Des ruptures

Le même militant fondateur dont nous rapportions le propos en introduction du point précédent et qui soulignait l’inventivité limitée dont lui et ses compagnons ont fait preuve dans la conception du mode de fonctionnement du syndicat, ajoutait, à la suite des phrases citées : « on a essayé de mettre en place des « garde-fous ». Qui existent réellement » (Max, fondateur, entretien). Il nous semble effectivement que la rupture se situe au niveau de ces garde-fous, de ces mécanismes mis en place pour prémunir l’organisation et ses membres contre les dérives usurpatrices, mais aussi au niveau de la réflexion qui l’accompagne et des attitudes de vigilance critique sur lesquelles elles débouchent. Plutôt que l’invention d’un mode de fonctionnement véritablement en rupture avec celui des organisations existantes, les militants fondateurs ont mis en place des mécanismes visant à se prémunir contre les risques induits par la forme représentative, risques auxquels les organisations existantes n’auraient pas résisté. La rupture correspond ici à la réactualisation d’une réflexion et de mécanismes organisationnels qui ont eu une actualité dans l’histoire du mouvement ouvrier.