Mais l’enseignant reste le père du rééducateur.

Devenir rééducateur suppose, au préalable, une maîtrise pédagogique et didactique chez l’enseignant. La pratique rééducative n’est pas en lévitation dans la pratique scolaire, elle poursuit, au moins fantasmatiquement, l’action enseignante :

‘« A ce moment de ma formation, j'ai le sentiment que mon attitude pour aider Jules est fonction de ma situation de stagiaire et que mon vécu professionnel d'instituteur n'est pas loin. » 722 .’

Il semble exclus qu’un professionnel ne disposant pas de ce vécu d’enseignant puisse poursuivre l’action engagée en classe. Si le stagiaire dispose de compétences avant de débuter sa formation, il n’est pas certain quelles soient utiles dans la nouvelle profession. Sauf à être mise à distance, afin de rendre authentique la rééducation.

‘« Au bout de quelques bonnes années d'enseignement, j'avais acquis, je crois, une compétence dans ma profession qui me donnait l'assurance d'un savoir, d'une expérience. Au jour de la séance, je n'étais plus maître(esse) du jeu. Je me voyais dans Rémi : la tête dans la bassine, à la pêche de nouveaux objets ! » 723
Notes
722.

POINSARD (Gérard), op. cit., p 13.

723.

FIAULT (Noëlle), op. cit., p 30.