-3.2- Adopter un enfant étranger.

B. TRILLAT rappelle 33  : «Pendant deux siècles les placements d’enfants abandonnés furent liés à leurs déplacements géographiques : l’abandon était urbain, le recueil rural ». Aujourd’hui, ce déplacement géographique s’opère principalement dans le cadre de l’adoption internationale. L’après guerre 39-45 marque le début de cette émigration particulière : les familles américaines adoptent des enfants originaires d’Europe, du Japon et de Chine 34 . En France, les adoptions internationales commencent véritablement dans les années 1960, et cela dans le cadre des frontières européennes. « Des œuvres privées d’Italie, Grèce, Espagne, Portugal confient des enfants à des couples français ; quelques dizaines d’enfants sont confiés » 35 . C’est Terre des Hommes qui, de manière plus organisée, ouvre la voie : la branche française créée en 1964 fait accueillir, entre 1968 et 1978, 1500 enfants par des familles françaises. Il s’agit d’un accueil provisoire ou définitif d’enfants victimes de guerre (Algérie, Corée, Vietnam) ; ces accueils se transformeront le plus souvent en adoption.

Notes
33.

B. TRILLAT. Une migration singulière : l’adoption internationale. In L’adoption des enfants étrangers. Paris, CIE, 1993, pp. 15-25.

34.

C. SACLIER. L’adoption internationale vue par les pays d’origine. In L’adoption des enfants étrangers. pp. 95-102.

35.

MP. MARMIER.  Sociologie de l’adoption. Paris. Librairie Générale de Droit, 1969, p. 139 et 223.