Le premier contact

Le Mtro. Manuel Carlos Silva m’avait donné rendez-vous à la Central Camionera à six heures du matin. Il ne participait pas à la Waehma en tant qu’observateur mais comme danseur Pajkoola ; il occupait la place du quatrième danseur, celui qui est appelé le « Lobito » 305 . Je devais donc assister à la représentation de la Semaine Sainte (du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques) qui marque la fin du Carême. Volker Schüler-Will, de l’Université du Sonora, devait se joindre à nous. Après l’avoir attendu un bon moment, nous sommes partis sans lui. Il ne s’est présenté que le Mercredi Saint (Miercoles de Tinieblas) à Huírivis.

A Vicam Estación, nous avons pris un autre bus pour aller jusqu’à Potam. Nous sommes descendus à l’entrée du village juste à la croisée du chemin qui mène jusqu’à Huírivis. Le « passeur » s’est alors installé à l’ombre d’un arbre et m’a dit qu’il ne restait plus qu’à attendre que quelqu’un passe pour nous emmener jusqu’à Huírivis, puisque de Potam à Huírivis (cinq kilomètres à peu près) il n’y avait pas de ligne de bus.

Près de nous, il y avait un couple de jeunes yaqui avec leur bébé et une famille yaqui composée de deux adultes et de trois enfants. Le jeune yaqui (je ne l’ai su que bien plus tard) interprétait le rôle du clown dans la confrérie des Chapayecam. Il se rendait à Huírivis pour rejoindre le groupe des Chapayecam et accomplir sa tâche.

Sur le moment, j’ai trouvé assez surprenant que le « passeur » ait adopté une telle attitude et qu’il ait attendu le déroulement des événements. Si son rôle était de participer à la danse des Pajkoola, pourquoi s’installait-il aussi tranquillement et pourquoi ne s’était-il pas préoccupé, par exemple, de fixer une heure de rendez-vous avec les autres danseurs. La réponse à ces questions était beaucoup plus simple que je ne le pensais.

Au bout d’un vingtaine de minutes, une première voiture, qui venait de Vicam, a tourné à droite pour prendre la route de Huírivis ; elle s’est arrêtée et les deux adultes plus les trois enfants sont montés à bord. Le jeune yaqui s’est rapproché pour voir s’il restait de la place, il n’y en avait plus. Il alors échangé un sourire complice avec le « passeur » tout en reprenant sa place auprès de sa jeune épouse. Puis, une deuxième voiture s’est arrêtée ; le jeune yaqui avec sa femme et son bébé, en prenant place dans la voiture, s’est tourné vers le « passeur » pour lui dire que la prochaine fois ce serait notre tour. Et une trentaine de minutes après que la dernière voiture soit passée, un « pick up » s’est présenté. Nous avons pris nos affaires et nous nous sommes installés sur la plate forme arrière du « pick up » déjà occupée par quatre yaqui ; les deux plus jeunes avaient une harpe et une guitare entre les mains. Je ne savais pas encore qu’ils s’agissaient des danseurs Pajkoola et que j’avais pris pour des musiciens. Mais, je n’étais pas au bout de mes surprises.

D’ailleurs, à Huírivis, je le précise à nouveau, qui a été le cadre de mon premier séjour, j’ai commencé à prendre la mesure de la différence culturelle à laquelle j’étais en train de me confronter ; mes propres codes culturels forment les limites de ma compréhension du particularisme identitaire et culturel des Yaqui. Je ne connaissais pas encore toutes les obligations et contraintes que le Carême fait peser sur les membres de la communauté yaqui et, encore moins, le sens profond que les Yaqui donnent aux actes qu’ils accomplissent.

Prenant place dans le « pick up », le « passeur » n’a pas échangé un seul mot, un regard, avec les autres occupants du véhicule ; un homme d’une quarantaine d’années a donné des instructions au chauffeur pour qu’il s’arrête à Rahum. C’est la seule personne avec laquelle le « passeur » a tout de même échangé quelques mots.

