Le contre-modèle du syndicalisme de délégation

Guy Groux et René Mouriaux évoque le développement, à partir du milieu des années 1970, d’un « syndicalisme de délégation » : « au milieu des années 70, c’est bien un syndicalisme de délégation qui l’emporte ; un syndicalisme de militants séparés – politiquement et institutionnellement – d’adhérents encore plus nombreux. Et ce syndicalisme renvoie alors à un certain type de sociologie, une sociologie du fonctionnement syndical qui ne va pas sans rappeler l’idée de ‘cercles’ chère à Socrate. Au centre du cercle, un noyau central, le cercle militant ; plus loin, mais le bordant, le cercle des adhérents ; encore plus loin, celui des sympathisants qui voisine à la (parfois lointaine) périphérie des travailleurs » (GROUX & MOURIAUX 1992, p. 137). Le type de syndicalisme qui peut être défini à partir du projet de démocratie développé par Sud-PTT est à l’opposé de ce syndicalisme de délégation. On verra dans la seconde partie que l’exigence de participation des adhérents à la vie de l’organisation est affirmée de manière constante par les militants du syndicat étudié (voir notamment le premier chapitre).