Avant d’être une méthode d’investigation sociologique, l’observation est une pratique sociale ordinaire. Ce qui caractérise l’observation sociologique, c’est qu’il s’agit une observation armée. On n’observe pas au hasard, mais à partir des questionnements et des hypothèses qui sont à la base de l’étude.
On a donc construit des outils : des grilles d’observation (voir annexe n°7). Ces grilles ont été élaborées bien après le début de l’observation. Comme le soulignent Stéphane Beaud et Florence Weber (BEAUD & WEBER 1997), si ces outils produisent la recherche, ils sont aussi produits par elle et ne peuvent être inventés hors du terrain. On verra par la suite les problèmes que leur utilisation a posé et leur usage finalement comme grille de décryptage des observations menées.
Nous nous sommes aussi contrainte à consigner par écrit toutes les observations, même quand elles paraissaient sans intérêt, en conservant à l’esprit qu’elles pourraient prendre leur sens plus tard, et donc à tenir un journal de terrain qui prenait la forme d’un cahier de notes manuscrites. Après coup, ces notes étaient reprises, réécrites, dans la mesure du possible rapidement après l’observation. Cette réécriture permettait de compléter, développer, détailler les notes écrites (souvent lacunaires, prises sous forme de notes repères), d’en assurer ainsi la compréhension plusieurs mois après, et d’intégrer des notes de nature plus analytique ou prospective 35 .
L’observation directe, généralement rangée dans la catégorie des méthodes qualitatives, peut revêtir une dimension quantitative avec l’introduction d’opérations de comptage, ce que nous avons fait (comptage des votes et des prises de parole, des participants aux réunions, etc.), bien que de manière insuffisante et avec une rigueur imparfaite.
L’expression est reprise de ARBORIO & FOURNIER 1999, p. 7.
Anne-Marie Arborio et Pierre Fournier parlent d’un « journal d’après journal » (ARBORIO & FOURNIER 1999, p. 56).