Sur le moment, l’impression que j’ai eue, c’était que le « passeur » ne connaissait aucune des personnes qui faisaient le trajet avec nous. A Rahum, le même homme d’une quarantaine d’années, qui s’appelle Luis et qui est le Pajkoola mayor, comme j’ai pu m’en apercevoir après, a fait monter trois femmes et deux hommes dans le « pick up ». Au total, nous étions une dizaine de personnes entassées à l’arrière du véhicule. Dès que les trois femmes ont pris place dans le « pick up », elles m’ont volontairement tourné le dos, en recouvrant leurs visages avec leurs jíniam.

Partie 1 - fig. 9. Femmes yaqui avec le jíniam.
Partie 1 - fig. 9. Femmes yaqui avec le jíniam.

Source : « Cultura », El Independiente, Hermosillo, Sonora, Lunes 22 de Mayo del 2000.

A Huírivis, le « pick up » s’est arrêté juste à côté de la Ramada (Fig. 10) dans laquelle allait se dérouler l’ensemble des actes rituels jusqu’au lendemain, le dimanche 4 avril.

Les Yaqui abordaient donc la dernière semaine des festivités avec la Semaine Sainte qui du mercredi Saint jusqu’au dimanche de Pâques, représente la période la plus active en célébration d’actes religieux. Sous la Ramada, dans la partie où était dressée une table, recouverte d’un drap blanc, en guise d’autel avec la croix du Christ et deux chandeliers, posés pour l’instant sous l’autel, trois femmes étaient assises sur un « jipétam » 306 .

Dans l’autre partie, réservée au Pajkoola, au Maáso et à leurs musiciens respectifs, se trouvaient cinq à six personnes. Après être descendu du « pick up », je m’attendais à ce que le « passeur » fasse les présentations. Je ne connaissais personne et selon mes codes culturels il me semblait tout à fait convenable que le « passeur » me présente ; j’étais un intrus qui s’invitait à la célébration d’une fête religieuse.

Mais les choses ne se sont pas du tout passées comme ça. A partir du moment où le « passeur » avait pénétré sous la Ramada il ne faisait plus partie du même monde que moi 307 . Il était danseur Pajkoola alors que je ne participais à aucun des pôles sacrés de la Waehma. A partir de cet instant donc, le « passeur » et moi, nous n’étions plus sur le même niveau de signification. Ce n’est que vers une heure du matin, à un moment où les Pajkoola était au repos, qu’il m’a de nouveau adressé la parole. Nous étions arrivés à Huírivis vers une heure de l’après-midi.

Partie 1 - fig. 10. Ramada.
Partie 1 - fig. 10. Ramada.

Source : Los Yaquis. Historia de una cultura, Edward H. Spicer.

Le « passeur » s’est allongé sur un « jipétam » à l’intérieur de la Ramada, tandis que je suis resté debout, à l’extérieur de la Ramada, sans vraiment savoir ce que je devais faire.

Mon attitude était un peu empruntée et si un yaqui ne m’avait pas interpellé pour que je vienne m’asseoir, sous la Ramada à l’abri du soleil, je serais resté debout en dehors de la Ramada, en attendant la suite des événements.

Le fait que cet homme m’ait adressé la parole de façon directe et franche, m’a permis de me sentir à mon aise tout en sachant que je devais dès lors faire attention à ne pas me comporter de façon trop familière. La hiérarchie instituée par la célébration de la Waeh­ma ne me permettait pas d’interroger n’importe quelle personne à n’importe quel moment.

La liberté d’action qui m’était accordée était plutôt restreinte et se réduisait à assister aux danses rituelles et actes sacrés qui allaient se dérouler jusqu’au lendemain après-midi.

Au bout d’un moment on nous a apporté à manger, dans un bol, une sorte de bouillie de riz avec de la viande et des « tortillas ». J’ai commencé à manger avec mes doigts, ce qui allait provoquer les rires amusés des trois femmes yaqui assissent sur le « jipé­tam » ; je pouvais très bien manger avec les doigts, mais on m’a apporté une cuillère en plastique. J’étais un yori et je ne pouvais pas savoir manger avec les doigts. J’ai donc pris la cuillère en plastique pour assumer mon rôle de yori. Puis le café nous a été servi.

Le « passeur » s’est de nouveau allongé sur le « jipétam » pour s’endormir presque aussitôt. Je me trouvais au centre de la Ramada, là où allait avoir lieu la plupart des danses et des actes religieux et je savais qu’à un moment ou à un autre il me faudrait changer de place.

