Le pouvoir des contraires

Les luttes cosmiques entre Quetzalcóatl et Tezcatlipoca illustrent l’antagonisme des forces opposées. De plus, la bipolarité des deux frères exprime le signe de leur dualité sur le double axe Est/Ouest-Nord/Sud. Cet axe marque en outre, par la symbolique de leurs attributions, l’union du rouge et du noir, du visible et de l’invisible, de la vie et de la mort, etc., c’est-à-dire une union dont le principe dual de Quetzalcóatl et de Tezcatlipoca désigne irrémissiblement le nombril du monde : Ometéotl.

Quetzalcóatl et Tezcatlipoca sont le principe dédoublé d’Ometéotl que nous connaissons sous le nom générique des Tezcatlipoca (les quatre), créés par l’action également dédoublée d’Ometéotl qui devient alors Ometecuhtli/Omecíhuatl et exerce son action à partir du nombril du monde. Les quatre Tezcatlipoca sont :

pour l’axe Est/Ouest :

Tlatlauhqui Tezcatlipoca ou Camaxtle. C’est l’aîné et il s’identifie à la couleur de l’orient, le rouge. Il est le Tezcatlipoca rouge, couleur qui le situe dans la région du Tlillan Tlapallan.

Quetzalcóatl ou Yohualli-Ehécatl, nuit et vent. C’est le troisième des frères et il a pour couleur le blanc, c’est-à-dire l’Ouest, la région de la fertilité et de la vie.

pour l’axe Nord/Sud :

Yayauhqui Tezcatlipoca. C’est le plus grand. Il est le Tezcatlipoca noir, couleur qui le situe dans le Mictlan, c’est-à-dire au Nord.

Omitecitl ou Maquizcóatl, le quatrième et le plus petit, auquel les Mexica attribuent le nom de Huitzilopochtli, parce qu’il se trouve à gauche du soleil. Il est le Tezcatlipoca bleu, avant que les Azteca après avoir brûlé les anciens Codex, sous les ordres d’Itzcóatl et de Tlacaélel, ne le nomment Huitzilopochtli « colibri de la gauche ». Sa relation avec la gauche vient du fait qu’il est associé au Sud. La couleur bleu le situe enfin à l’endroit où les Azteca ont construit leur capitale, Tenochtitlan.

Ometéotl 1774 , la Dualité suprême, délimite, par la création des quatre Tezcatlipoca, la quadrature du principe cosmique et Quetzalcóatl/Tezcatlipoca pour avoir creusé les quatre chemins désigne, par son aller-retour à partir du centre, le point de communication entre le ciel et la terre, le nombril du monde, qui dresse la cinquième direction.

Tezcatlipoca dans ses oppositions avec Quetzalcóatl 1775 , ou plus précisément dans la manifestation de sa dualité par le Tezcatlipoca noir et le Tezcatlipoca rouge, définit la vision cosmogonique nahuatl où les dieux et leurs symboles sont dupliqués pour « exprimer les polarités cosmiques » 1776 mais aussi quadruplés pour indiquer la quadrature de l’Univers.

Ainsi, dans les cycles des luttes cosmiques (Légende des Soleils) entre le Soleil, la Lune et les Etoiles, les phénomènes et les objets 1777 terrestres ne sont que le reflet des phénomènes célestes. Tezcatlipoca intervient alors pour créer les Centzon Mimixcoa et cinq fem­mes, cinq femmes guerrières qui ne sont qu’une et dont le nom est Xochiquetzal.

