Une construction permanente

La construction initiale du projet est une construction incomplète, inachevée. Tout n’est pas clarifié, des zones d’incertitudes demeurent. Les militants qui ont participé à ce processus de construction initiale soulignent d’ailleurs dans les entretiens le caractère inachevé de celle-ci.

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Ce constat d’inachevé formulé après coup, près d’une quinzaine d’années plus tard, est lié à la confrontation avec des situations qui n’avaient pas été pensées au départ, révélant alors des divergences de vue entre les militants.

Un projet syndical, c’est ainsi une construction permanente. Il se construit en permanence dans les usages qui en sont faits par les militants et dans la confrontation avec les choses, avec les situations, des situations nouvelles impliquant la production de principes qui n’étaient pas énoncés initialement, des situations exigeant une clarification des zones de flou contenues dans la construction initiale. La (re)formulation des exigences participe de la construction permanente du projet fondateur. Les évolutions du contexte dans lequel le syndicat évolue, le renouvellement des équipes dirigeantes, l’arrivée de nouvelles générations d’adhérents induisent des déplacements dans la configuration initiale du projet. Les mécanismes de transmission du projet fondateur ne conduisent pas à une intégration telle quelle des éléments qui le constituent. Ce projet fait l’objet de réappropriations qui peut impliquer des déplacements, des re-formulations, des reconfigurations. La jeunesse de l’organisation fait que les déplacements et reconfigurations demeurent encore peu visibles. Au moment où se termine la recherche, le processus de renouvellement des responsables fédéraux est en train de s’achever, avec le retrait des militants fondateurs et l’arrivée d’une nouvelle génération militante aux responsabilités. Il faut sans doute attendre encore quelques années pour en mesurer les effets.