Je me trouvais dans une situation dans laquelle j’allais devoir anticiper sur les événements à venir. Les Yaqui ont tacitement considéré que je savais ce qui allait se passer et quelle était attitude que je devrais alors adopter. Ces considérations se sont d’ailleurs vérifiées un peu plus tard, quand le Maejto Juan est venu s’entretenir avec moi.

Le « passeur » était toujours endormi quand un homme, avec un sabre, est venu le réveiller ; c’était le Moro ya’ut, le « Guide » des Pajkoola, qui venait le chercher pour qu’il aille se préparer. Deux hommes avaient pris place, sur un banc, au fond de la Ramada ; le premier avec une harpe et le deuxième avec un violon. Mais, il ne s’agissait pas des deux jeunes yaqui qui, le matin même et dans le « pick up », portaient des instruments de musique.

Le Moro ya’ut, au bout d’un long moment, est revenu avec une pelle et a commencé a répandre de la cendre par terre, délimitant une surface rectangulaire du côté de la Ramada où les danseurs Pajkoola, Maáso, ainsi que le Tamp’aleo 308 et les Maásobuikame prendraient place pour interpréter les danses et les « sons » de circonstances.

A l’extérieur de la Ramada, les Chapayecam et les Soldats de Rome accomplissaient les obligations qui incombaient à leur charge, par exemple, rapporter du bois pour alimenter, pendant toute la nuit, les divers feux autour desquels ils allaient se regrouper pour passer la nuit et dormir un peu (les Pajkoola eux aussi, après leurs dernières prestations, sont allés s’allonger autour de l’un des feux).

Les cendres qui venaient d’être répandues par le Moro ya’ut, ont ensuite été piétinées par un autre homme qui pour finir a balayé la surface en question avec un fagot.

Puis, un Chapayeca s’est approché et a fait halte à côté de la croix plantée juste en face de la Ramada. Le Chapayeca a exécuté, par quelques pas de danse, une pantomime très amusante avec ces mouvements qui caractérisent les Chapayecam et qui par l’entrecho­quement des cutam 309 , « armes en bois », ils expriment un langage 310 que Spicer a nommé le « langage des bâtons » 311 .

Partie 1 - fig. 11. Chapayecam avec les cutam.
Partie 1 - fig. 11. Chapayecam avec les cutam.

Source : Los Yaquis. Historia de una cultura, Edward H. Spicer.

Partie 1 - fig. 12. Pose typique d’un Chapayeca avec les cutam.
Partie 1 - fig. 12. Pose typique d’un Chapayeca avec les cutam.

Source : Los Yaquis. Historia de una cultura, Edward H. Spicer.

La pantomime du Chapayeca a consisté en un échange de signes entre lui et l’un des hommes qui se trouvait sous la Ramada. Au cours de leur échange, le Chapayeca avait pointé sur moi ses cutam. J’en ai alors déduit qu’il interrogeait, par ce geste, l’homme en question sur les raisons de ma présence. Ce dernier a également répondu par signes et le sens exact de ce qui avait été dit m’est resté inconnu. La communication s’était instaurée sur un niveau de langage et de sens dont je ne possédais pas le code.

Quelques instants après, un autre homme, qui était sous la Ramada, a fait « acte de parole » sans que je puisse, à nouveau, comprendre ce qu’il déclamait. Il s’est exprimé en yaqui et à la fin de son « acte de parole » tous les Yaqui ont répondu :

Ehui, « Oui ».

Pendant le déroulement de ces différents événements et à un moment que je ne saurais préciser 312 , les musiciens, toujours assis dans le fond de la Ramada, se sont mis à jouer mais de façon très pianissimo et en donnant plutôt l’impression qu’ils étaient en train d’accorder leurs instruments. Les sons émis, par le violon et la harpe, donnaient une tonalité particulière à cette fin d’après-midi et laissaient déjà entrevoir quels allaient être les rythmes qui viendraient accompagnés les pas de danse des Pajkoola.

