Une rupture pour un retour aux origines ?

Le discours de rupture coexiste avec l’affirmation d’un retour aux origines, aux origines du syndicalisme avec la référence à la Charte d’Amiens, et aux origines de la CFDT, c’est-à-dire, pour les militants fondateurs, la CFDT radicale et autogestionnaire des années 1970, celle qu’ils ont connue quand ils ont fait le choix de rejoindre la centrale. « Sud-PTT inscrit son action dans une double-continuité : celle définie en 1906 par la CGT dans la Charte d’Amiens […] [et] celle du projet de socialisme autogestionnaire porté par la CFDT dans les années 70 » (charte). Le discours autour du thème du retour aux origines a très nettement moins d’ampleur que le discours autour du thème de la rupture. Ce constat peut être expliqué par le fait que la référence à la Charte d’Amiens ne fait sens que pour une petite minorité de militants disposant d’une culture syndicale et d’une connaissance de l’histoire du mouvement ouvrier. Quant à la CFDT des années 1970, les nouvelles générations militantes ne l’ont pas connue et la centrale cédétiste reste pour eux strictement attachée au syndicalisme d’accompagnement et de renoncement à la contestation.