en 1931, 272 100 familles furent soumises à l’impôt du koulak. En 1930, 115 231 familles de koulaks avaient été déportées, 265 795 en 1931 et 381 026 en 1932 soit 1 800 000 personnes au total. 540 000 d’entre elles furent envoyées dans l’Oural, 357 000 en Sibérie, 130 000 dans le Grand Nord et 190 000 au Kazakhstan, dont des Allemands (principalement de la Volga). Ces « peuplements spéciaux » furent astreints, comme ce sera le cas à nouveau dès 1940, à de strictes conditions de déplacement et furent soumis au pouvoir discrétionnaire du G.P.U. 121 . Et l’on recruta ainsi la majeure partie de la main-d’œuvre. En 1929, des milliers de paysans allemands souhaitèrent partir avec l’aide de l’Ambassade d’Allemagne à Moscou, mais les autorités voyaient cela d’un mauvais œil. Après plusieurs mois de négociations, 5 750 personnes 122 purent enfin se rendre en Allemagne. L’État craignait en fait de ne pouvoir supporter ces migrations allemandes en termes économiques et redoutait que les relations entre l’U.R.S.S. et l’Allemagne ne dégénèrent. Les répressions sévères débutèrent donc en 1935 au sein de diverses collectivités : de la colonie basée à Helenendorf et Annental en Azerbaïdjan, 600 hommes, femmes et enfants furent déportés. On délégua une cour tripartite, composée d’un membre du Parti, d’un chef de la milice et d’un chef de la sécurité, qui fut chargé de condamner ou plutôt de trouver une condamnation qui puisse servir de prétexte à la déportation 123 de ces centaines d’Allemands. Des motifs aussi « classiques » que l’espionnage, des relations illégales avec l’étranger, la propagande pour une autre forme de pouvoir ou autre parti que le Parti communiste bien entendu furent invoqués. Ces Allemands devinrent les prisonniers des camps de travaux forcés, complètement isolés, coupés du reste du monde. Seule une poignée d’hommes ont survécu.

La montée des totalitarismes laissait présager de lourdes conséquences au plan international et la menace d’une guerre mondiale, imminente. Les persécutions qui avaient commencé dans les années 1930, comme nous venons de l’expliquer, n’étaient que les prémices des persécutions futures. Les enjeux du régime stalinien allaient donner au destin des Allemands de la Volga en particulier et de l’U.R.S.S. en général une tournure inattendue.

Notes
106.

Voir ANNEXE XX : carte des territoires colonisés des Allemands de Russie dans les années 1920. Nous notons en plus des zones déjà mentionnées auparavant comme zones de colonisation des Allemands la Bessarabie, les pays Baltes, le Caucase.

107.

Kulturrat des Deutschen aus Russland, Volk auf dem Weg, Bonn, 1993, p. 14 : « ihr Apogäum erreichte die Schreckensherrschaft, die wir schon 1929 zu fühlen bekamen, 1937 – 1938 ». Cf. J. FRIESEN, « Tragische Jahre in den Mennonitendörfern bei Orenburg », in Neues Leben, 20/5/1992, p. 4.

108.

Le décret du 19 octobre 1918 sur l’autonomie du territoire des Allemands de la Volga est entré officiellement en vigueur lors du second Congrès des colonies allemandes de la Volga qui s’est tenu le 20 octobre 1918 à Seelmann. L’autonomie demandée l’ors du congrès précédent fut donc accordée. Cf. J.-F.BOURRET, Histoire culturelle des Allemands de la Volga, 1763-1941, Strasbourg, 1984, p. 305 et suiv.

109.

La politique de nationalités de Lénine est fondée sur des principes dictés lors de la Révolution d’octobre et restés inchangés par la suite, notamment une autonomie des territoires, l’instauration d’une langue d’État obligatoire, l’établissement de frontières selon la répartition de la population, l’octroi de privilèges à une nation, la mise en place d’organisations pour les ouvriers de l’U.R.S.S. tout entière et de toutes nationalités. « Conception idéologique spécifique à l’U.R.S.S. qui a cherché à organiser la diversité ethnique héritée de l’Empire russe dans un cadre politico-administratif strict. Elle se définissait en ensemble de critères qui distinguaient peuples, nationalités et groupes ethniques ; s’appuyant sur la notion de culture « nationale dans la forme et prolétarienne par le contenu » et elle octroyait des droits territoriaux aux populations qui répondaient à tous les critères requis par la théorie stalinienne, et des droits extra-territoriaux pour celles de faible importance numérique ou ne répondant pas à ces critères. La forme la plus achevée de cette hiérarchie est la République socialiste soviétique (SSR) », in C. POUJOL, Dictionnaire de l’Asie centrale, p. 249.