Xochiquetzal est la « Fleur précieuse » dont les qualités martiales se superposent à celles de Quilaztli/Cuauhcíhuatl 1778 et d’Itzpapálotl qui sont considérées comme les guerrières les plus vaillantes, c’est-à-dire des guerriers-femmes mieux connus sous le nom de Mocihuaquetzque. Toutes les trois sont la représentation de la « guerrière divine » 1779 , car elles possèdent, dans leur dénomination, les insignes, c’est-à-dire la fleur, l’oiseau et le papillon, de l’ascension vers la demeure de l’astre solaire 1780 . Les trois emblèmes, en fait, se fondent en un seul et symbolisent la flamme incandescente que Xiuhtecutli porte lui aussi, comme les Atlantes (guerriers-tolteca), sur son pectoral en forme de papillon stylisé 1781 . Xiuhtecutli c’est le trinôme qui imprime le mouvement de la fleur, celui de la « mort-purification-création » qui reflète la thématique des trois niveaux de conscience, des trois phases du développement du guerrier-tolteca dans la réincorporation des trois quadrilatères de la carte de l’Univers.

Le dispositif de la « loi du centre » réapparaît dans la complexité des mythes et Xochiquetzal (tout comme Itzpapálotl et Quilaztli) participe au cadre des signifiants « méta-symboliques » qui sur les parures portées par les seigneurs de la guerre prend l’appa­rence d’un blason appelé xochiquetzalpapálotl, « papillon de plumes de quetzal », que Sahagún décrit de la façon suivante : « Les seigneurs avaient l’habitude de porter sur le dos une autre forme de devise qui s’appelait xochiquetzalpapálotl, prenant aussi la forme de l’image du diable, parce qu’elle avait le visage, et les mains et les pieds, et les yeux et les ongles et le nez comme le diable faits d’or, et les ailes et la queue de la même plume, et le corps confectionné de diverses plumes riches, vertes, bleues, etc., et ils avaient leurs cornes de plumes riches, comme celles d’un papillon » 1782 .

Les seigneurs de la guerre arborent aussi, dans l’ostentation de leurs parures, un blason nommé itzpapálotl dont Sahagún dit : « c’est une devise prenant la forme de la figure du diable, faite de plumes riches, et elle avait les ailes et la queue comme celles d’un papillon, de plumes riches, et les yeux et les ongles et les sourcils, et tout le reste était en or, et sur sa tête deux bottes de quetzalli qui ressemblaient à des cornes » 1783 .

La description des ornements et de la parure des dieux, des déesses, des seigneurs, des guerriers, des marchands, etc. nous entraînerait trop loin, mais nous devons souligner, pour son importance sur la vêture des guerriers, l’utilisation répétée du terme quetzalli, « plume riche », qui désigne un magnifique oiseau avec de longues plumes vertes dont le sens métaphorique, « précieux, fin, délicat, brillant, etc. », restitue le binôme « in chalchihuitl in quetzalli » qui est à l’origine de la vie/mort, celui qui est découvert par Quetzalcóatl. Ainsi, nous constatons que les dieux (dont l’homme est l’image vivante) 1784 se caractérisent par une représentation et une désignation qui leur font adopter des formes hybrides ou doubles, surtout celles d’oiseaux, de reptiles et de félins. Par ailleurs, les dieux sont aussi symbolisés par des figures de pierre, en bois, en or, en copal, en papier, etc., revêtus de riches ornements comme le quimilli ou tlaquimilolli, paquets contenant les objets sacrés que les dieux, les guerriers portent sur le dos et dans lesquels, par exemple, Xiuhtecutli garde son xiuhcóatl. Par la Relation de la pérégrination des Azteca nous savons que quatre Teomama 1785 sont désignés pour porter les paquets sacrés : dans le premier, celui de Tezcacóatl, se trouve le dieu Huitzilopochtli. Les paquets sacrés sont aussi un moyen, pour les Teomama, d’entrer en communication avec le surnaturel et d’en attirer les forces magiques.

Au-delà de la multiplicité des éléments ornementaux comme la coiffe, les chapeaux, les plumes, les fleurs, le papier, les pierres précieuses, les colliers, les bracelets, les drapeaux, les masques 1786 , etc., notre intérêt se porte bien évidemment sur les objets dont la présence dans la représentation des images divines et guerrières, tels que les bâtons, sceptres et propulseurs aux diverses formes (otatl, xonecuilli, atlatl, chicahuaztli), tend à restituer le dispositif de la « loi du centre ». Ainsi, la grande majorité des divinités portent les symboles de leur fonction et autorité qui sont, pour les nommer, les bâtons, les boucliers, les paquets sacrés, et dans le registre de la dualité, les masques et devises dorsales qui manifestent ce que Walter Krickeberg appelle la « représentation de l’autre moi » 1787 et renvoient au nahualisme.

