Fréquence des débats sur le thème du fonctionnement interne dans le syndicat étudié

Le fonctionnement interne constitue un thème de débat récurrent dans les discussions au sein du syndicat étudié (voir annexe n°8).

La place occupée par les discussions sur le fonctionnement suscitent parfois des contestations. Les contestataires y voient des questions secondaires et estiment que les questions relatives à la politique syndicale de l’organisation et à la définition des orientations d’action devraient être traitées en priorité. Certains y voient aussi la manifestation d’un « nombrilisme » : « on se regarde le nombril », dénonce un militant dans le cadre d’un congrès qui se déroule au moment de la mise en place de la réduction du temps de travail et au cours duquel l’essentiel des discussions sera consacré à la question du fonctionnement interne (congrès n°1). Nous avons par ailleurs constaté que les discussions sur le fonctionnement interne tendent à accentuer des effets d’exclusion des adhérents les moins impliqués dans la vie de l’organisation. N’y prennent part en effet pratiquement que les militants les plus investis dans la vie de l’organisation, c’est-à-dire les militants les plus au fait des règles, de leurs effets, donc les plus sensibles aux enjeux que ces discussions présentent mais aussi les plus intéressés par le règlement des « problèmes internes ».

Lors d’une enquête par questionnaire réalisée dans le cadre du congrès n°3 auprès des participants à celui-ci, nous avons posé quelques questions sur la fréquence des débats sur le fonctionnement interne. Sur les 25 réponses recueillies, 9 déclarent que les questions de fonctionnement n’occupent pas une place trop importante dans les discussions, 13 que c’est parfois le cas, 2 que c’est toujours le cas et 1 n’a pas d’avis. Ensuite, 1 seul estime qu’elles devraient être traitées par les militants départementaux (dans le cadre des réunions de bureau), 9 que ce devrait être le cas pour certaines d’entre elles et 15 qu’elles concernent au contraire l’ensemble des adhérents. On observe des attitudes finalement assez peu critiques par rapport à la place occupée par les questions de fonctionnement dans les ordres du jour de réunions. Sur les 25 réponses recueillies, 16 sont le fait d’adhérents qui n’ont pas de responsabilités au niveau départemental. La contestation de la place occupée par le thème du fonctionnement interne n’est pas partagée par tous les adhérents et elle est ponctuelle (un militant peut très bien exprimer son mécontentement au cours d’une réunion par rapport à une discussion sur le fonctionnement qu’il estime durer trop longtemps, tout en admettant que les questions de fonctionnement sont des questions importantes et qu’elles concernent l’ensemble des adhérents).

Les discussions autour des règles de fonctionnement interne occupent enfin d’autant plus de place que le collectif militant est traversé par des tensions internes. Dans des situations de conflictualité, les règles de fonctionnement apparaissent comme des enjeux importants. L’investissement dans les débats est intense, en lien avec le soupçon qui pèse sur l’« adversaire » de vouloir modeler l’organisation à son avantage.