La démocratie comme norme dominante

Dans le cas de Sud-PTT, la démocratie peut être qualifiée de norme dominante, elle tend en effet à prévaloir par rapport à celle d’efficacité ou encore par rapport à l’exigence communautaire. L’exigence d’efficacité est intégrée comme une nécessité alors que l’exigence de démocratie répond à un projet, à une véritable intentionnalité normative. Le fonctionnement de l’organisation est pensé d’abord comme un fonctionnement démocratique, des concessions étant toutefois faites à l’efficacité syndicale. L’exigence communautaire apparaît de la même manière comme une exigence de second plan. Elle n’est par ailleurs pas pensée comme une exigence qui s’impose à eux par les acteurs, contrairement à la démocratie ou à l’efficacité.

Alors qu’il est interrogé sur les améliorations à apporter au fonctionnement syndical, la réponse apportée par Paul mobilise à la fois l’exigence de démocratie et l’exigence d’efficacité. Il prend toutefois le soin de souligner la priorité accordée à l’exigence de démocratie (ici dans sa forme délibérative) :

Les observations réalisées dans le syndicat étudié indiquent que la légitimité du principe d’efficacité est fragile. Cette fragilité est liée à la fois à l’association de cette logique au mode de fonctionnement de l’entreprise, dont la dénonciation constitue un des éléments structurants du discours syndical, mais aussi à son association au mode de fonctionnement des autres organisations syndicales, et plus particulièrement de la CGT qui, au nom de l’efficacité syndicale, tend à sacrifier les exigences de démocratie. « Si c’est pour y ressembler en fin de compte, vaut mieux fusionner avec la CGT. Au moins, on essaiera de faire un syndicat efficace. C’est pour l’efficacité toujours, c’est pareil que les patrons, hein » explique Henri dans le cadre d’un entretien (Henri, entretien n°2).