Xochiquetzal, dans le cadre du cumul des « méta-symboles », établit à nouveau, comme les autres déités guerrières, par l’action de ses réciprocités avec les autres éléments, les vecteurs des correspondances et interchangeabilités entre les différentes divinités et les formes de leurs représentations qui sur les ornements de la coiffure de Xochiquetzal s’illustrent par deux papillons. Le papálotl, « papillon », présent sur les pectoraux et les ornements portés par les dieux et les guerriers, participe donc au phénomène du cumul des « méta-symboles » car il est associé, dans son double aspect diurne et nocturne 1788 , à Mictlantecuhtli, le dieu de l’inframonde et à Centéotl le septième Tonalteuhctin 1789 , en tant qu’accompagnateur. Le papillon exprime enfin la vision cosmogonique de la pensée na­huatl car le Nahui Ollin est peint en forme de papillon comme symbole du mouvement et manifeste aussi son action auprès des dieux du chemin et des voyages, dont les noms sont Tlacotontli, « Petit bâton » et Zacatontli, « Petites herbes ».

Partie 3 - fig. 81. Eventail papillon.
Partie 3 - fig. 81. Eventail papillon.

Source : Mexique Ancien, Maria Longhena.

Tlacotontli et Zacatontli introduisent un élément de plus dans le cadre de l’accumula­tion des référents ; ils reçoivent de la part des Pochteca un culte spécial. La veille d’en­treprendre leurs grands voyages, par les chemins des nouvelles richesses, ils célèbrent une fête qui consiste à découper de nombreux papiers sur lesquels ils font couler du ollin 1790 fondu pour en recouvrir les bâtons grâce auxquels ils cheminent. D’ailleurs, les papiers pour honorer les dieux sont découpés en forme de papillons parce qu’ils sont le symbole des dieux du chemin, Tlacotontli et Zacatontli 1791 . Les Pochteca rassemblés dans la demeure du Pochtecatlaloque (celui qui est désigné comme chef) après les festivités « à minuit invoquaient le soleil feu, Tlaltecuhtli, la terre, et Yiacatecuhtli, celui qui gui­de, ou Yacacoliuhqui, celui au nez aquilin, dieu des marchands ; ils offraient des cailles au soleil, des papiers tachés de gouttes de ullin fondu, sans oublier Zacatzontli et Tlacotzontli, dieux du chemin » 1792 .

Les digressions imposées par la complexité du panthéon nahuatl sont d’autant plus significatives qu’elles renvoient constamment au principe cosmique du couple divin formé par Ometecuhtli, celui qui régit le premier signe du calendrier, Cipactli, et par Omecíhuatl celle qui domine le dernier signe, Xóchitl.

La Fleur engage encore une fois le pouvoir des contraires et la polarité des divinités parce qu’Omecíhuatl fait naître par son double, Xochiquetzal, le mouvement qui imprime la complémentarité des forces opposées et par sa dualité le concept de vie/mort du premier et dernier signe du calendrier, Cipactli/Xóchitl ; le binôme Cipactli/Xóchitl, par le cycle calendaire de la « Roue du temps », délimite le retour à l’incréé. Ainsi, Xochiquetzal, la jeune déesse lunaire, provoque par l’action de sa dualité, dans le redoublement sémantique de Tonacatecuhtli/Tonacacíhuatl (Xochiquetzal double de Tonacacíhuatl, le pôle féminin), le concept de la « loi du centre » qui s’inscrit dans l’axe de conjonction par lequel circule le pouvoir des forces contraires.

