Les exigences énoncées dans le projet quant à la définition du rapport entre syndicat et salariés non syndiqués oscillent entre démocratie salariale (directe) et démocratie syndicale (représentative). Les exigences énoncées relativement aux rapports internes à l’organisation dessinent une mode d’exercice du pouvoir fondé sur un principe de délégation sous contrôle 95 .
Guy Groux, à partir d’une analyse des mobilisations collectives intervenues ces dernières années, ouvre la réflexion sur « un nouveau type d’action démocratique : une démocratie de l’entre-deux, une démocratie intermédiaire qui se situe entre la classique démocratie représentative et la mythique démocratie directe » (GROUX 2003, p. 240). Jean-Michel Denis et Patrick Rozenblatt évoquent quant à eux un modèle de représentation-participation, qui serait le produit d’un compromis entre logique représentative et logique directe : « le mode classique de la ‘représentation-délégation’, cristallisation d’un état où domine la représentation spéculaire, est en effet de plus en plus contestée par un autre mode de ‘représentation-participation’ qui tend à instaurer une complémentarité entre démocratie représentative et démocratie directe » (DENIS & ROZENBLATT 1998, p. 270).