110.

Voir ANNEXE XXI. La carte générale de la R.S.S.A..A.V. présente les 14 principaux cantons en 1926, à savoir Balzer, Fjodorowka, Frank, Kamenka, Krasnojar, Krasny-Kut, Kukkus, Mariental, Marxstadt, Pokrovsk, Pallasovka, Seelmann, Solotoje, Staraïa Poltawka.

111.

Appellation que nous utilisons parfois de façon contractée : la République (des Allemands) de la Volga.

112.

Voir ANNEXE XXII pour un résumé des articles de cette constitution. Pour une approche plus complète, on pourra consulter notamment J.-F.BOURRET, Les Allemands de la Volga, Lyon, 1986, pp. 305 et suiv.

113.

Cf. Collectivisme : on entend par collectivisme le système socio-économique qui supprime, limite ou contrôle strictement la propriété privée des grands moyens de production et d'échange et donne un rôle prépondérant à l'État et/ou aux collectivités publiques au détriment de la libre entreprise. Le collectivisme est un des éléments constitutifs essentiels des systèmes d'économie socialiste. Partant du principe que les associations de producteurs étaient impuissantes à résoudre la question sociale, les socialistes ont été les premiers à défendre le collectivisme. Selon eux, chaque travailleur doit pouvoir obtenir le produit intégral de son travail, dès lors que sont collectivisés les moyens de production et d'échange: dans ce cas de figure, la plus-value capitaliste disparaît. Dans le cadre d'un régime collectiviste, le travail est à l'origine de toute répartition. C'est donc la quantité et la qualité du travail fourni qui règlent la répartition des biens de consommation disponibles pour les particuliers. Cf. Hachette encyclopédie électronique, 2001.

114.

U. RICHTER-EBERL, Geschichte und Kultur der Deutschen in Russland/UdSSR : auf den Spuren einer Minderheit, Stuttgart, 1992, p. 169.

115.

Nous rappelons que ce terme signifie dékoulakisation. C’est Staline qui, dans un discours en date du 15 décembre 1929, a introduit ce terme désignant la liquidation des koulaks en tant que classe sociale, des paysans jugés privilégiés. Staline lance en même temps un appel à l'accélération de la collectivisation. On pourra consulter un article détaillé de C. BÖTTGER, Lexikon der Russlanddeutschen, Berlin, 2000, pp. 90-91.

116.

Kulturfreundlichkeit est un terme utilisé par U. RICHTER-EBERL et dont nous reparlerons dans la troisième partie. Cf. U. RICHTER-EBERL, Geschichte und Kultur der Deutschen in Russland/UdSSR : auf den Spuren einer Minderheit, Stuttgart, 1992, p. 170.

117.

Id., p. 170.

118.

Voir définition de « peuplements spéciaux » infra (I- 4.1.).

119.

Déjà, entre 1929 et 1931, par exemple, des églises avaient été fermées, des offices interdits et la plupart des ecclésiastiques furent arrêtés et déportés. Voir en ANNEXE XXIII la liste des victimes des persécutions et déportations entre 1932 et 1945 (liste non exhaustive). Celle-ci permet d’établir que, sur le territoire de Dniepropetrovsk, les déportations se sont faites entre 1932 et 1941. Les personnes déportées et listées sont âgées en moyenne de vingt à quarante ans. Beaucoup travaillaient auparavant dans des kolkhozes et la majorité fut envoyée dans l’armée du travail où beaucoup périrent. C’est leur mort qui permet de retrouver la trace des personnes déportées puisqu’elles sont alors enregistrées comme décédées par les autorités soviétiques et les registres soigneusement tenus à jour.

120.

Paysan enrichi de la Russie de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle (en 1930-1931 Staline entreprit leur liquidation, comme nous l’avons expliqué précédemment, qui étaient assimilés alors à des paysans moyens).

121.

Ou « Guépéou », Г.П.У, appellation des services spéciaux et de la police politique de l’U.R.S.S. de 1922 à 1934 ; En russe : gosoudarstvenoïe politicheskoïe oupravlenie (Γосудрственное Политическое Управление).

122.

in « Aussiedler », Informationen zur politischen Bildung, Munich, 1991, n° 222, p. 15.

123.

Nous utilisons ce terme pour désigner le transfert forcé, pour des raisons diverses, d'hommes ou de populations loin de leur pays natal, dans un lieu qui leur est assigné. Ce terme est naturellement connoté, toute déportation se faisant dans des conditions difficiles voire inhumaines. Toutefois, quand nous précisons que des groupes de population ont été rassemblés après quelques années pour vivre dans des colonies fermées, le terme « déplacement » suffit comme nous l’avons précisé en introduction.