Le dispositif de la « loi du centre » émerge à nouveau dans la nature complexe des luttes fratricides et cosmiques entre le Soleil, la Lune et les Étoiles, tous les trois enfants de la même mère 1793 . Tezcatlipoca crée les Centzon Mimixcoa (les hommes/étoiles) et cinq femmes-guerriers pour nourrir le Soleil ; les cinq femmes-guerriers, dans cet exem­ple, ne sont pas « une lune qui se multiplie par cinq, mais cinq lunes qui se concentrent en une seule » 1794 et dont le symbole inclusif est la divinité Xochiquetzal contenant l’unité qui regroupe le « qua­tre » plus le « un ».

Xochiquetzal est donc la Lune symbolisant dans le mythe astral du combat cosmique entre le Soleil, la Lune et les Étoiles, l’offrande du « cœur lune » qui sur le plan terrestre est imitée par l’immolation d’une femme, « image vivante » de la divinité dévorée par le Soleil, tandis que les « cœurs étoiles », toujours sur le plan terrestre, sont représentés par les valeureux guerriers morts courageusement sur le champ de bataille. Ainsi, les hommes sur la terre et les Étoiles dans le ciel partagent la même destinée qui est de nourrir le Soleil car les Étoiles ont été les « modèles des premiers hommes et modèles des fleurs et du maïs » 1795 . Le monde terrestre des guerriers-femmes et des vaillants guerriers hommes apparaît alors comme le reflet des luttes cosmiques du monde céleste : par la maîtrise de la conscience les femmes et les hommes guerriers (Atlantes) dépassent le cruel destin de la mort pour réintégrer l’origine de « l’essence des choses ».

Dès lors, Itzpapálotl, Quilaztli et Xochiquetzal (pour citer les plus emblématiques) synthétisent, dans le combat astral, l’archétype du guerrier primordial ou du grand guerrier dont le rapport au référent quadripartite amorce le dispositif de la « loi du centre » et tout comme Coatlicue, Tlazoltéotl, Coyolxauhqui, Cihuacóatl, Teteo Innan, etc., elles signalent le point central qui situe l’axe de leur efflorescence. Xochiquetzal inclut d’ailleurs, outre la fleur et le papillon, le quetzal, oiseau au riche plumage qui sur la coiffe de sa parure symbolise le domaine des fleurs et de la végétation ; un quetzal qui s’insère aussi dans les correspondances avec Centéotl, le dieu du maïs, parce qu’il représente aussi bien le nahualli de Xochiquetzal que celui de Centéotl.

Seler nomme le dieu du maïs, « Un fleur » 1796 , qui dans les déclinaisons et interconnexions entre les divinités, est associé au dieu Xipe Totec parce qu’il partage, par sa représentation, le même symbolisme que celui du dieu cité. Ainsi, Centéotl porte lui aussi dans la main le chicahuaztli, « bâton hochet », l’objet pouvoir qui caractérise également la déesse Xilonen, « Epi de maïs », et introduit les liens directs entre les différentes divinités par l’ostentation de l’objet (otatl, xonecuilli, atlatl, chicahuaztli, xiuhcóatl, xiuhátlatl), qui détermine leur identité. Le rapport direct s’établit entre les divinités dont les connexions sont signalées par les domaines de la fertilité, de la terre et de l’eau qu’elles représentent.

Partie 3 - fig. 82. Bâtons plats en bois : en haut à gauche, dessins gravés par les Huaxteca ;
Partie 3 - fig. 82. Bâtons plats en bois : en haut à gauche, dessins gravés par les Huaxteca ; en bas à gauche, dessin de gauche dans le Codex Borgia et dessin de droite dans le Codex Vindobonense ; à droite bâtons des Indiens nord-américains (région des Lacs et Caroline du Nord).

Source : Las antiguas culturas Mexicanas, Walter Krickeberg.