C’est après le discours de l’homme yaqui, que j’ai senti que ma situation au centre de la Ramada devenait inopportune et qu’il était temps pour moi de changer de place. Prenant ma chaise, je me suis assis, juste en dehors de la Ramada, du côté où se trouvait l’autel ; ce choix me semblait judicieux car l’activité qui prenait forme du côté opposé donnait à entendre que les danseurs Pajkoola entreraient bientôt en scène. J’aurais pu me pousser un peu mais une personne était venu placer les chandeliers sur l’autel et les femmes yaqui qui étaient assises dans cette partie de la Ramada s’étaient éclipsées. La meilleure option me semblait donc de sortir complètement de l’espace sacré.

Dans ma nouvelle position, j’ai pu apprécier l’espace qui se trouvait derrière la Ramada et avoir une vue d’ensemble de la disposition du village. Attachée à un arbre, une vache attendait la mort.

Je me suis donc installé à un endroit qui normalement ne devait pas servir à la célébration d’actes religieux. C’est à ce moment-là que s’est approché de moi, pour la première fois, le Maejto Juan Sabiba. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris la responsabilité qui était la sienne en tant que membre de l’Autorité religieuse.

Le Maejto Juan Sabiba s’est entretenu avec moi pendant une bonne vingtaine de minutes. Il ne m’a pas directement demandé quelles étaient mes motivations et pourquoi j’étais là. Il le savait parfaitement. Ce à quoi il accordait beaucoup plus d’importance, sans le dire expressément, c’était l’intention qui m’avait amené à assister à une fête d’une si haute religiosité. Le Maejto Juan Sabiba, par cette manière si particulière qu’on les Yaqui de dire les choses sans donner l’impression qu’ils sont en train de poser une question, m’a amené à lui faire part de mon intention et à lui dire que j’étais catholique. A partir du propos qu’il m’a tenu autour des cérémonies religieuses des Yaqui et de leur attachement à la tradition, le Maejto Juan Sabiba m’a considéré sur un niveau différent, il m’a dit : « Mais tu sais très bien de quoi je veux parler, tu connais déjà ces choses là ».

J’allais lui répondre qu’il se trompait, que je n’en savais rien. En réalité, je savais très bien ce à quoi le Maejto Juan faisait allusion. Il n’était pas en train de me placer face à ma connaissance de la tradition yaqui mais face à la motivation ou plutôt l’intention qui m’a amené à me rendre dans un des villages de la communauté yaqui.

Les Yaqui sont habitués aux intrusions des ethnologues, étrangers et mexicains, des reporters, des photographes, etc., dont le comportement, neuf fois sur dix, est loin d’être exemplaire ; ils sont, pour les Yaqui, beaucoup trop obnubilés par la réussite de leur en­quête ou de leur reportage pour prendre en compte les personnes qu’ils cherchent à observer.

Pour illustrer mon propos, pendant l’une des phases de la cérémonie, qui mettait en scène l’intervention des Chapayecam, celui qui portait le déguisement du clown, a exécuté une pantomime très amusante. A ce moment-là, j’étais assis à côté du Maejto Juan (ce qui a provoqué une remarque ironique du Pajkoola mayor s’adressant au « passeur » et que celui-ci m’a rapporté le lendemain) et le Chapayeca a fait semblant de nous prendre en photo avec un jouet en plastique. Son jouet, à chaque fois qu’il appuyait sur le déclencheur, se mettait à faire de la musique et s’illuminait des couleurs de l’arc-en-ciel. Ensuite, il a continué à faire semblant de prendre des photographies des danseurs, des Autorités, de la Ramada, etc., ce qui a provoqué les rires de tout le monde. Sa pantomime était très réussie et traduisait le regard ironique que les Yaqui portent sur les enquêteurs, les reporters et autres, à la recherche d’images nouvelles.

Le Maejto Juan Sabiba, parce que je suis venu avec le « passeur », m’a considéré, j’ai l’impression, d’une façon différente. Mais, en réalité, j’ai compris que c’est le comportement du « passeur » qui m’a octroyé la liberté d’être perçu ou évalué uniquement par rapport à ma personne et à mon attitude. Ce qui dans un premier temps m’est apparu comme un manque de soutien de la part du « passeur », c’est ce qui, en fin de compte, a permis aux Yaqui de m’évaluer en fonction de mes propres actes.