Xochiquetzal, au-delà de son aspect guerrier, renvoie, comme les divinités nommées précédemment, au principe cosmogonique du « un », du « quatre » et du « quintuple », que le Ollin désigne par la croix en X qui marque le mouvement du Soleil. Ce symbole quadripartite donne au Soleil le nom de Nahui Ollin, « Quatre Mouvement », et l’inscrit aussi dans la perception du mouvement de la Lune qui prend le nom d’Ollin Metztli ou de Nahui Técpatl, « Quatre Silex ». Nahui Técpatl manifeste en plus, à partir de la valeur littérale du terme mentionné, la signification métaphorique et l’origine mystique qui traduit la sacralité céleste et tellurique de la Lune. La Lune est celle qui dévoile le culte aux pierres et dont certains mythes font naître les hommes à partir des matériaux pierreux venus du ciel ou des entrailles de la terre, c’est-à-dire la « pierre divine » 1797 qui est à l’origine, pour certaines nations amérindiennes, des formes vivantes créées à partir de roches dans la première période quand le Soleil était appelé Chalchiuhtonayo, « Dieu de la pierre précieuse ».

Les Yaqui ainsi que la plupart des Cáhita célébraient un culte aux pierres et à de petites sculptures aux formes indéfinies 1798 . Les Cora du Nayarit affirment, encore aujourd’hui, provenir de pierres et « reconnaissent certaines roches appelées tukuats comme des en­tités vivantes où demeurent leurs ancêtres » 1799 . Dans le mythe L’origine de El Yaqui ou l’inondation et les prophètes, les Yaqui expriment le même sentiment envers les formations montagneuses de la Sierra du Bakatebe, et les noms des pics montagneux, en ce temps du bat-naátaka, identifient l’origine de la demeure des ancêtres.

Notes
1774.

La multiplicité des appellations de la Dualité suprême renvoie, pour en découvrir le principe, à l’aspect fondamental d’Ometéotl qui est « l’incréé », le non-déterminé. D’ailleurs, « l’origine de tout ce qui existe se situe dans une période informe, plongée dans l’obscurité, et que, dans ce laps de temps pré-cosmique, immergé dans les ténèbres, les forces divines commencèrent à agir ». (Cf. Miguel León-Portilla, La pensée aztèque, op. cit., p. 124).

1775.

Cette opposition signale à nouveau la dualité d’Ometéotl car Quetzalcóatl participe aussi, par sa dénomination de Yohualli-Ehécatl, au principe cosmique du dédoublement ; cette désignation de Yohualli-Ehécatl est encore une autre façon de nommer Ometéotl.

1776.

Walter Krickeberg, Las antiguas culturas Mexicanas, FCE. México, 1985, p. 136.

1777.

Les pierres, les bâtons, les flèches, le propulseur, etc.

1778.

Cuauhcíhuatl, « femme Aigle », qui n’est autre que Quilaztli, « Héron vert », mais dont l’étymologie incertaine ne nous permet pas d’affirmer qu’il s’agit vraiment pour cette dernière d’un oiseau.

1779.

Walter Krickeberg, Las antiguas culturas Mexicanas, op. cit., p. 143.

1780.

Nous avons déjà précisé que les guerriers morts au combat, au bout de quatre ans, se transforment en oiseaux et accompagnent la course du soleil du levant au zénith, point de rencontre où les Mocihuaquetzque prennent le relais, tandis que les guerriers se dispersent et vont butiner comme des papillons les fleurs des jardins célestes.

1781.

Chantico, « Dans le foyer » (le feu bien sûr), est également une divinité qui prend l’apparence d’un pa­pillon car elle est, dans la notion de dualité, une des déesses du feu qui simultanément sont des déesses stellaires. Elle porte en outre l’ornement du atl tlachinolli, la dyade de « l’eau, le feu », sur sa coiffure.

1782.

Sahagún, Historia General de las cosas de Nueva España, op. cit., p. 461.

1783.

Ibidem.

1784.

Le concept « d’image vivante » symbolise vraiment la désignation du dieu par l’homme ou par la femme qui se substitue à la divinité pour en être la personnification, substitution qui en fait provoque la symbiose entre le dieu/homme ou l’homme/dieu, pour former son unité.

1785.

Teomama, « acte de porter un Dieu ». Cecilio Robelo nous informe que c’est Huitzilopochtli qui, au moment du départ du peuple Mexica, sollicite la création de cet Ordre des Teomama pour que l’image de sa divinité, dans le dos du premier Teomama, ouvre le chemin vers le lieu de leur destination.

1786.

Les masques nous réinscrivent dans la thématique de la dualité avec Tezcatlipoca et Tezcatlanextia qui dévoilent le double visage d’Ometéotl, mais aussi dans celle du nahualisme avec Xochipilli qui porte le masque de Coxcoxtli (une espèce de perdrix du Tropique) et Quetzalcóatl qui porte le masque du monstre Cipactli. Il s’agit d’un animal terrifiant que ses représentations font ressembler à un dragon, à un caïman, etc., reptile fantastique qui synthétise le ciel, la terre et l’eau.

Xochipilli en plus du masque porte une peinture faciale autour de la bouche dont le dessin symbolise un papillon qui rappelle sa relation avec le feu et le soleil ; il entretient aussi un rapport direct avec le maïs, et sous l’invocation de Macuilxóchitl, Xochipilli signale le dieu des fleurs, de la danse, du chant et des jeux, tenant dans sa main le « yolotopilli », le bâton de son autorité ou pouvoir, dont la pointe traverse un cœur humain. Xochipilli est aussi le nom de l’homme (dont l’un des autres noms est Teocipactli), qui, avec Xochiquetzal, la femme, forment un couple. Ils sont les seuls rescapés du Déluge, le Atonatiuh, « Soleil d’eau », et trouvent refuge sur une montagne du nom de Colhuacan.

1787.

Walter Krickeberg, Las antiguas culturas Mexicanas, op. cit., p. 127.

1788.

Les papillons de jour et les papillons de nuit.

1789.

Les Tonalteuhctin, « Seigneurs du jour », sont Xiuhtecutli, Tlaltecuhtli, Chalchiuhtlicue, Tonatiuh, Tlazoltéotl, Mictlantecuhtli, Centéotl, Tlalocantecuhtli, Quetzalcóatl, Tezcatlipoca, Chalmecatecuhtli, Tlahuizcalpantecuhtli, Citlalicue.

1790.

Christian Duverger nous éclaire sur l’étymologie du mot ollin ou ullin qui, dans son sens premier, fait référence au caoutchouc, le latex d’un arbre de la famille des moracées, une substance sacrée qui était utilisée pendant les rituels cérémonieux pour imbiber les offrandes de papier, les corps et les visages, etc. Ollin c’est aussi la balle de caoutchouc qui sert à jouer au tlachtli, jeu qui restitue le mouvement du firmament cosmique.

1791.

Tlacotontli et Zacatontli, que l’on peut aussi écrire Tlacotzontli et Zacatzontli.

1792.

Cecilio Robelo, Diccionario de mitología nahuatl, op. cit., p. 860.

1793.

Gutierre Tibón, Historia del nombre y de la fundación de México, op. cit., p. 495.

1794.

Ibid., p. 523.

1795.

Walter Krickeberg, Las antiguas culturas Mexicanas, op. cit., p. 131.

1796.

Hermann Beyer, « Unidad o pluralidad de dioses », De Teotihuacan a los Aztecas. Antología de fuentes e interpretaciones históricas, Miguel León-Portilla,Lecturas Universitarias n° 11, Ed. UNAM, México, 1983, p. 548.

1797.

Luis Reyes García et Lina Odena Güemes, « La zona del Altiplano central en el posclásico : la etapa chichimeca », Historia Antigua de México, vol. 3, op. cit., p. 253.

1798.

Alejandro Figueroa, Por la tierra y por los santos, Ed. Culturas Populares de México, 1994, p. 54.

1799.

Luis Reyes García et Lina Odena Güemes, « La zona del Altiplano central en el posclásico : la etapa chichimeca », Historia Antigua de México, vol. 3, op. cit., p. 254.