Les Yaqui ont une façon très particulière de juger les étrangers et leur attitude ; ils n’évaluent jamais un individu par rapport aux actes commis par les personnes qui l’accompagnent, mais uniquement par la façon dont l’individu se comporte lui-même.

Je devais donc assumer la responsabilité de mes actes et de ma présence dans le village de Huírivis et respecter, quoi qu’il m’en coûte, l’attitude des hommes de la communauté yaqui à mon égard.

Le Maejto Juan n’attendait rien de moi et je peux dire que les Yaqui, d’une certaine façon, n’attendent jamais rien des yorim si ce n’est le respect des lois qui leur accordent leur liberté et leur autonomie. C’est le Maejto Juan qui, du samedi au dimanche, dans la célébration de la fête 313 en question, est venu à plusieurs reprises s’entretenir avec moi et dans une attitude qui ne provoquait plus cette distance entre lui, le yaqui, et moi le yori ; nous étions, tous les deux, en train de participer à un rituel sacré.

D’une certaine façon, c’est le Maejto Juan qui m’a pris en charge pour que, au moment de la distribution des repas, je ne sois pas oublié. Comme j’étais venu avec les Pajkoola je prenais mes repas en même temps que les Pajkoola, sauf au petit matin, quand les repas ont été distribués à l’ensemble des groupes de la Waehma.

Partie 1 - fig. 13. Les Pajkoola.
Partie 1 - fig. 13. Les Pajkoola.

Source : Los Yaquis. Historia de una cultura, Edward H. Spicer.

Le Maejto Juan, s’est alors retiré pour rejoindre, je suppose, les personnes qui allaient, avec lui, interpréter les hymnes religieux et célébrer les offices liturgiques. Entre temps, dans la Ramada, on a disposé des « jipétam », appelés « tapesti » 314 , sur lesquels prendraient place les Maejtom, les Kopariam et les Maásobuikame. Puis, le Moro ya’ut est réapparu, par le côté de la Ramada où se trouvaient les musiciens, qui avaient cessé de jouer, avec à sa suite les quatre Pajkoola que le Moro ya’ut guidait. Le Moro ya’ut ouvrait la marche et les quatre Pajkoola, en file indienne, en tenant à la main, chacun par une extrémité, le roseau (trois en tout) que l’autre tenait, se sont présentés devant la Ramada.

Notes
305.

Le « Lobito » est pris en charge par le Pajkoola mayor pendant toute la période de son apprentissage.

306.

Natte tressée en fibres de roseaux également appelé « petate ».

307.

Je précise que c’était la première fois que je me trouvais dans un village yaqui avec un homme, le « passeur », que je connaissais à peine. C’était la quatrième fois que nous nous rencontrions.

308.

Le joueur de tambour.

309.

Les cutam sont deux bouts de bois représentant des armes, couteau et épée, avec lesquels les Chapayecam vont communiquer.

310.

Les Chapayecam, pendant toute la période de la Waehma, ont interdiction de parler et, pour veiller à ce qu’ils ne rompent pas le silence ils portent dans la bouche, au cours des actes rituels, un chapelet avec des grains en bois.

311.

Edward Spicer, Los Yaquis. Historia de una cultura, op. cit., p. 93.

De plus, le « lenguaje de varas », le « langage des bâtons », introduit encore un nouveau niveau de langage et de parole au sein de la communauté yaqui.

312.

En tout cas, pour ma part, je ne saurais dire si les musiciens ont obéi à un temps prédéfini ou bien à un signal pour commencer à jouer.

313.

L’emploi du mot « fête » doit ici s’entendre dans le sens que les Yaqui donnent à ce terme, c’est-à-dire avec sa dimension religieuse. Edward Spicer à propos du Pahko, de la « fête », écrit page 109 de son livre, Los Yaquis. Historia de una cultura, que Pahko doit s’entendre dans le sens de « cérémonie religieuse ».

Enfin, les Pahkome sont les Fiesteros qui ont la responsabilité de l’organisation des nombreuses cérémonies tout au long de l’année rituelle.

314.

Tapesti provient de l’espagnol « tapete » que l’on peut traduire par tapis.